Malgré une légère amélioration, plus de 750 milliards d’euros de liquidités restent immobilisés en fonds de roulement

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Bruxelles, le 18 juillet 2011 – Aux États-Unis comme en Europe, les entreprises ont amélioré leur position de fonds de roulement entre 2009 et 2010. Le cycle cash-to-cash (C2C), le total du fonds de roulement exprimé en jours, a diminué de 4 % en Europe et de 2% aux Etats-Unis d’après la dernière Annual Working Capital Management Survey menée par EY. Cette étude indique que par rapport aux entreprises les plus performantes, les 2.000 entreprises étudiées conservent plus de 750 milliards d’euros de liquidités immobilisés en fonds de roulement. Avec près de 7 % du chiffre d’affaires, la situation est comparable à celle d’il y a douze mois. Les progrès enregistrés restent donc relativement limités.

Malgré le redressement de l’économie mondiale en 2010, les entreprises américaines et européennes n’ont regagné qu’une fraction du terrain perdu l’année précédente. De plus, le progrès observé se situe principalement sur le plan des créditeurs, ce qui indique que certaines entreprises continuent à différer au maximum les paiements à leurs principaux fournisseurs.

La plus grande réduction en fonds de roulement

Vis-à-vis de l’année 2009, les entreprises belges compris dans l’étude ont réalisé une réduction en fonds de roulement de 18%, la plus grande amélioration comparé à leurs homologues européennes et américaines. « Cependant, il faut tirer l’attention sur le fait que cette amélioration est due à un poste fournisseurs comparativement plus élevé et non à une meilleure gestion des inventaires ou de poste créditeurs. Il est donc important de comprendre d’où provient l’amélioration afin de déterminer si elle est durable ou si elle est attribuable à des délais de paiement supplémentaires aux fournisseurs » à déclaré Deniz Ates, responsable Working Capital Advisory Services chez EY en Belgique.

Perspectives pour 2011 et au-delà

Deniz Ates explique qu’à court terme, les entreprises devront encore faire face à des difficultés importantes dans l’optimisation de la gestion du fonds de roulement. « Les perspectives se sont améliorées. Le montant des liquidités immobilisées pour le fonds de roulement ne va donc faire qu’augmenter pour accompagner le rétablissement de l’activité. Il semble que l’effet à retardement de la hausse du prix des matières premières sur l’activité économique influence beaucoup plus la gestion du fonds de roulement en 2011 qu’en 2010. »

La croissance des marchés émergents représente également un défi pour les entreprises, en raison du manque d’efficacité et des risques inhérents à ces marchés. La crise mondiale de 2008, la crise financière dans plusieurs pays européens, les récents événements au Japon et, plus généralement, la volatilité accrue et l’imprévisibilité de la demande montrent toute la complexité des chaînes d’approvisionnement et la mesure de leur vulnérabilité aux perturbations internes et externes.

Alors que les entreprises ont fortement amélioré leur position de liquidité (grâce à un renforcement des marges, à une croissance modérée des investissements et à des conditions financières favorables), les organes de direction pourraient bien se détourner à nouveau des questions de trésorerie et de la gestion du besoin en fonds de roulement au profit de la maximisation du chiffre d’affaires et du bénéfice.

« Au vu des nombreux problèmes économiques non résolus et des défis qui restent à relever sur les marchés financiers, sans compter l’évolution récente du prix des matières premières, il est essentiel que les entreprises continuent à mener une politique de fonds de roulement réellement efficace », a conclu Deniz Ates.

- FIN DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE -

 

À propos de l’étude

EY mène chaque année une étude sur l’évolution du fonds de roulement auprès des 2.000 plus grandes entreprises (en termes de chiffre d’affaires et à l’exclusion des institutions financières) en Europe et aux États-Unis. La dernière version de cette publication reprend les résultats basés sur les chiffres annuels pour 2010. L’analyse détaille l’évolution du fonds de roulement des entreprises concernées sur les 8 dernières années.