(Montréal, le 29 avril 2010) Non seulement le secteur de la biotechnologie du Canada a-t-il traversé la crise économique mondiale en 2009, mais il a clôturé l’année en affichant une forte hausse des revenus et une baisse marquée de ses pertes grâce, notamment, à d’importantes compressions de coûts selon le rapport annuel d’Ernst & Young intitulé Beyond Borders portant sur la situation mondiale de la biotechnologie.
Au Canada, le secteur a fait preuve d’une grande résilience en 2009, les revenus des sociétés ouvertes de la biotechnologie ayant augmenté de 9 % pour s’établir à 2 163 millions de dollars US, par rapport à 1 979 millions de dollars US en 2008. En outre, les pertes combinées des sociétés du secteur ont littéralement fondu de 90 %, passant de 1,1 milliard de dollars US à 70 millions de dollars US.
Si les centres de biotechnologie établis ont globalement franchi le seuil de la rentabilité pour la première fois de l’histoire, le fossé entre les sociétés qui jouissent déjà d’un accès à du capital et celles qui n’en ont pas s’est creusé davantage en 2009, rendant le financement des activités de recherche et de développement encore plus difficile pour les sociétés émergentes. Les dépenses de recherche et de développement ont chuté de 44 % au Canada pour s’établir à 354 millions de dollars US en 2009, par rapport à 626 millions de dollars US l’année précédente.
« La compression marquée des dépenses est un couteau à deux tranchants, selon Paul Karamanoukian, responsable du secteur des sciences de la vie d’Ernst & Young au Canada. Bien que ces compressions aient permis au secteur de tenir le coup dans l’immédiat, elles pourraient à plus long terme se révéler dommageables, la croissance future du secteur étant tributaire des dépenses de recherche et de développement effectuées. »
Le nombre de sociétés du secteur a aussi chuté en 2009, suivant la tendance des cinq dernières années au cours desquelles le nombre total de sociétés canadiennes est passé de 474 à 325, alors qu’en 2009, le nombre de sociétés ouvertes a diminué, passant de 72 à 64.
« Nous avons assisté à une démonstration de la loi du plus fort, les plus petites sociétés ayant connu la débâcle ou ayant fusionné avec de plus grandes, relate M. Karamanoukian. Si les sociétés les plus solides sont bien placées pour saisir les occasions de croissance attendues de la reprise, les liquidités actuelles de plus de la moitié des sociétés ouvertes ne suffiront pas à répondre aux besoins de la prochaine année. »
Outre la hausse des revenus et la baisse des pertes combinées, la capitalisation boursière des sociétés du secteur a bondi de 52 % au cours de la dernière année, ce qui constitue une autre bonne nouvelle. Il est tout de même trop tôt pour crier victoire. Malgré les compressions de coûts et la croissance des revenus, l’indice de survie du secteur a à peine bougé. Même en tenant compte de la progression marquée de sa capitalisation boursière, le secteur n’a toujours pas entièrement repris la perte de terrain de 61 % qu’il avait subie en 2008.
« Le secteur a survécu à la crise financière, mais tout n’est pas gagné, poursuit M. Karamanoukian. Le secteur de la biotechnologie au Canada devra démontrer sa capacité à se remettre pleinement des revers essuyés au cours des dernières années et mobiliser les capitaux voulus en 2010, qui sera pour lui une année charnière. »
Voici d’autres constatations importantes :
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