La tempête économique dans la zone euro provoque un chômage record en Belgique

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De nouvelles réformes sont nécessaires pour sortir de la spirale économique négative

Bruxelles, le 13 décembre 2012 – Le ralentissement de la croissance économique dans la zone euro continue à peser lourdement sur l’économie belge. L’Eurozone Forecast d’EY et d’Oxford Economics fait apparaître que le PIB belge se contractera de -0,2 % en 2012. La prévision de croissance de 0,5 % en 2013 annoncée précédemment est désormais ramenée à une réduction de -0,1 %. Les perspectives sont par conséquent encore plus sombres que la croissance zéro récemment prédite par la Banque Nationale de Belgique. C’est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui, dans son accord budgétaire, avait tablé sur une croissance de 0,7 % en 2013. Il est donc urgent de mettre en place une politique énergique qui génère des emplois et renforce notre compétitivité si l’on veut consolider la croissance émergente.

Une relance inattendue, mais de courte durée

La bonne nouvelle, c’est qu’avec la stagnation enregistrée au troisième trimestre, l’économie a finalement fait mieux que la contraction annoncée. Elle a par ailleurs enregistré une progression de 1,4 % des ventes au détail par rapport au deuxième trimestre.

Reste qu’en septembre et en octobre, la production industrielle avait reculé de 5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les chiffres montrent également que les activités des entreprises ont commencé à marquer le pas au troisième trimestre. Le recul continu de la confiance des consommateurs au cours du quatrième trimestre de 2012, associé à une baisse des activités et des dépenses des entreprises dans la zone euro, a engendré une contraction de -0,3% au cours du quatrième trimestre.

Le chômage pointera à plus de 8% en 2013

L’incertitude rampante au sujet d’une solution à la crise financière dans la zone euro mine le commerce et les investissements, ralentit les dépenses et freine le rétablissement de la confiance chez les banques, les entreprises et les consommateurs dans l’ensemble de la zone euro. Les entreprises, par exemple, reporteront leurs investissements jusqu’à la mi-2013 et les exportations belges ne progresseront que de 1,5 % la même année. On observe de surcroît une baisse de la demande de main-d’œuvre fin 2012, une tendance qui se perpétuera en 2013. Le taux de chômage menace de franchir la barre des 8 % de la population active pour la fin 2013. Globalement, on s’attend pour 2013 à une nouvelle contraction de -0,1 % du PIB, conséquence du délabrement du climat économique en 2012.

Faible croissance économique à long terme

Les observateurs ne prévoient qu’un très lent rétablissement de l’économie à moyen terme, calqué sur la situation dans la zone euro. Le taux d’exportation progressera de 3,5 % en 2014 et de 4 % en 2015, et les dépenses de consommation, pour leur part, afficheront une croissance de 1,3 % en 2014 et de 1,5 % en 2015.

Avec une dette publique de plus de 100 % de son PIB, la Belgique doit faire face à des défis fiscaux plus importants que la plupart des autres pays de la zone euro. Les économies en termes de dépenses publiques, indispensables pour ramener la dette sous le seuil des 100 % du PIB, hypothèquent la relance économique. Aussi ne s’attend-on, entre 2014 et 2016, qu’à une modeste croissance de 1 % à 1,5 % du PIB, avec un taux de chômage qui devrait à nouveau friser les 8 % en 2015.

Un besoin de choix politiques clairs

« Le récent accord budgétaire ne fait pas mystère du défi énorme auquel est confrontée la Belgique. Les mesures visant à accroître la compétitivité doivent être plus ambitieuses, étant donné les prévisions sur  les évolutions économiques décrites dans l’EY Eurozone Forecast. La réduction des dépenses ainsi que la stimulation de l’entreprenariat sont, à ce titre, des éléments cruciaux », explique Rudi Braes, managing partner d’EY.

Une des solutions consiste à augmenter le taux d’emploi belge, qui reste encore toujours inférieur de 2 à 3 points de pourcentage par rapport à nos voisins néerlandais et français, par un réajustement des charges sur le travail. La faible compétitivité des entreprises belges est elle aussi néfaste pour la croissance économique. La situation défavorable des entreprises belges n’est pas préjudiciable aux seules exportations. Les récentes restructurations montrent aussi que les entreprises, qu’elles soient belges ou étrangères, sont de moins en moins incitées à investir.

La balle est une fois de plus dans le camp du gouvernement, qui doit définir un cadre législatif et macro-économique adéquat.