Le secteur bancaire belge montre un optimisme croissant dans une économie difficile

Les banques européennes poursuivent leur rétablissement et affichent un optimisme modéré

  • Share

View this page in Dutch

Bruxelles, le 5 juillet 2013 – Selon le baromètre bancaire européen élaboré par Ernst & Young, les banques belges envisagent l’avenir avec un optimisme grandissant. Elles sont moins nombreuses à penser devoir faire appel au financement de la banque centrale et bien que le contrôle des coûts conserve une place prioritaire à l’ordre du jour, les résultats des banques sont meilleurs qu’il y à six mois. Moins de 25 % des banques s’attendent à avoir besoin de plus de financement de la part de la banque centrale et près de 40 % comptent rembourser les fonds fournis dans le cadre de ces programmes dans les six mois à venir. Un tiers d’entre elles prévoit encore de devoir augmenter les provisions pour pertes sur crédits.

« Une légère remontée de la confiance a pu être observée au cours des six derniers mois dans le secteur bancaire européen. Un optimisme prudent est aujourd’hui le sentiment dominant. Si le contrôle des coûts, l’agenda réglementaire et les provisions pour pertes sur crédits restent des sources d’inquiétude majeures, les banques s’attendent à une hausse de la demande dans la plupart de leurs business lines pour la première fois depuis des années. C’est un signe prometteur, qui indique que le secteur pourrait être en bonne voie de se rétablir. L’optimisme des banques va toutefois de pair avec le maintien de la confiance vis-à-vis de l’économie et reste donc sensible aux revers économiques éventuels », a expliqué Philippe Desombere, associé responsable chez Ernst & Young Financial Services.

Les banques améliorent leurs financements et réduisent leur dépendance aux financements de la banque centrale

La plupart des répondants européens, se disent convaincus de pouvoir améliorer leur mix de financement cette année. Moins de 25 % prévoient d’avoir davantage recours au financement de la banque centrale, tandis que 39 % pensent être mieux en mesure de rembourser les fonds de ces programmes. Toutes les banques européennes ne réagissent pas avec le même optimisme : elles sont 50 % en Italie, 42 % en France et 40 % en Espagne à estimer avoir besoin de plus de financement de la banque centrale. En Belgique, seulement 7% des banques s’attendent à augmenter leurs recours au financement de la banque centrale alors que 57% prévoient une diminution. Les banques devront réduire encore leur position d’endettement et vendre des actifs pour consolider leur bilan. C’est en Espagne et en Italie qu’elles ont le plus tendance à se défaire de leurs actifs : 50 % des répondants déclarent projeter de vendre des actifs dans les six mois à venir, en comparaison à 35 % des répondants sur les autres marchés et à 21% pour les banques Belges. La moitié des banques interrogées prévoit une nouvelle contraction du bilan.

« Alors que les banques sont encore en train de se remettre de la crise financière, les résultats des programmes de restructuration commencent à apparaître, environs 53% des banques européennes et belges prévoient une amélioration de leur performance et 36% des banques belges prévoient une situation stable au cours des six prochains mois. De plus, moins de banques belges, s’attendent à une dégradation de la situation économique générale avec seulement 11% en comparaison à 33% il y a six mois », a souligné Philippe Desombere.

Certaines banques européennes pensent aujourd’hui pouvoir se mettre à la recherche d’opportunités de croissance, 25 % d’entre elles envisagent même d’acheter de nouveaux actifs au cours des six prochains mois.

Les programmes de restructuration en cours vont entraîner de nouvelles pertes d’emplois

Au total, 41 % des banques pensent encore devoir procéder à des réductions de personnel. Les pertes d’emplois les plus importantes devraient avoir lieu en Autriche, en Italie, dans l’Europe du Nord et en Pologne, où plus de 60 % des banques envisagent des licenciements. Des dégraissages considérables sont également attendus au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, mais les perspectives de ces deux marchés ont enregistré une nette amélioration par rapport aux résultats de l’enquête du semestre dernier. Alors que l’Automne dernier, 17% des banques belges prévoyaient une augmentation du nombre d’employés, aucune banque ne prévoit une augmentation de personnel dans les six prochains mois. Cependant, 57% des banques, s’attendent à une situation similaire à celle d’aujourd’hui.

« Les banques estiment que les licenciements continuent à jouer un rôle important dans leurs plans de restructuration et de réduction des coûts. Nous pensons cependant que le rythme de ces mesures a commencé à ralentir. La plupart des pertes d’emplois prévues s’inscriront dans le cadre de programmes déjà annoncés précédemment. Une grande partie de ces programmes concerne les postes liés au back-office et services de support central», a affirmé Philippe Desombere.

Un tiers des banques prévoit de devoir encore augmenter les provisions pour pertes sur crédits

La hausse des provisions pour pertes sur crédits montre des signes de ralentissement : 32 % des banques européennes pensent devoir procéder à une augmentation dans les six mois à venir, contre 44 % il y a six mois. Pour la Belgique, une nette amélioration est enregistrée avec seulement 29% des banques qui prévoient une augmentation des provisions pour pertes contre 67% il y a six mois. Bien que les amortissements semblent stabilisés au Royaume-Uni, en Suisse et en Autriche, les banques restent préoccupées par les pertes sur crédits. En Pologne et en Espagne, plus de la moitié d’entre elles pense d’ailleurs augmenter les provisions.

Les perspectives s’améliorent pour la plupart des business lines, y compris pour les services bancaires d’investissement

Les banques prévoient une amélioration pour la plupart des business lines. Les avis positifs concernent surtout le retail et le private banking mais après une année 2012 difficile, la plus forte progression se situe du côté du merchant banking. Plus de 25 % des répondants ont une vision d’avenir positive pour les activités de fusions et acquisitions, et les banques s’attendent également à de meilleurs résultats pour les émissions de titres de créance et les activités de trading.