La Belgique encaisse des coups durs en raison de la croissance économique à la traîne en zone euro

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Bruxelles, le 3 octobre 2012 – En raison d’un ralentissement - plus fort que prévu - de la croissance en zone euro, les perspectives économiques de la Belgique sont maussades. Il ressort en effet de la dernière étude Eurozone Forecast réalisée par EY et Oxford Economics que le PIB de notre pays a accusé un recul de 0,6 % au deuxième trimestre de cette année. Malgré un regain de confiance de la part des marchés financiers, les consommateurs se montrent de plus en plus méfiants, notamment en raison du taux de chômage croissant. Pour y remédier, une solide politique de relance axée sur l'emploi et la stabilité budgétaire se révèle plus que jamais nécessaire.

La Belgique dans la zone de danger

Alors que la Belgique comptait encore parmi les meilleurs élèves de la classe au premier trimestre, affichant un PIB en hausse de 0,2 %, l'étude Eurozone Forecast d'EY et Oxford Economics fait état d'un repli de l'économie belge de 0,6 % au deuxième trimestre de cette année. Résultat : la Belgique côtoie désormais les pays de la zone euro qui forment la queue du peloton. À titre de comparaison, les pays à risque que sont l'Espagne et l'Italie ont enregistré une baisse de 0,4 et 0,6 % respectivement.

Prévoyant un autre essoufflement au troisième trimestre et une stabilisation pour les 3 derniers mois de l'année, aucune amélioration n’est attendue pour la deuxième moitié de l’année. Pour l'année dans son ensemble, notre pays aura probablement accusé un recul de 0,3 %.

La contraction du PIB belge est visible dans tous les secteurs. La prudence accrue dont font preuve les consommateurs belges a entraîné une baisse dans le secteur du détail (-2 %). La production industrielle et la construction ont elles aussi cédé du terrain (-3 % et -8 % respectivement). Pour ne rien arranger, notre pays ne fait pas non plus d'étincelles sur le plan de l'exportation, le moteur qui permet pourtant de redémarrer l'économie. Par rapport au mois de mai, les exportations ont fléchi de 7 % en juin.

La Belgique gagne la confiance des marchés financiers mais pas des consommateurs

En raison de l'incertitude qui règne sur les marchés financiers, un nombre croissant d'investisseurs optent pour des placements sûrs tels que les obligations d'État. Notre pays ne fait pas exception à la règle et peut aujourd'hui emprunter à un taux presque record de 2,5 % sur les obligations à 10 ans.

Cette bonne nouvelle n'empêche cependant pas que notre pays, par manque de mesures budgétaires efficaces et ambitieuses, n'atteindra probablement pas son objectif pour 2012, à savoir un déficit inférieur à 2,8 % du PIB. Dans les semaines et mois à venir, le gouvernement devra donc mettre les bouchées doubles pour maintenir la crédibilité de la Belgique sur les marchés financiers.

En parallèle, les responsables politiques devront aussi stimuler la confiance des consommateurs et de l'industrie. Il se trouve en effet que les Belges s'inquiètent du taux de chômage qui, avec une hausse de 7,2 à 8 % prévue d'ici mi-2013, ne risque en outre pas de s'améliorer. Sans oublier que les fluctuations des prix des actifs ont un impact sur le pouvoir d'achat des ménages belges, ce qui ne leur redonne pas forcément confiance.

La lumière au bout du tunnel grâce à un engagement politique clair

En partant du principe que dans un avenir proche, les leaders européens feront avancer certains dossiers synonymes de plus de stabilité et d'une reprise de la croissance en zone euro, EY mise sur une progression du PIB belge très légèrement inférieure à 1 % pour 2013. Ce chiffre reflète un rebond timide de la consommation (+1 %) à la suite d'un regain de confiance de la part de la population belge et une baisse de l'inflation jusque sous la barre des 2 %. Les exportations aussi devraient repartir à la hausse en 2013, gagnant 3 % sur l'ensemble de l'année.

À long terme, notre pays n'en restera pas moins confronté à de grands défis. La croissance économique morose menace en effet notre stabilité budgétaire et, pour couronner le tout, la Belgique est (après le Luxembourg et la Slovénie) le pays qui connaît la plus forte hausse des dépenses liées à l'âge, ce qui fragilise considérablement notre dynamique d'endettement.

« Pour que la situation financière de la Belgique reste saine, il est essentiel de se baser sur un plan de relance contenant des mesures qui stimulent l’emploi et la croissance économique afin d’améliorer à long terme la situation fiscale de notre pays», conclut Rudi Braes,managing partner EY.

À propos de l’Eurozone Forecast

Les prévisions et analyses présentées dans l'Eurozone Forecast d’EY ont été réalisées par Oxford Economics et sont basées sur le modèle de la Banque centrale européenne pour l’économie de la zone euro. Ce modèle intègre les théories et techniques économiques de pointe et est utilisé par la BCE pour produire ses prévisions trimestrielles pour la zone euro.

À propos d'EY

EY est un chef de file mondial dans le domaine des services en matière d'assurances et d'audit, de fiscalité, de transactions et de consultance. Nos 167.000 collaborateurs à travers le monde partagent les mêmes valeurs et mettent un point d'honneur à fournir un service de qualité aux clients. Nous nous distinguons de la concurrence en aidant nos collaborateurs, nos clients et la société dans son ensemble à saisir toutes les opportunités qui se présentent.