Etude: Baromètre 2013 de l'Attractivité belge

Plus de projets, moins d'emplois

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La popularité de la Belgique en tant que destination d’investissements est en baisse. C’est la teneur du baromètre de l’attractivité belge, le rapport annuel d’EY. Même si le nombre de projets d’investissement étrangers accueillis par notre pays est en hausse de 10%, le résultat est médiocre en termes de création d’emplois. Analyse des principales conclusions du rapport, accompagnée des principaux faits et chiffres.

Europe

Au niveau européen, le nombre de projets d’investissement étrangers directs a reculé de 2,8% en 2012. En chiffres absolus, le nombre total des nouveaux investissements annoncés a reculé de 3.907 à 3.797, un score qui demeure cependant largement supérieur au niveau qui prévalait avant la crise. Le nombre d’emplois créés par les projets d’investissement étrangers directs progresse de 8%, à 170.434. Les investisseurs ont maintenu scrupuleusement sous contrôle la taille des projets individuels. L’évolution du nombre moyen d’emplois créés par projet ces dernières années en témoigne. En 2012, un nouveau projet d’investissement a créé 45 emplois en moyenne. En 2011, cette moyenne s’élevait à 40 emplois, alors qu’en 2007, elle atteignait encore 47 emplois.

Belgique

  1. Nous observons une hausse sensible du nombre de projets d’investissements (10%), alors qu’il baisse en Europe (de 2,8%). Cette performance nous replace en cinquième position dans le Top 10, comme en 2006.
  2. Mais il convient cependant de noter que 45% des projets constituent des investissements dans les ventes et le marketing, qui créent moins de cinq emplois en moyenne. On n’investit pas en Belgique pour créer des activités à forte intensité de main-d’oeuvre.
  3. Le nombre total d’emplois créés est donc en forte baisse (18%), alors qu’il augmente de 8% à l’échelle européenne. C’est également le score le plus bas de l’histoire en matière de création d’emplois, ce qui vaut à la Belgique de sortir du Top 15 en matière d’emploi. À titre d’illustration : le nombre moyen de création d’emplois s’élève à 4.273 sur ces dix dernières années ; l’an dernier, les investissements étrangers n’ont cependant créés que 2.939 postes.
  4. Avec 17 emplois créés, la moyenne par projet d’investissement se situe 40% sous la moyenne de ces 10 dernières années et 60% sous la moyenne européenne. C’est également notre score le plus faible depuis le début de l’étude.
  5. Les créations d’emplois sont surtout intervenues dans l’industrie manufacturière, où 30% des projets ont donné lieu à près de la moitié des emplois créés. Il s’agit cependant presque toujours d’expansion. Le nombre d’investissements totalement nouveaux reste limité à 28%.
  6. Le nouvel investissement greenfield moyen n’est pas du tout créateur d’emplois. Dans 45% des cas, il ne s’agit que de petits projets de marketing et de ventes.
  7. La Flandre est nettement à la traîne, puisqu’elle n’enregistre qu’un léger redressement par rapport à 2011, année catastrophique. La Wallonie enregistre de meilleurs résultats. On y crée en moyenne plus d’emplois par projet, et le nombre de projets d’investissement progresse d’un tiers, surtout grâce à la Province de Liège où le nombre de projets augmente de plus de 100%. Les résultats de Bruxelles doivent être relativisés : nous y observons une forte hausse, mais celle-ci concerne principalement des projets peu porteurs d’emplois.