Baromètre de l’Attractivité belge 2013:

La Belgique au 5e rang des pays les plus attractifs pour les investisseurs étrangers … mais la Belgique sort du top 15 européen en matière de création d’emplois

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Bruxelles, le 5 juin 2013 – La Belgique occupe la 5e place dans le classement des pays d’investissement européens les plus attractifs. Telle est la conclusion de la dixième édition du ‘Baromètre de l’Attractivité belge’ annuel publié aujourd’hui par EY.

Grâce à ce résultat, notre pays fait mieux qu’en 2011, la Belgique figurant alors à la 6e place du classement. C’est surtout la Wallonie qui permet ce gain d’une place dans le classement, grâce à une hausse sensible du nombre de projets d’investissement. Il y a toutefois une ombre au tableau. La création d’emplois reste en effet problématique en Belgique. Avec une moyenne de 17 emplois créés par projet d’investissement, notre pays enregistre son plus mauvais résultat. Des mesures structurelles s’imposent plus que jamais afin de surmonter notre handicap salarial et la pression fiscale trop élevée.

Le ‘Vieux Continent’ reste très apprécié des investisseurs étrangers. Malgré une diminution de 2,8 %, le nombre d’investissements étrangers reste supérieur au niveau d’avant la crise économique. Avec un score d’attractivité de 43 %, la Chine reste le pays d’investissement le plus attractif au monde. L’Europe occidentale reste également, avec 37 %, au deuxième rang du classement des régions les plus attractives de la planète. L’Europe centrale et l’Europe orientale enregistrent des chiffres en hausse de 7 % qui permettent à cette partie du continent européen de passer à un score d’attractivité de 28 %. Fait notable, les pays BRIC connaissent une diminution de 6,8 % par rapport à 2011.

La Belgique devance à nouveau les Pays-Bas
Le nombre d’investissements étrangers en Belgique est passé de 153 à 169 en 2012, soit une hausse  de 10,5 %. Cette augmentation permet à la Belgique de figurer juste au-dessus de nos voisins du nord et d'occuper la cinquième position dans le classement des pays d'investissement les plus attractifs en Europe, soit notre meilleur classement depuis 2008. Traditionnellement, nous sommes précédés par les grandes économies d’Europe occidentale telles que le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Espagne. 169 projets, c’est un meilleur chiffre que l’année passée, mais nombre de ces projets ne créent que très peu d’emplois.

Le Royaume-Uni a également maintenu en 2012 sa position de leader historique en attirant près d’un cinquième de tous les projets d’investissement étrangers en Europe. Il a accueilli 697 projets, soit une hausse de 2,7 % par rapport à 2011. L’Allemagne s’en sort également très bien. Avec 624 projets d’investissement étrangers en 2012, elle enregistre une hausse de 4,5 % par rapport à 2011 et de plus du double en comparaison avec l’année 2007. Les nouvelles sont moins bonnes pour nos voisins français et néerlandais. La France a attiré 471 projets d’investissement étrangers, soit une baisse de 12,8 % et, avec un total de 161 projets, les Pays-Bas enregistrent une chute des investissements de 5,3 %.

Solide remontée en Wallonie ; légère reprise en Flandre après le net recul de 2011et  l'année record de 2010.
Après avoir connu une forte baisse en 2010, la Wallonie a réalisé une solide remontée en 2012. Le nombre d’investissements étrangers est passé de 39 à 52. La Wallonie affiche son meilleur résultat des 10 dernières années (juste parès 2009 qui avait connu 57 projets).

C’est surtout la province de Liège qui est parvenue à séduire les investisseurs étrangers, le nombre de projets y passant de 9 à 23. Avec 19 investissements, le Hainaut parvient également à tirer son épingle du jeu. Mauvaise nouvelle par contre pour le Brabant wallon, où le nombre d’investissements est retombé de 11 en 2010 à 4 en 2012.

L’année dernière, la Flandre a attiré 80 investissements étrangers, soit une légère hausse par rapport aux 74 projets de 2011. Toutefois, la Flandre a bien du mal à réitérer ses bons chiffres du passé. En 2010 par exemple, la Région flamande attirait encore 108 investissements étrangers

Ce recul s’affiche nettement dans la province du Brabant flamand où les investissements ont reculé de 21 à 14 projets. La province d’Anvers enregistre une hausse de 11 projets pour atteindre 36, mais cette augmentation est insuffisante pour compenser la forte diminution de 2011, lorsque le nombre d’investissements étrangers était passé de 55 à 25. La progression de la Flandre orientale (de 11 à 16 investissements) est encourageante.

Avec 37 investissements sur son territoire, la région de Bruxelles Capitale reste stable en comparaison avec 2011. Ces investissements étrangers sont deux fois plus nombreux qu’en 2010 et ont été essentiellement réalisés dans des bureaux de ventes & marketing. Avec une moyenne de 1 personne par projet, la création d’emplois à Bruxelles est toutefois insignifiante.

Les États-Unis restent la première source d’investissement
Les États-Unis figurent depuis de nombreuses années en tête du classement des pays qui investissent en Belgique. En 2012, le nombre d’investissements provenant d’entreprises américaines a une nouvelle fois progressé légèrement en comparaison avec 2011, passant de 38 à 41 investissements, soit une réaction positive à la diminution inquiétante notée en 2011 (de 50 à 38). La Belgique accueille en outre essentiellement des investissements intra-européens, en particulier en provenance de nos voisins. La France sort du lot avec 21 investissements réalisés en 2012. L’intérêt accru de l’Allemagne, 16 investissements contre 11 en 2011, mérite également d’être souligné. Notre pays semble profiter quelque peu de la solidité de l’économie allemande.

Les Pays-Bas (11 investissements) et le Royaume-Uni (9 investissements) restent également importants pour notre pays, même si les investissements en provenance d’outre-Manche diminuent.

Les États-Unis et nos voisins représentent ensemble 58 % de tous les investissements étrangers directs en Belgique. Avec un recul de 18 projets en 2011 à 13 projets en 2012, la part d’investissements des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) est une désillusion. En réalisant 7 investissements en Belgique en 2012, la Chine est le principal investisseur des pays BRIC.

La création d’emplois au plus bas
La création d’emplois liés aux nouveaux investissements étrangers est un problème depuis de longues années, mais elle a connu un creux absolu en 2012. Le nombre de nouveaux emplois a diminué de pas moins de 18 %. Avec à peine 17 emplois créés par projet, nous nous situons 40 % en dessous de la moyenne belge des 10 dernières années. Notre pays sort ainsi du top 15 en ce qui concerne l’emploi.

Le fait que notre pays va totalement à contre-courant de la tendance européenne est encore plus inquiétant. La création d’emplois liés à des investissements étrangers en Europe affiche en effet une hausse moyenne de 8 % à 170.434 emplois et le nombre moyen de nouveaux emplois par projet a également augmenté de 40 en 2011 à 45 en 2012. La moyenne belge est inférieure de pas moins de 60 % par rapport aux chiffres européens. Il s’agit du plus mauvais résultat de notre pays depuis le début de l'étude. « Malheureusement, les chiffres belges sont conformes aux conclusions de l’étude de perception que nous avons menée début 2013, déclare Philippe Pire, associé EY. Il ressort de cette étude que les investisseurs étrangers considèrent que les coûts salariaux et du travail actuels sont problématiques pour l’attractivité de notre pays. La forte disparité avec la moyenne européenne devrait inciter nos décideurs politiques à la réflexion. Les statistiques d’organisations internationales indépendantes montrent en effet que la Belgique a les coûts salariaux les plus élevés d’Europe. »

Leo Sleuwaegen, professeur en International Business Strategy et Partner à la Vlerick Leuven Gent Management School confirme cette déclaration: « La Belgique est très dépendante des investissements étrangers. Ils contribuent fortement à nos exportations et à notre innovation. Il est inquiétant de constater que des grandes sociétés étrangères décident de désinvestir, ce qui a pour conséquence directe de faire perdre beaucoup d’emplois. Alors que les nouveaux projets d’investissement dans notre pays sont de petite échelle et créent dès lors peu de nouveaux emplois. »

Élément prometteur, 63 % des investissements réalisés en Belgique sont des projets ‘greenfield’. Avec 107 projets greenfield sur un total de 169 investissements étrangers directs, les nouveaux projets d’investissement restent plus importants que l’expansion de projets existants. Pourtant, la plupart de ces projets greenfield ne sont pas grands créateurs de main-d’œuvre. Les projets de Ventes & Marketing, de bureaux d’affaires, d’agences de représentation (essentiellement dans la région bruxelloise) s’adjugent presque 70 % des investissements et sont peu créateurs d’emploi.

« Malgré cette belle place dans le classement, les décideurs politiques doivent réaliser que des mesures sont indispensables pour améliorer la compétitivité de la Belgique et le rythme de croissance à long terme. Une réforme du marché du travail et un décalage de la taxation sur le travail devraient permettre d’améliorer les perspectives en matière d’exportations de la Belgique. Un climat fiscal offrant une meilleure sécurité juridique doit également être mis en place. Notre pays doit réaliser des économies structurelles.  Il permettrait de renforcer l’attractivité de la Belgique en tant que pays d’investissement et offrirait l’opportunité aux entreprises de mettre davantage en avant leurs atouts en matière d’innovation, de recherche et de développement, » conclut Philippe Pire.

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À propos du Baromètre de l’Attractivité belge
Avec le Baromètre de l’attractivité belge annuel – qui en est à sa dixième édition en 2013 – EY prend le pouls du climat d’investissement belge. Le baromètre repose sur une double méthodologie originale composée de deux parties,.La première partie, qui a été publiée en mars, reflète l’attractivité ‘perçue’ de la Belgique et de ses concurrents sur la base d’un panel représentatif de 206 décideurs internationaux . La 2e partie met l’accent sur les investissements réellement planifiés en Belgique.  sur la base de l’European Investment Monitor (EIM) d’EY.