EY - Branché sur la réussite
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Bruce McDonald a su très tôt au cours de sa carrière qu’il voulait devenir le chef des finances d’une grande société ouverte. À titre de vice-président exécutif et directeur financier de Johnson Controls, non seulement il a réalisé son rêve, mais il a aussi été nommé l’un des meilleurs chefs des finances d’Amérique.

Bien qu’il ne tarde pas à préciser qu’il partage cet honneur avec son équipe exceptionnelle, il reconnaît également qu’il doit son avancement professionnel à un précieux conseil qu’il a reçu alors qu’il était encore analyste financier.

«Je me rappelle avoir parlé de ma carrière et qu’on m’a dit que si je voulais devenir vice-président, finances de l’une de nos divisions, je n’y arriverais pas en occupant des emplois au siège social, raconte Bruce. Il fallait plutôt que je travaille dans l’une de nos exploitations et que j’acquière une expérience internationale. C’est le meilleur conseil que l’on m’ait donné.»

Il a pris ce conseil à coeur et a occupé un poste opérationnel au Royaume-Uni auprès de son employeur de l’époque, Varity Corporation, fabricant d’équipement agricole. À partir de là, il a occupé des postes comportant des responsabilités de plus en plus grandes, jusqu’à celui de vice-président et contrôleur de gestion à Johnson Controls en 2001. Il a été nommé directeur financier en 2005.

Depuis son bureau du siège social à Milwaukee, Bruce supervise maintenant les fonctions de la TI, des relations avec les investisseurs, de la trésorerie, de la comptabilité, de l’analyse financière et de la fiscalité de la société inscrite à la Bourse de New York. Johnson Controls est, à l’échelle mondiale, une société diversifiée multi-industrielle dont les activités principales sont concentrées sur les secteurs automobiles et de la construction.

«Nous sommes une grande organisation qui réunit trois activités différentes et beaucoup de sous-activités, explique Bruce. Forte d’un effectif de 168 000 personnes, dont le plus grand nombre se trouvent à l’extérieur de l’Amérique du Nord, Johnson Controls sert des clients dans plus de 150 pays.»

La communication est la clé

Il n’est pas étonnant, étant donné l’envergure de l’organisation, que Bruce place la communication au sommet de ses priorités. «Il est très important de se tenir au courant et d’informer les gens de ce que nous faisons», précise-t-il.

Non seulement Bruce est proche de ses propres équipes et s’assure que les obligations d’informer le conseil d’administration et les comités des finances et d’audit sont respectées, mais il est aussi régulièrement en contact avec les milieux financiers. «Nous sommes une société ouverte, donc nous consacrons beaucoup de temps à nos parties prenantes et à des actionnaires éventuels — nous devons tous les connaître.»

Et cela paraît. Johnson Controls a été nommée parmi les sociétés les plus favorables à leurs actionnaires d’Amérique par le magazine Institutional Investor, grâce à sa formidable équipe chargée des relations avec les investisseurs et aux efforts de transparence déployés à l’égard de la stratégie de l’entreprise et de ses ramifications financières.

«On apprécie beaucoup que nous reconnaissions qu’il nous arrive de rater notre coup, poursuit Bruce. Quand ça va mal, la dernière chose que vous voulez faire, c’est de vous expliquer devant les actionnaires; mais en période difficile, il faut le faire deux fois plus.»

Des hauts et des bas

Et il n’y a pas eu de période plus difficile que la crise financière mondiale. Bruce qualifie cette période de «très inquiétante», surtout la rapidité avec laquelle l’industrie automobile a été touchée. Voilà un épisode qu’il ne voudrait pas revivre.

«Sur une période de quatre mois, nous sommes passés de la rentabilité à une perte de 100 millions de dollars pour un mois, se rappelle-t-il. Je me souviens m’être assis avec le chef de la direction pour revoir nos prévisions. Chaque fois, nous n’en croyions pas nos yeux, la situation était pire encore.» Grâce à des mesures très énergiques, la société a atteint le seuil de rentabilité en quelques mois.

L’entreprise devait en partie son salut à sa diversification et à un investissement effectué en 2005 dans l’acquisition de 3 milliards de dollars de York, fabricant d’équipement commercial de chauffage, de ventilation et de climatisation.

«L’acquisition a complètement transformé notre société, déclare-t-il. En l’espace de quelques années, notre entreprise qui se définissait avant tout comme une société automobile est devenue une entreprise multisectorielle.»

Heureusement, le secteur de l’équipement commercial de chauffage, de ventilation et de climatisation est l’un des derniers à être victime d’une récession, de sorte qu’avec les activités liées aux batteries, il a permis à l’entreprise de survivre à la tourmente financière.

L’importance du don de soi

Au terme de ses études à l’Université McMaster, Bruce a commencé sa carrière chez Clarkson Gordon en 1987 et a passé deux ans à notre bureau de Mississauga. «Au cours de ma première année, tout le monde devait participer à la clinique d’impôt, raconte-t-il. Je suis allé dans une maison de retraite et je me souviens encore d’une gentille dame d’un certain âge qui était tellement heureuse quand je lui ai dit qu’elle recevrait un remboursement qu’elle s’est mise à pleurer et voulait me payer! La Société nous demandait de redonner à la collectivité, et j’ai vite compris que donner, ça fait du bien.»

Bruce a gardé cette habitude de donner, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Aujourd’hui, il est président du conseil d’administration du Columbia St. Mary’s Hospital à Milwaukee, membre du conseil d’administration et trésorier du Milwaukee Art Museum et trésorier et membre de Centraide/United Way de la région métropolitaine de Milwaukee.

«Il est important que la direction donne l’exemple, explique-til. Nous attendons de nos gens qu’ils participent à la vie de la collectivité. Nous sommes la plus grande entreprise ouverte du Wisconsin et un employeur important de Milwaukee. S’il se passe quelque chose dans la collectivité, il s'y trouve généralement quelqu’un de Johnson Controls.»

Trouver un équilibre

Avec une équipe mondiale, des déplacements fréquents et un emploi du temps chargé, comment fait-il?

«Je reçois un soutien incroyable, confie Bruce. J’ai beaucoup bougé, et ma famille m’a suivi. Ma femme Antonette est d’un grand soutien et compréhensive à l’égard de tout ce que j’ai manqué.»

Il avoue qu’il aurait aimé avoir plus de temps pour jouer au golf, qu’il aime pratiquer avec Antonette. Il aime bien aussi se détendre en lisant, en passant du temps avec sa famille et ses amis et en allant en Floride, où il cherche actuellement à acheter un bateau qui lui permettra de fuir les hivers du Wisconsin.

Conseil aux chefs des finances en herbe

«La comptabilité constitue un excellent départ, conclut Bruce. Elle vous ouvre les yeux sur une foule de choses. La plupart des décisions d’affaires comportent éventuellement un volet financier. Vous devez comprendre comment votre entreprise fait de l’argent et avoir un instinct pour la rentabilité. Dans le monde des affaires d’aujourd’hui, vous ne pouvez pas faire avancer votre carrière sans acquérir une expérience internationale.»