Le CIO de l'Année travaille chez Coca-Cola

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Placez l’accent sur le business

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La CIO de l’année ne met guère de temps à justifier son titre. Car Sabine Everaet sait parfaitement comment elle s’est forgée une position solide dans son organisation. It’s the business, stupid.

Le profil de Sabine Everaet ne se lit pas comme le plan de carrière d’une informaticienne. « Après mes études d’ingénieur commercial, j’ai travaillé dans la consultance. C’était l’époque où SAP s’est imposé et j’ai ainsi atterri dans l’informatique, mais côté business. » C’est en 1995 que Sabine Everaet est entrée chez Coca-Cola. D’abord comme Business Analyst, avant de devenir Business Partner. C’est à ce titre qu’elle a notamment mis sur pied la structure de gouvernance européenne avec l’équipe informatique. Depuis début 2009, elle est CIO pour Coca-Cola Europe.

Vert le front-office

« Ma principale contribution est d’avoir transféré les priorités business du back-office – ressources humaines, finances et infrastructures – vers le frontoffice, plus précisément le marketing et la communication d’entreprise. » Il ne s’agit donc pas d’une mission purement informatique, mais d’un projet business complet. Comment a-t-elle procédé ? « J’ai analysé les compétences de l’équipe et j’ai attiré de nouvelles personnes qui disposaient du savoir-faire nécessaire. Elles provenaient souvent d’agences de marketing. Ce n’étaient donc pas de purs informaticiens, ce qui nous permet d’être très performants dans le marketing et la communication. J’ai également collaboré étroitement avec le directeur marketing européen. »

Dans l’organisation européenne, le marketing louait systématiquement des plateformes mobiles à des agences marketing locales, ce qui augmentait considérablement les coûts. « Cela faisait un certain temps que les sites Web et l’hébergement central étaient coordonnés à l’échelle européenne. Mais aujourd’hui, nous disposons également d’une plateforme mobile européenne. Nous avons également transformé le call-center en Espagne en un Citizen Interaction Center, qui suit de manière beaucoup plus active les débats sur nos produits qui ont lieu sur les médias sociaux, et qui s’y engage avec des contributions informatives. » Pour soutenir tout cela, nous avons mis sur pied une structure de projet hybride, qui a brisé les barrières traditionnelles entre les fonctions.

Au comité de direction

Pour Sabine Everaet, il est évidemment crucial de se tenir informée des technologies émergentes. « Mais lorsque vous analysez ce qui se cache derrière des termes à la mode comme les médias sociaux, la communication mobile, le cloud et le big data, vous devez le faire dans la perspective de leur impact possible sur le business. Le CIO qui le fait gagnera beaucoup en crédibilité. Au début, je participais pendant quelques heures au comité de direction européen pour y présenter un projet. Aujourd’hui, j’en suis devenu un membre formel. Il faut conquérir une position solide en travaillant chaque jour avec le business. Auparavant, je ne voyais le directeur marketing que durant les réunions. Aujourd’hui, nous discutons à peu près tous les jours. »

Elle ne propose pas de profil déterminé pour le job de CIO. « Le rôle dépend énormément du profil de l’organisation et de ses caractéristiques. Les CIO sont donc très différents, mais l’essentiel est de sentir et comprendre l’importance qu’ils devraient avoir pour l’entreprise. Il faut s’adapter aux activités et veiller à faire la différence. Faire preuve d’une grande flexibilité pour accompagner l’évolution des priorités et apporter une valeur ajoutée dans leur réalisation. »

Ce n’est certainement pas aisé, explique-t-elle, car le CIO doit également entretenir un bagage technique solide. « En outre, vous devez disposer de réseaux suffisamment larges. Pas question de se cantonner à sa spécialité : il faut oser sortir des sentiers battus. Ne restez pas dans votre cercle relationnel. Il faut suivre certaines tendances sociales. Parfois, je rencontre des gens que j’aimerais bien avoir dans mon équipe. Ce sont des gens qui réfléchissent de manière holistique, qui nouent des liens. C’est plus important que d’être très spécialisé dans une technologie donnée. »