Perspectives 2014 dans le secteur canadien de l’assurance de dommages

Conditions météorologiques et catastrophes

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Le secteur canadien de l’assurance a été chamboulé par les catastrophes en 2013. Les inondations survenues en Alberta en juin ont détruit des maisons, perturbé les activités commerciales et gêné les efforts des experts en sinistres pour évaluer les dommages. Ces catastrophes ont été bientôt suivies par des inondations à Toronto et un déraillement meurtrier provoquant une explosion dévastatrice à Lac-Mégantic, au Québec. L’année a pris fin sur une tempête de verglas dans le sud de l’Ontario et l’Est du Canada qui a porté à un sommet historique les sinistres causés par les intempéries au pays. Les estimations des demandes d’indemnités à la suite d’une catastrophe en 2013 se situent entre 3 milliards $ CA et 4 milliards $ CA.

Pour les titulaires de police touchés, les inondations en Alberta ont mis en lumière la différence entre inondation de surface et refoulement des égouts. Bien que cette question ait été un problème par le passé, elle a été amplifiée par l’ampleur de la catastrophe et le nombre de clients sinistrés. Des demandes d’indemnité étaient refusées parce que les sinistres avaient été causés par une inondation de surface, qui n’est pas une garantie implicite, mais une protection à ajouter moyennant un supplément.

Par conséquent, la réputation des assureurs ayant refusé les demandes d’indemnité a été remise en question. Beaucoup ont fini par indemniser ces sinistres, même si ceux-ci n’étaient pas couverts, simplement pour ne pas porter atteinte à leur réputation. Les assureurs doivent éviter ces situations en expliquant mieux à leurs titulaires de police les différences entre les diverses garanties des polices. Grâce aux progrès de la cartographie par satellite, les assureurs pourront faire un meilleur usage de la modélisation prédictive et des cartes pour informer leurs titulaires de police et assurer les zones comportant un risque d’inondation plus élevé.

Il est question de risque de tremblements de terre au Canada depuis de nombreuses années, mais il semble que les clients d’assurance ne prennent pas ce risque au sérieux, comme le révèle le faible pourcentage de personnes et d’entreprises actuellement couverts en cas de tremblement de terre important. Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) dans sa nouvelle directive et le Bureau d’assurance du Canada ne cessent de marteler l’importance de se préparer aux tremblements de terre, de sorte que les assureurs doivent accorder une attention particulière à ce risque normalement négligé. Un tremblement de terre dévastateur dans l’une des régions sensibles du Canada paralyserait le secteur de l’assurance. Puisque la plupart des Canadiens n’ont pas d’assurance contre les tremblements de terre, comment le secteur et le gouvernement réagiraient s’il s’en produisait un?

Les Canadiens subissent des conditions météorologiques extrêmes plus fréquentes, allant de pluies plus fortes au vortex polaire. Les événements météorologiques ont pesé sur l’infrastructure actuelle en détruisant des routes, des lignes de transmission et des arbres et en créant divers problèmes pour les ménages et les entreprises. Les assureurs qui peuvent s’adapter à ces nouvelles réalités et qui comprennent les points vulnérables de l’infrastructure tout en assurant adéquatement leurs clients et en réglant les sinistres se hisseront en tête de peloton dans les années à venir.