Les banques belges prévoient une diminution des crédits

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Bruxelles, 21 mars 2012 – Selon le « European Banking Barometer » d’EY, le secteur bancaire belge entrevoit également l’avenir avec morosité. Les premiers signes de reprise se dessinent, mais le secteur est à la veille d’une réforme profonde et inévitable. Et cette réforme ne sera pas sans conséquences pour la capacité d’emprunt des entreprises et des citoyens. Selon les perspectives, les crédits coûteront également plus cher sous l'impulsion de la nouvelle réglementation. Des difficultés de paiement sont annoncées dans certains secteurs, notamment dans les secteurs de la construction, des services et de l'automobile. Le point positif réside par contre dans le fait que 70 % du secteur pense qu’une éventuelle faillite de la Grèce aurait très peu d’impact sur le secteur bancaire belge. Les banques belges considèrent la mise en œuvre de Bâle III et la gestion des risques comme les principales priorités des 6 prochains mois.

La Belgique compte sur ses épargnants

Les banques belges, autrichiennes et scandinaves sont celles à s’inquiéter le plus de leur situation actuelle et prévoient également les perspectives les plus sombres pour le premier semestre de 2012. C’est ce qu’estiment 37 % des répondants en Belgique. La culture d’épargne typiquement belge reste toutefois, et de loin, l’atout majeur et la pierre angulaire du secteur bancaire belge. Bien plus encore que dans les autres pays, le banquier entrevoit très positivement l’avenir de ce segment des dépôts.

« Le Belge a toujours été un grand épargnant, ce qui donne lieu à un fort taux d’épargne. La crise a encore renforcé ce réflexe. Cela laisse une plus grande marge de manœuvre à nos banques pour implémenter des décisions stratégiques pendant que la base de capital se renforce. Ce n’est pas par hasard que les banques s’engagent pleinement dans cette voie et qu’elles prévoient encore une poursuite de la croissance dans ce segment en dépit du faible rendement des livrets d’épargne », explique Jean-François Hubin, associé EY Financial Services.

Les crédits deviennent plus chers

Depuis la crise bancaire de 2008, le secteur est soumis à une rafale de stress-tests et à une nouvelle réglementation afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise à l’avenir. Et du capital est nécessaire pour y parvenir. C’est sans doute pourquoi la priorité absolue du secteur belge porte sur la préparation et le respect des accords de Bâle III. À cet égard, il est toutefois remarquable qu’en Belgique, la gestion du risque et toute une série d’économies constituent moins une priorité que dans les pays voisins en Europe. « Cela traduit peut-être le fait que le secteur bancaire belge s’améliore et a déjà mené des réformes nécessaires, toute l’attention étant maintenant portée sur une consolidation de la position de capital », poursuit Jean-François Hubin.

La grande majorité des banques belges (68 %) s’attend à ce que les accords de Bâle III entraînent des coûts de crédit plus élevés pour les clients. Les banques ne pensent cependant pas qu’elles pourront répercuter l’entièreté des coûts sur le client, car 45 % d’entre elles s’attendent également à ce que les accords de Bâle III pèsent sur la rentabilité de leur banque.

Moins de crédits , plus de stabilité ?

Les banques sont dans l’obligation de dégraisser et sont dans le même temps confrontées à un climat macroéconomique hostile. Il en résulte que tous les secteurs s’attendent à une diminution du nombre de nouveaux crédits au cours des 6 prochains mois. Les secteurs de la construction, de l’immobilier et des services seraient ainsi les principaux secteurs à subir une politique de crédit plus restrictive. Cela résulte également du fait que les banques craignent que ces secteurs soient à l'avenir plus sujets aux défauts de paiement. Le secteur belge de la distribution, au même titre que l’industrie chimique et pharmaceutique, est à nouveau considéré plus sûr en ce qui concerne les défauts de paiement.

Les banques belges craignent moins une faillite grecque que les autres banques européennes

Le baromètre bancaire a également sondé les conséquences éventuelles que la faillite d’un des États membres européens aurait pour le secteur. Il est remarquable à cet égard que « seulement » 30 % des banques belges estiment qu’un tel scénario aurait un impact considérable sur leur secteur, un taux bien inférieur à la moyenne européenne, qui s’établit à 42 %.

« Le secteur bancaire belge a consenti des efforts importants pour réduire son exposition aux risques et ses pertes vis-à-vis de la dette souveraine. Le rééchelonnement « volontaire » de la dette grecque a également démontré que les banques n’en attendent plus aucun bénéfice. Cela pourrait avoir pour conséquence que les banques se sentent plus à l’aise à l’égard de leur niveau d’exposition vis-à-vis de pays comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne », affirme Jean-François Hubin.

61 % des répondants considèrent cependant que si de telles faillites se produisent, il en résultera une diminution des crédits accordés, et 13 % estiment même qu’un nouveau financement public sera nécessaire dans un tel scénario. Malgré ces chiffres, la Belgique réalise un meilleur score que le reste de l’Europe.

L’emploi dans le secteur bancaire belge restera majoritairement stable

Les banques belges demeurent prudentes et n’envisagent pas de plans ambitieux dans un avenir immédiat. Le sondage nous apprend ainsi que seule une augmentation très modérée du nombre d’emplois est attendue au cours des 6 prochains mois. La plupart des emplois seraient ainsi créés au sein des départements ventes et retail, tandis que les ressources humaines connaîtraient un fléchissement. Cette tendance contraste fortement avec les prévisions dans des pays comme la France et le Royaume-Uni, où une augmentation substantielle du nombre d’emplois est attendue. L’Allemagne et l’Espagne prévoient pour leur part une baisse du nombre d’emplois dans le secteur.

« Les banques de toute l’Europe pensent surtout actuellement à réduire les coûts, à limiter les risques et à élaborer et à mettre en œuvre les nouvelles réglementations. Les problèmes persistants dans la zone euro les obligent à se concentrer sur la résolution des problèmes et la réaction aux évènements, plutôt que sur le développement proactif de projets de croissance stratégiques », conclut Jean-François Hubin.

- Fin du communiqué de presse -

À propos de l’étude

Le « European Banking Barometer » d’EY est une enquête menée auprès de 500 banques dans toute l’Europe ; il s’agit à chaque fois de 50 banques en Autriche, en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Scandinavie, en Pologne, en Espagne et au Royaume-Uni.