Relance économique hésitante en Belgique

Les élections du mois de mai seront un tournant pour la politique économique belge

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Bruxelles, le 20 mars 2014 – Il ressort du dernier Eurozone Forecast d’EY et d’Oxford Economics que l’économie belge connaîtra une croissance d’à peine 1,1 % en 2014. Un autre problème est que le taux de chômage restera encore à un niveau élevé en 2014 avec 8,6 % de la population active. Des réformes économiques majeures semblent dès lors nécessaires pour assurer notre croissance économique. Les élections de mai constituent par conséquent l’opportunité idéale pour mettre en œuvre d’ambitieux plans économiques.

Le nouveau rapport d’EY pointe les indicateurs économiques suivants :

  • L’économie belge enregistrera une légère croissance d’environ 1,1 % en 2014. La croissance économique attendue dans les prochaines années sera elle aussi limitée : 1,4 % en 2015 et 1,7 % entre 2016 et 2018. Ce sont principalement les secteurs de la production et de la finance qui devraient s’en sortir le mieux. La construction, le commerce et l’agriculture continuent, quant à eux, à traverser une période difficile.

    Secteur Croissance attendue en % du PIB
    Production (fabrication) 3 %
    Agriculture -0,1 %
    Construction 0,4 %
    Équipements d’intérêt général 1,6 %
    Commerce 0,6 %
    Services financiers 1,5 %
    Communication 1,2 %

  • Cette relance économique hésitante a une incidence sur le chômage en Belgique, qui continue à augmenter et atteindra des sommets à la fin de cette année, avec un taux de 8,6 %. Le taux de chômage ne diminuera légèrement qu’à la fin 2015, pour s’établir à environ 8,5 % en 2015 et 8,1 % en 2016.

  • La rigidité de notre marché du travail est un sérieux frein à la compétitivité de la Belgique en comparaison avec d’autres économies européennes. Les coûts salariaux élevés auraient coûté pas moins de 2 à 3 points de pourcentage par an à la production en Belgique ces trois dernières années, contre seulement 1 % en France ou en Allemagne. Ils ont également un impact négatif sur les exportations. On attend une hausse des exportations de 1,8 % en 2014 et de 2,5 % en 2015. Cette légère hausse s’explique par notre économie ‘ouverte’, qui dépend fortement des exportations vers d’autres pays de l’UE. Les activités économiques dans les économies-clés de l’UE et le commerce au sein de l'Eurozone augmenteront en effet à nouveau durant les prochaines années.

  • Les investissements des entreprises augmenteront de 2 % en 2014. D’ici 2016, on devrait assister à une croissance de 3 % qui restera toutefois encore inférieure aux 5 % enregistrés en Belgique avant le début de la crise économique.

  • Lueur d’espoir dans la grisaille : l’inflation qui restera inférieure à 1 %. Oxford Economics prévoit que les dépenses des consommateurs augmenteront de 1,2 % en 2014.

  • En raison de son taux d’endettement de 105 % du PIB, notre pays paie actuellement un point de pourcentage de plus en intérêts que ses voisins français et allemands. On s’attend en outre à une hausse des dépenses publiques de 0,6 % en 2014 et 0,8 % en 2015.

Notre pays devra persévérer longuement dans une discipline budgétaire pour réduire son taux d’endettement. Notre marché du travail difficile, notamment caractérisé par des coûts salariaux élevés, et la pression fiscale colossale (actuellement plus de 50 % du PIB), continuent à saper la croissance économique. Cette analyse est également partagée par la Commission européenne, qui a récemment adressé un avertissement à la Belgique. Il s’agit là d’un signal clair de la Commission européenne, qui ne laisse que peu de choix aux décideurs politiques belges ces prochains mois. Les élections de mai doivent en effet marquer un tournant pour notre pays et lui permettre de s’attaquer à quelques handicaps structurels et de changer de cap économique.