Le contrôle budgétaire fédéral obscurci par des prévisions économiques pessimistes

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Bruxelles, le 14 mars 2013 – Durant les prochaines semaines, le gouvernement fédéral se mettra en quête de quelque deux milliards lors d’un contrôle budgétaire qui s’annonce une fois de plus difficile. En effet, le gouvernement fédéral est confronté à la dure réalité des indicateurs économiques décevants et il semble que les choses ne changeront pas fondamentalement en 2013. Pire encore : il ressort de l’Eurozone Forecast d’EY et d’Oxford Economics que, comme en 2013, l’économie belge connaîtra également une récession de -0,2% en 2013. Les témoins d’avertissement sont de plus en plus nombreux à clignoter sur le tableau de bord financier du gouvernement.

Le contrôle budgétaire 2013 ne débutera pas vraiment sous les meilleurs auspices. Indépendamment du changement inattendu à la tête du ministère des Finances, ce sont surtout les indicateurs économiques défavorables qui constituent la principale source d’inquiétude du gouvernement. L’Eurozone Forecast trimestriel prévoit les évolutions suivantes :

  • L’économie belge affichera un nouveau recul de -0,2 % en 2013, un chiffre encore un rien plus pessimiste que la prévision précédente de -0,1 %. Notre économie dépend largement des exportations vers d’autres pays de l’UE et, étant donné que ces pays, tout comme la Belgique, font face aux conséquences de la crise économique, la demande en produits belges est insuffisante. Une maigre croissance des exportations de 1,5% est prévue pour 2013, un chiffre qui reste largement au-dessous de la croissance annuelle moyenne de +5 % que nous avons connue ces dernières années.
  • Le taux de chômage en revanche continue à augmenter et évoluera de 7,4% en 2012 à 8,1 % au début de l’année 2014.
  • Seule lueur dans la grisaille, une légère diminution de l’inflation de 2,6 % en 2012 à 2,0 % en 2013. Mais cela n’aura peu, voire aucun impact sur la consommation nationale, car il semble que les ménages restent peu enclins à dépenser dans la crise actuelle. La consommation ne devrait enregistrer qu’une croissance de 0,3 % en 2013. Ce n’est qu’à partir de 2014 qu'elle devrait – espérons-le – dépasser légèrement les 1 %.

Une reprise de la croissance passe par des choix politiques clairs…

Le diagnostic de quelques problèmes typiquement belges a déjà été établi précédemment. Toutefois, les mesures visant à apporter une solution se font attendre.
Notre indexation automatique des salaires a systématiquement érodé notre compétitivité. Alors que nos coûts salariaux par unité de production ont augmenté de 5 % entre 1992 et 2012, ils sont restés stables aux Pays-Bas et ont même diminué de 2 % en Allemagne. Durant la même période, les exportations allemandes ont augmenté de 70 %, les néerlandaises de 50 %, contre 30 % à peine pour les exportations belges. Le remplacement d’une indexation automatique des salaires par un système plus flexible au niveau des entreprises pourrait briser ce cercle vicieux. Le taux de chômage en Belgique reste en outre inacceptable, comme l’a encore récemment confirmé l’OCDE. La législation sociale belge prévoit un nombre limité de stimulants visant à remettre au travail des chômeurs de longue durée, essentiellement des ouvriers peu qualifiés. Notre taux d’emploi de 68 % est inférieur à celui de la France et des Pays-Bas (71 %) et bien en dessous des 83 % enregistrés en Allemagne.

 

À propos de l’Eurozone Forecast

Les prévisions et analyses de l'EY Eurozone Forecast établies par Oxford Economics sont basées sur le modèle de la Banque centrale européenne pour l’économie de la zone euro. Ce modèle intègre une théorie et des techniques économiques de pointe et est utilisé par la BCE pour produire ses prévisions trimestrielles pour la zone euro. Le rapport Eurozone complet et les analyses individuelles par pays sont disponibles sur www.ey.com/eurozone