Perspectives 2014 dans le secteur canadien de l’assurance vie

Maximiser l’amélioration du rendement du marché

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Bien que l’amélioration de la performance du marché mondial au cours du premier semestre de 2013 ait fait naître l’espoir d’une reprise, l’économie canadienne demeure instable. Étant donné ce climat d’incertitude, la Banque du Canada a indiqué, le 23 octobre 2013, que les taux d’intérêt demeureraient inchangés dans un avenir rapproché.

Des déclarations similaires ont été faites aux États-Unis, marché qui représente une part importante des placements à revenu fixe dans les portefeuilles des assureurs vie canadiens. La Réserve fédérale a en outre réaffirmé, en octobre 2013, son intention de maintenir son programme de mesures d’assouplissement quantitatif, réduisant ainsi les perspectives d’une hausse des taux d’intérêt au sud de la frontière canado-américaine aussi. En dépit de l’amélioration de l’activité économique, la Réserve fédérale a indiqué qu’elle agira «avec prudence» pour ce qui est de diminuer ses achats de biens en 2014.

En Europe, la situation évolue différemment : le ralentissement de la croissance et de l’inflation exerce des pressions sur la Banque centrale européenne pour qu’elle abaisse les taux d’intérêt afin de préserver la reprise économique actuelle. Cependant, les taux se situant déjà à des creux historiques, les options de la Banque sont limitées. Des facteurs comme le chômage, les programmes d’austérité (pour réduire les déficits budgétaires et la dette souveraine) et la hausse de l’euro contribuent à l’érosion des propositions d’investissement dans plusieurs pays européens.

Les assureurs se rendent compte que leur stratégie d’entreprise doit tenir compte efficacement du contexte persistant de bas taux d’intérêt. Bien que l’on s’attende à long terme à une remontée des taux d’intérêt, les assureurs vie doivent prendre rapidement des décisions pour traverser la période actuelle de rendements décevants.

Le principal enjeu pour les assureurs demeure leur capacité limitée de diminuer leur risque de taux d’intérêt lié aux produits d’épargne et de placement. Ces dernières années, la plupart des assureurs ont examiné leurs portefeuilles de produits existants pour établir une nouvelle tarification ou éliminer leurs produits à haut risque et à prédominance de capital n’offrant que de faibles marges, tout en cherchant des manières rentables de maintenir ou d’accroître leur taille. Quant aux actifs, de nombreux assureurs songent toujours à augmenter le risque associé à leur portefeuille d’actifs pour obtenir un meilleur rendement.

L’intérêt renouvelé pour la gestion d’actifs et la gestion de patrimoine (et l’intérêt amoindri pour les garanties coûteuses et risquées) oblige les assureurs vie à mettre au point des produits novateurs attrayants. Les entreprises doivent poursuivre leurs recherches novatrices pour accroître la rentabilité dans des domaines comme les stratégies fiscales, la gestion de l’effectif de vente et la gestion des actifs et des passifs.

L’accroissement de la volatilité des marchés des actions et du crédit au cours des dernières années est un autre enjeu prioritaire. Il est maintenant clair que les risques liés à ces marchés n’étaient pas bien compris ou adéquatement tarifés avant la crise financière. Les revenus tirés des produits assortis de frais de gestion en fonction de l’actif ont été instables, d’où une diminution des bénéfices à un moment où les programmes de couverture sont moins efficaces et plus coûteux qu’auparavant. C’est pourquoi le secteur doit réduire son exposition aux risques, tout en améliorant les caractéristiques de ses produits et services qui attirent les consommateurs.

Pour permettre ces modifications des produits, la plupart des assureurs ont apporté les changements suivants :

  • augmentation des frais associés aux produits à revenu variable pour refléter le coût de couverture en période d’instabilité économique;
  • diminution du nombre de placements qui limitent les risques assumés par les clients;
  • mise en oeuvre du rééquilibrage automatique pour protéger les clients contre une baisse importante de la valeur de leurs actifs, mesure qui permet également de stabiliser les revenus que l’assureur tire des frais perçus auprès de ses clients.

Ces diverses techniques orientées produits aident à limiter les risques auxquels sont exposées la situation de capital et la situation économique de l’assureur pendant qu’il fournit les services auxquels s’attendent ses clients — c’est-à-dire pendant qu’il couvre les risques que les clients ne peuvent assumer. Puisqu’elles réduisent l’instabilité pour les clients — et les assureurs — ces techniques ont été bien accueillies.

En commercialisant des produits souples et simplifiés qui sont assortis de propositions de valeur plus claires et plus complètes et en éliminant les caractéristiques des produits qui déplaisent aux acheteurs, les assureurs peuvent accroître efficacement leur chiffre d’affaires. Par exemple, l’assurance vie entière et l’assurance vie temporaire demeurent populaires auprès des consommateurs en raison de leurs propositions de valeur simples et faciles à comprendre. Par ailleurs, les produits participatifs sont attrayants du point de vue de l’assureur, tout en offrant aux clients un potentiel de croissance.