La Belgique occupe une belle 4e place dans le classement des économies les plus ouvertes
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Bruxelles, 21 janvier 2013. À la veille du Forum économique mondial de Davos, Ernst & Young présente son indice annuel de mondialisation. La Belgique affiche une nouvelle fois un excellent résultat et se situe mondialement à une belle 4e place dans le classement des économies les plus ouvertes. Avec ce score, la Belgique fait mieux que ses voisins, les Pays-Bas (6e), l’Allemagne (11e) et la France (14e). Notre pays n’est précédé que par Hong Kong, Singapour et l’Irlande. L’indice de mondialisation montre que les plus grandes économies continuent à se mondialiser. Toutefois, la mondialisation adopte progressivement une autre forme et son rythme se ralentit, incitant les entreprises à prendre des mesures pour réaliser une croissance durable.
L’Indice annuel de mondialisation d’Ernst & Young mesure l’ouverture des 60 économies les plus importantes du monde sur la base de 5 critères : flux commerciaux, mouvements de capitaux, technologie, migration de l’emploi et intégration culturelle. Par rapport à l’année dernière, la Belgique a même quelque peu progressé grâce à un accroissement des investissements étrangers et des mouvements de capitaux. La Belgique progresse également sur le plan de la technologie grâce à une meilleure pénétration des connexions à large bande et à une augmentation du nombre d’abonnés à internet.
« Voilà quelques années déjà que la Belgique obtient de très bons résultats dans l’indice de mondialisation, déclare Rudi Braes, managing partner d’Ernst & Young Belgique. En fait, la chose est logique vu que l’économie et la prospérité de la Belgique s’appuient surtout, du fait de la taille réduite de notre pays, sur les exportations et les investissements étrangers. Toutefois, cela signifie également que les perspectives économiques de notre pays dépendent fortement des développements mondiaux. »
Les pays BRIC font face à une concurrence accrue des marchés à croissance rapide
Environ 66 % des 730 chefs d’entreprise interrogés croient que les marchés émergents sont cruciaux pour les perspectives de croissance futures. L’économie des pays BRIC croît en effet encore plus rapidement que d’autres marchés, ce qui explique que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine restent importants dans la stratégie de croissance des entreprises. Les chefs d’entreprise se rendent toutefois compte qu’ils sont obligés de se tourner davantage vers des marchés inexplorés pour apporter à leur entreprise une nouvelle impulsion de croissance.
Le nombre de chefs d’entreprise interrogés qui considèrent des marchés à croissance rapide autres que les pays du BRIC comme source principale de nouveaux revenus à presque doublé en trois ans, de 26% à 45% aujourd’hui. Pas moins de 82 % d’entre elles prévoient d’augmenter leurs investissements dans ces marchés à croissance rapide. Elles songent principalement à l’Indonésie, au Mexique, à l’Afrique du Sud et à la Turquie. La plupart des chefs d’entreprise retrouvent également un climat d’entreprise plus attrayant sur d’autres marchés en Afrique et en Amérique du Sud. La corruption politique dans bon nombre de ces pays est en revanche considérée comme un grand risque pour les investissements.
La Belgique doit continuer à renforcer son potentiel technologique
Si les entreprises voient leur salut dans les marchés en forte croissance et les pays BRIC, les répondants soulignent également l’importance des marchés développés, car ceux-ci sont encore toujours un moteur important de l’activité économique mondiale. 21 % des répondants envisagent de transférer de la capacité de production vers les marchés développés dans les trois années à venir. Ce pourcentage s’élève même à 35 % dans le secteur du pétrole et du gaz.
Ceci s’explique en partie par le fait que les marchés matures disposent d’une meilleure technologie, qu’ils peuvent utiliser avantageusement pour accroître leurs exportations. Cela étant, il ne faut donc pas s’étonner qu’une large majorité (62 %) des répondants considère les développements technologiques comme le principal stimulant à la mondialisation. D’après l’étude, la Belgique peut encore mieux exploiter son avantage technologique pour augmenter ses exportations.
Nécessite d’une stratégie alternative et d’un modèle opérationnel adapté
De fait de l’évolution des éléments constitutifs de la mondialisation, les entreprises doivent utiliser un modèle opérationnel adapté. Il n’est par exemple plus suffisant d’être présent dans les pays en croissance avec des processus globaux standardisés. Pour réussir, il est important de trouver un équilibre entre connaissance locale et coordination mondiale.
« Une connaissance approfondie du marché local est indispensable. Une stratégie visant à élargir le cercle des intervenants et tenant compte d’accents locaux est donc essentielle pour les investissements sur les marchés en forte croissance. L’adjonction d’une dimension régionale à leur stratégie mondiale constitue dès lors un défi important pour les entreprises. Une planification et une discipline financières s’avèrent donc indispensables, » estime Rudi Braes.
Réorganisation des relations économiques mondiales ?
L’étude suggère également une réorganisation des relations économiques mondiales. Les économies émergentes tentent de réduire leur dépendance par rapport aux marchés traditionnels en accordant une plus grande attention à la demande intérieure. Environ la moitié des répondants s’attendent ainsi à un renforcement du protectionnisme dans les pays BRIC. Cela explique aussi pourquoi les marchés développés gagnent à nouveau en importance.
La position de la Chine en tant que grand marché croissant s’érode elle aussi progressivement. En chiffres de croissance absolus entre 2000 et 2012, des pays tels que l’Indonésie, la Turquie et le Mexique n’ont rien à envier à la Chine. Les États-Unis enregistrent eux aussi une forte reprise de la production intérieure, dopée notamment par la découverte de vastes réserves de gaz. On s’attend même, d’ici à 2020, à ce que la production de 10 à 30 % des biens que les États-Unis importent actuellement de Chine reflue vers leur propre marché intérieur.
Indice des pays :
- Hong Kong
- Singapour
- Irlande
- Belgique
- Suisse
- Pays-Bas
- Suède
- Danemark
- Hongrie
- Royaume-Uni
À propos de l’Indice de Mondialisation
L’Indice de Mondialisation élaboré pour ce rapport mesure et assure le suivi des prestations des 60 principales économies mondiales à l’aide de 20 indicateurs différents qui englobent les principaux aspects de l’intégration du travail au-delà des frontières. Les indicateurs sont subdivisés en cinq grandes catégories : ouverture au commerce, mouvements de capital, échange de technologies et d’idées, changements sur le marché du travail et intégration culturelle. L’indice mesure la mondialisation ‘relative’ plutôt que la mondialisation ‘absolue’. Cela signifie que la collaboration d’un pays* avec d’autres dans le domaine du commerce, des investissements, de la technologie, de l’emploi et de la culture est évaluée par rapport à leur PIB et non à la valeur absolue des échanges. L’indice reflète donc la mesure dans laquelle l’intégration mondiale d’un pays est perceptible ou ressentie depuis ce même pays.
