Nombre record d’investissements en Europe, signe d’une sortie de la récession

La Belgique reste toutefois à la traîne en matière de création d’emplois

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Bruxelles, le 24 juin 2014 – 2013 fut une véritable année record pour les investissements étrangers en Europe. Telle est la conclusion de la onzième édition du ‘Baromètre de l’Attractivité’ annuel publié ce jour par EY. La Belgique est elle aussi parvenue à récolter quelques fruits de la confiance retrouvée des investisseurs en Europe. Notre pays occupe la 5e place dans le classement des pays européens les plus attractifs en matière d’investissements. C’est surtout la Flandre qui connaît une hausse considérable du nombre de projets d’investissement. Il y a toutefois une ombre au tableau. La création d’emplois en Belgique reste en effet un véritable problème. Avec à peine 20 emplois créés en moyenne par projet d’investissement, la Belgique occupe une décevante 14e place en Europe.

Les investisseurs étrangers ont retrouvé le chemin du ‘Vieux Continent’, signe que l’Europe sort de la crise. 2013 fut même une année record pour les investissements étrangers directs en Europe : le nombre de projets d’investissement étrangers a atteint un chiffre record de 3.955, soit une hausse de 4 % par rapport à 2012.

Dans le classement des destinations d’investissement les plus attractives, les grandes économies d’Europe occidentale telles que le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Espagne figurent dans le peloton de tête. Le Royaume-Uni a également atteint sa position de leader historique en 2013 en s’adjugeant près d’un cinquième de tous les projets d’investissement étrangers sur le continent. Le pays a accueilli 799 projets, soit une hausse de 15 % par rapport à 2012. L’attractivité de l’économie allemande continue à tenir bon. Avec 701 projets d’investissement étrangers en 2013, elle enregistre une hausse de 12 % par rapport à 2012.

Tout comme en 2012, la Belgique occupe la 5e place. Le nombre d’investissements étrangers dans notre pays est passé de 169 à 175 en 2013, soit une hausse de 4 %. Sur ce total de 175 investissements étrangers, 118 sont des projets totalement nouveaux, les projets dits greenfield (67,5 %).

La Flandre est parvenue à convaincre la plupart des investisseurs étrangers


# investissements par région 2012 2013
Bruxelles 37 29
Brabant wallon 4 8
Hainaut 19 15
Liège 23 10
Luxembourg 3 2
Namur 3 1
Wallonie 52 36
Anvers 36 45
Brabant flamand 14 25
Limbourg 7 12
Flandre orientale 16 15
Flandre occidentale 7 13
Flandre 80 110

La Wallonie a fait une mauvaise prestation en 2013. En effet, le nombre d’investissements étrangers a en effet chuté à 36 en 2013, contre 52 en 2012. En enregistrant ce chiffre, le sud de notre pays n’est parvenu à attirer que 20 % des investissements étrangers en Belgique. La diminution est surtout marquée dans la province de liège, le nombre de projets y est passé de 23 à 10.

En 2013, la Flandre a connu une forte hausse du nombre d’investissements étrangers. Ils sont en effet passés de 80 à 110, soit le meilleur résultat depuis 2006 et pas moins de 65 % de tous les investissements étrangers en Belgique. C’est surtout la province du Brabant flamand qui a enregistré une hausse significative. Traditionnellement, Anvers reste la province affichant les meilleurs résultats dans notre pays. La métropole de l’Escaut a accueilli 45 investissements étrangers en 2013. La ville portuaire fait ainsi encore mieux que Bruxelles. Le nombre d’investissements dans notre capitale a en effet diminué de plus de 20 %, reculant de 37 à 29.

Les États-Unis restent la première source d’investissement


Les États-Unis figurent de longue date en tête du classement des pays qui investissent en Europe. Avec 1.027 projets à lui seul, le pays prend à son compte un quart des projets d’investissement étrangers en Europe. Fait marquant, le regain d'intérêt des pays BRIC avec 313 projets investissements, soit une hausse de 28% par rapport à 2012. Parmi ces pays, la Chine occupe la première place avec 153 projets et devance l’Inde et ses 103 projets.

Les États-Unis restent également très importants pour notre pays. En 2013, le nombre d’investissements d’entreprises américaines y est passé de 41 à 47. La Belgique accueille en outre essentiellement des investissements intra-européens, en particulier en provenance de nos voisins. La France sort du lot avec 26 investissements réalisés en 2013. Les États-Unis et nos voisins représentent ensemble 65 % de tous les investissements étrangers directs en Belgique. Contrairement à d’autres pays européens, notre pays ne parvient pas à tirer parti du succès croissant des pays BRIC. Avec un recul de 18 projets en 2011 à 11 projets en 2013, la part d’investissements des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) constitue même une désillusion.

La création d’emploi reste le talon d’Achille de notre pays


La création d’emploi par des investissements étrangers directs (166.343) dans toute l’Europe affiche un recul de 2 % et se trouve encore 15 % sous le niveau d’avant la crise (195.000). En 2013, un projet d’investissement étranger a créé 42 emplois en moyenne alors qu’on en dénombrait encore 60 par projet durant les années précédant la crise.

En Belgique, on note toutefois une hausse du nombre d’emplois créés de 2.939 à 3.536, sans que cela ne constitue un motif d’euphorie. Avec une moyenne d’à peine 20 emplois créés par projet d’investissement, soit 22 de moins que la moyenne européenne, la Belgique occupe en effet une décevante 14e place dans le peloton européen. La situation s’explique sans conteste par le handicap de notre pays en matière de coûts salariaux et du travail. 64 % des entreprises étrangères présentes en Belgique estiment que le handicap salarial est un problème. 63 % d’entre elles réclament une baisse de la pression fiscale. Cela se confirme clairement si l’on considère les différents secteurs vers lesquels les investisseurs étrangers s’orientent. Le secteur du marketing et de la vente décroche à lui seul 65 projets, mais la création d’emploi y est négligeable.

Quatre chefs d’entreprise interrogés sur dix indiquent en outre que les problèmes de mobilité et l’absence d’infrastructures ont un impact négatif sur les décisions d’investissement. Pour les chefs d’entreprise déjà implantés en Belgique et surtout à Bruxelles, le problème de mobilité est considéré comme particulièrement préoccupant (un sur deux). Il convient également de remarquer que près de 40 % des investisseurs estiment qu’un débat constructif entre le monde économique et le monde politique, en ce qui concerne la compétitivité belge et les décisions politiques en la matière, est impossible.

« Ces résultats s’inscrivent dans le droit fil des conclusions de l’étude de perception publiée au début du mois de mai de cette année. On y apprenait que notre pays se trouvait à un tournant et avait grand besoin de quelques mesures structurelles. Pour espérer se rapprocher de la moyenne européenne, notre pays doit surtout se pencher sur ses coûts salariaux et ceux du travail ainsi que sur la concertation entre le monde politique et celui de l’entreprise. Les statistiques d’organisations internationales indépendantes montrent en effet de manière irréfutable que la Belgique a les coûts salariaux les plus élevés d’Europe. Il est préoccupant à cet égard de constater que des entreprises étrangères importantes désinvestissent ces dernières années, ce qui représente des pertes d’emplois importantes, alors que les nouveaux projets en créent peu de nouveaux », conclut Philippe Pire, associé d’EY Belgique.


À propos du Baromètre de l’Attractivité belge


Avec le Baromètre de l’Attractivité belge annuel – qui en est à sa onzième édition en 2014 – EY prend le pouls du climat d’investissement belge. Le baromètre est subdivisé en deux parties. La 1ère partie, publiée en mai, met l’accent sur la perception. Le 2e volet met l’accent sur les investissements réellement planifiés. L’étude repose sur une double méthodologie originale qui, dans un premier temps, reflète l’attractivité réelle de l’Europe et de la Belgique pour les investisseurs étrangers directs sur la base de l’European Investment Monitor (EIM) d’EY et, dans un deuxième temps, l’attractivité ‘perçue’ de l’Europe et de ses concurrents sur la base d’un panel représentatif de 800 décideurs internationaux.