L’économie belge ne pourra pas poursuivre sur sa lancée du début de l’année 2011

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Bruxelles, le 23 juin 2011 – Après une année 2010 étonnamment bonne, l’économie belge a continué sur sa lancée durant le premier trimestre 2011. Toutefois, la croissance a ralenti ces deux derniers mois et au cours des prochains mois, il faudra composer avec un recul des exportations belges. L’Ernst & Young Eurozone Forecast ramène les perspectives de croissance du PIB belge à 2,4% pour 2011. Mais un recul à +2% est prévu pour l’année 2012. En raison de l'impasse politique persistante et de l’importance de la dette publique, nous restons en effet vulnérables aux nouvelles turbulences économiques qui frappent actuellement la zone euro suite à la crise de la dette grecque.

L’économie belge a affiché des résultats particulièrement encourageants durant le premier trimestre de 2011. Notre pays a enregistré une croissance de 3%, un résultat clairement supérieur aux 2,1% du dernier trimestre de 2010. Notre activité économique a retrouvé son niveau d’avant la crise économique et financière. La croissance a été stimulée par l’augmentation des exportations ainsi que par la hausse de la consommation sur le marché national. Le renforcement des investissements, tant par les pouvoirs publics que par les entreprises, a également eu un impact positif. Mais les bonnes nouvelles s’arrêtent là.

En effet, il ne semble pas que nous pourrons perpétuer la récente reprise économique sur toute l’année. Quelques facteurs de croissance temporaires, tels que la forte demande allemande et le mouvement de rattrapage sur le marché national, s’atténuent petit à petit. Après une croissance ininterrompue jusqu’à un pic de 6,2 en mars, l’indice de confiance de la Banque nationale de Belgique fait à nouveau un grand plongeon, affichant un 2,8 en avril et même un -0,5 en mai. Les perspectives devraient toutefois être à nouveau plus favorables durant le deuxième trimestre, laissant augurer une hausse des investissements de 3,4% tant en 2011 qu’en 2012.

En résumé, l’Ernst & Young Eurozone Forecast table sur une croissance du PIB de 2,4% sur toute l’année 2011, un chiffre inespéré au vu de la crise économique et financière et des turbulences actuelles au sein de la zone euro.

La hauteur de l’inflation et la lourdeur de la dette publique soulèvent l’inquiétude

Stimulée par les prix élevés de l’énergie, l’inflation a atteint un niveau record de 3,7% en janvier. Même si l’inflation prévue pour 2011 a été revue à la baisse à 3,1% à la fin du mois de mai, elle reste malgré tout encore bien au-dessus de la moyenne de 2,7% pour toute la zone euro. L’économie belge est clairement plus sensible aux fluctuations des prix de l'énergie que d’autres pays de la zone euro. Cette situation s’explique par des facteurs sous-jacents tels que la dépendance vis-à-vis de l’énergie relativement élevée de notre économie, la faible concurrence dans le secteur de l’énergie et le mécanisme unique en son genre d’harmonisation mensuelle des tarifs de consommation pour le gaz et l’électricité avec les variations sur le marché international.

Outre le niveau élevé de l’inflation, la lourdeur de la dette publique belge mérite elle aussi une attention toute particulière. Avec une dette publique de 96,8% du PIB, la Belgique figure à une peu enviable troisième place des pays les plus endettés de l’ensemble de la zone euro. Avec les problèmes financiers rencontrés par la Grèce en toile de fond, la dette belge fait de notre pays une cible potentielle pour les marchés internationaux. Le fait que le fossé des taux d’intérêts par rapport à l’Allemagne s’élevait à 120 points de base au début du mois de juin constitue d’ores et déjà un signe révélateur. La Belgique doit donc rester sur ses gardes afin de ne pas devenir le nouveau malade de l’Europe.

Et bien entendu, l’absence persistance d’un gouvernement disposant des pleins pouvoirs est, elle aussi, un élément qui n’inspire pas une confiance sans limite aux marchés internationaux.

« Jusqu’à présent, le gouvernement en affaires courantes a fait du bon travail à court terme, déclare Rudi Braes, managing partner Ernst & Young Belgique. Toutefois, on prend de plus en plus conscience de la nécessité d’un gouvernement à part entière capable de prendre les mesures structurelles indispensables qui permettront de réduire notre dette, de faire face à la problématique du vieillissement et de mettre en place une politique économique cohérente. »

FIN

À propos du Ernst & Young Eurozone Forecast

Les prévisions et analyses présentées dans l'EY Eurozone Forecast sont basées sur le modèle de la Banque centrale européenne pour l’économie de la zone euro. Ce modèle intègre les théories et techniques économiques de pointe et est utilisé par la BCE pour produire ses prévisions trimestrielles pour la zone euro.