Perspectives 2014 dans le secteur canadien de l’assurance vie

Exploiter le pouvoir de la technologie numérique et des données volumineuses

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La technologie numérique offre aux assureurs la formidable capacité d’améliorer la souscription, de réduire les coûts de façon durable, d’enrichir l’expérience client, de créer des stratégies marketing originales et d’analyser le comportement des consommateurs.

Bien que nombre d’assureurs améliorent la gestion de leurs charges au moyen de l’impartition pour pouvoir mieux se concentrer sur leurs activités essentielles, rationaliser leurs processus existants et accroître l’automatisation globale, ils n’ont pas effectué les investissements plus difficiles dans leur façon de faire. En d’autres mots, ils continuent d’utiliser des systèmes patrimoniaux dont le fonctionnement exige d’importantes ressources plutôt que de mettre en oeuvre des technologies numériques dans toute l’entreprise.

Les systèmes patrimoniaux n’ont pas la souplesse nécessaire pour générer les données commerciales et réglementaires en constante évolution dont les assureurs ont besoin pour assumer leurs responsabilités en matière de stratégie, d’exploitation et de conformité. Malgré les réductions continues de leurs coûts, les assureurs doivent examiner leurs capacités numériques actuelles en prévision d’autres investissements.

Pour la plupart, les assureurs canadiens ont résisté à ces investissements dans les améliorations technologiques, car ils sont méfiants à l’égard des coûts initiaux et des risques éventuels. Dans son rapport de sondage mondial 2013 sur les technologies numériques dans le secteur des assurances intitulé Insurance in a digital world: the time is now, EY révèle que 68 % des assureurs croient que la culture interne de leur entreprise constitue le principal obstacle à la réalisation de leur stratégie numérique.

En tirant parti de la modélisation prédictive et des analyses des données sur les consommateurs, les assureurs peuvent accélérer le processus de souscription, ce qui permet de réduire les coûts, de générer les contrats d’assurance plus rapidement et d’accroître éventuellement le chiffre d’affaires. La modélisation prédictive permet également de réduire les charges de vente et de marketing en indiquant les personnes les plus susceptibles d’acheter des produits. De plus, elle facilite une sélection plus ciblée des risques et améliore ainsi la performance en matière de souscription.

Parmi les autres champs de possibilités, mentionnons l’informatique en nuage, qui offre une solution plus modulable et moins coûteuse aux méthodes de livraison TI traditionnelles; la mobilité; et le réseautage social. Les assureurs au Canada et partout dans le monde ont mis du temps à adopter les stratégies liées aux produits mobiles et au réseautage social. Les clients plus jeunes utilisant de plus en plus des appareils mobiles et des plateformes sociales pour faire des recherches et acheter des produits, il est crucial que les assureurs investissent dans ces domaines. Une fois qu’ils auront fait ces investissements, il devront également déterminer comment tirer parti des données obtenues pour mieux créer et distribuer leurs produits, de même que pour gérer plus efficacement leurs relations avec la clientèle tout au long du cycle pertinent.

Toutes les possibilités comportent leur lot de complications. Une compréhension profonde des cyberrisques et des questions relatives à la protection de la confidentialité des données privées fait nécessairement partie du contrôle préalable de ces investissements. Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) se concentre davantage sur les risques technologiques futurs et travaille en collaboration avec le secteur à accroître la sensibilisation, la compréhension et la préparation des assureurs. Il est crucial que les sociétés évaluent les risques éventuels découlant des améliorations technologiques et qu’elles les gèrent en conséquence.

La technologie numérique est maintenant une réalité commerciale, et elle est là pour rester. D’autres secteurs se sont adaptés plus rapidement que celui de l’assurance et font face à la concurrence sur un terrain de jeu différent. Au Canada, les assureurs ne sont pas prêts actuellement à soutenir la concurrence à la suite de ces changements. Ceux qui effectuent les investissements nécessaires aujourd’hui seront probablement ceux qui prendront la tête du peloton à long terme.