Une étude démontre que l’actuelle politique d'innovation de l'UE n’engendre pas d'avantages économiques

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  • Les conclusions de cette étude tendent à montrer que l'UE ne travaille pas efficacement avec les innovateurs du secteur privé
  • Un sondage réalisé auprès de presque 700 cadres supérieurs d'entreprises à travers l'Europe révèle un manque d'engagement dans le programme d'innovation de l'UE · Simplifier et rationaliser les politiques s’avère nécessaire
  • Le rapport propose trois niveaux d'approche concernant l'innovation de l’UE

LONDRES, 8 mai 2012 - Selon une étude lancée aujourd'hui par EY et le CEPS (Centre for European Policy Studies) et intitulée The Power of Simplicity, peu de dirigeants d'entreprises à travers l'Europe sont au courant des programmes et des investissements importants effectués par l'Union européenne pour soutenir l'innovation au cours des dernières années. Dans le cadre de cette étude, 680 dirigeants d'entreprises de 15 États membres différents de l’UE ont été interrogés. Ainsi, 73 % des sondés, dont beaucoup prennent des décisions clés en matière d'investissement dans le secteur privé en Europe tels que des Présidents et des Directeurs généraux, n'étaient pas au courant des politiques de l'UE visant à renforcer l'innovation. En outre, 69 % des personnes interrogées pensent que la politique d'innovation dans l'UE ne répond pas aux besoins de l’industrie.

Alessandro Cenderello, responsable des pratiques institutionnelles de l'UE pour EY, déclare : « Les décideurs et les chefs d'entreprises se tournent désormais vers des entreprises privées innovantes en Europe pour réaliser la croissance nécessaire. Une politique d'innovation efficace de l'UE se fonde sur la coordination des besoins de ces trois groupes. Une part énorme de l'argent public a été déployée par un nombre sans précédent de décideurs, d’organismes et d’institutions ad hoc ; l’extrême diversité et la complexité qui en résulte ont créé des obstacles empêchant les entreprises d’accéder à ce soutien. Cette situation est préoccupante, car l'UE continue de faire face à l’austérité et à la menace de récession. En outre, elle accuse de plus en plus de retard par rapport à ses concurrents. Une politique d'innovation plus simple et axée sur le marché est nécessaire pour catalyser la croissance au sein de l'UE. »

Autres défis pour une innovation efficace en Europe

Écart en R & D – Dans l'UE, il y a une concentration beaucoup plus grande de fonds publics et un pourcentage moins important de R & D privés que dans d'autres régions. Aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon, les dépenses en R & D privés ont connu une certaine croissance ces dernières années. 69 % des répondants à l'enquête estiment la politique d'innovation des États-Unis et du Japon plus efficace que celle de l'UE. Les seuls pays européens où les dépenses en R & D privés sont supérieures à 2 % du PIB sont les leaders des performances d'innovation, à savoir la Suède, la Finlande et le Danemark. Ce point de vue est reflété par les résultats du sondage, selon lesquels 82 % des sondés pensent que la politique européenne est trop fragmentée et a besoin de davantage de coordination.

Options de financement limitées – Pour un grand nombre de secteurs les plus novateurs, l’absence d'un marché véritablement intégré, comme celui des services à forte intensité de connaissances, est un problème grave. Les marchés financiers sont également en train de se désintégrer et le niveau de réglementation varie à travers les frontières.

Alessandro Cenderello : « Le manque d'harmonisation dans l'UE27 empêche l'investissement en capital transfrontalier et la création de fonds dans les zones où le financement de l'innovation est le plus nécessaire. Il n'est donc guère surprenant que 82 % des personnes interrogées pensent que l'accès aux fonds de l'UE devrait être facilité ».

Infrastructure inadéquate – La construction d’une infrastructure flexible en Europe ne s'est pas avérée facile. Bien que des initiatives aient été lancées pour développer l'infrastructure de réseau à travers l'UE, 73 % des répondants à notre sondage souhaitent que l'UE dépense plu s d'argent dans la construction d'une infrastructure à large bande commune. Des investissements insuffisants ont été consacrés aux domaines tels que les systèmes d’infrastructure informatique intégrés qui permettraient un accès permanent aux données et une productivité accrue pour les chercheurs et les entrepreneurs.

La nécessité d’une nouvelle approche 

Le rapport propose une nouvelle approche de l'innovation de l'UE qui vise à améliorer son efficacité et à réduire les charges administratives pour les entreprises en s'appuyant sur les canaux de financement de l'UE :

  1. Les gouvernements devraient agir comme des dirigeants et investisseurs en créant les principaux éléments constitutifs d'un environnement novateur : une infrastructure de classe mondiale, un système d'éducation hautement performant, ainsi que des règles juridiques favorables à la recherche et à l'innovation.
  2. Les gouvernements devraient créer des initiatives de financement et de facilitation visant à renforcer les liens entre les chercheurs, les entrepreneurs et les investisseurs privés.
  3. Le gouvernement a la tâche essentielle de « pousser » les efforts d'innovation existants pour atteindre des objectifs de politique à long terme. Cela devrait surtout se faire par l'utilisation stratégique des marchés publics.

Alessandro Cenderello conclut : « Les décideurs doivent prendre l'innovation en considération à chaque étape du cycle d’une politique. La politique de concurrence doit notamment être traitée par la Commission européenne d'une manière qui soit compatible avec l'innovation. Il convient vraiment de se féliciter de l'annonce récente du commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia, selon laquelle le régime des aides d'État sera revu et rendu plus favorable à la croissance ».

Jay Nibbe, responsable des marchés EMEIA pour EY, ajoute : « Étant donné que les économies à croissance rapide continuent de prospérer et de rivaliser avec les marchés plus développés tels que l'Union européenne, tracer une voie pour une croissance durable ne sera pas tâche aisée. Toutefois, rapprocher les mondes disparates de la politique et des affaires est une première étape nécessaire. Une politique d'innovation plus efficace contribuera à augmenter la demande et à mettre l'UE dans une meilleure position pour tirer un avantage concurrentiel des opportunités perpétuelles de la mondialisation ».

 

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À propos de l'étude

Pour son deuxième rapport sur le gouvernement et l'innovation, EY, en collaboration avec le CEPS (Centre for European Policy Studies), a présenté une série de propositions afin d'offrir une politique d'innovation plus simple et plus intelligente pour l'UE. Notre analyse s’appuie sur un sondage effectué auprès de 680 dirigeants d'entreprises issus de 15 États membres de l'UE pour obtenir leur point de vue sur la politique d'innovation de l'UE. Les pays concernés étaient le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, l’Irlande, la Belgique, la Finlande, la Suède, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, l’Italie, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Les chefs d'entreprise interrogés sont des cadres supérieurs, dont des présidents, des directeurs généraux, des directeurs financiers et leurs subalternes. Parmi ces entreprises, 23 % avaient un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1,5 milliard d’euros, 44 % avaient un chiffre d'affaires annuel entre 150 millions et 1,5 milliard d’euros et 33 % avaient un chiffre d'affaires annuel inférieur à 150 millions d'euros.