Malgré l’optimisme croissant des entreprises canadiennes, les fusions et acquisitions se heurtent toujours à de sérieux obstacles, selon Ernst & Young
(Montréal, le 28 avril 2011) Près de 78 % des entreprises canadiennes entrevoient des perspectives d’avenir plus reluisantes que celles d’il y a six mois, selon le rapport d’Ernst & Young Capital Confidence Barometer, alors que 70 % de leurs homologues internationaux ont ce même sentiment. Toutefois, tout ne se déroule pas sans quelques heurts.
«Dans l’ensemble, les sociétés canadiennes peuvent se permettre d’être un peu plus optimistes que d’autres. Nos marchés s’en sont plutôt bien tirés et les prix des marchandises sont à la hausse, affirme François Tellier, associé des Services consultatifs transactionnels d’Ernst & Young. Cependant, cet optimisme varie selon les secteurs et les régions. Les sociétés qui ont tenu le coup face à la crise financière sont maintenant à l’affût de nouvelles acquisitions et occasions. Celles qui ont été le plus rudement touchées se replient sur elles-mêmes choisissant de se concentrer sur leur efficacité opérationnelle et leur croissance interne.»
Le meilleur exemple selon M. Tellier est la prospérité des entreprises de produits de base en Alberta comparativement à la bataille des fabricants ontariens qui cherchent encore à se relever. «De bien des façons, à la sortie de la crise, l’économie canadienne se répartit inégalement entre les différents secteurs et les différentes entreprises. De là, la confusion des messages en F & A. Les entreprises prospères disposent d’énormes moyens et ont facilement accès au crédit.» D’après le sondage, le tiers d’entre eux cherchent à procéder à des acquisitions. Par contre, plusieurs entreprises continuent de se débattre pour obtenir du crédit, cherchent à vendre ou à assainir leur bilan pour devenir plus attrayants aux yeux des acheteurs.
Ainsi, d’après le Capital Confidence Barometer, les activités de F & A au Canada devraient rester assez stables au cours des six prochains mois en regard de la tendance mondiale qui prévoit une légère hausse de 3 %. Ceux qui envisagent des acquisitions n’ont pas nécessairement un trajet dénué d’embûches. De nouveaux obstacles se dressent devant les F & A :
- L’écart d’évaluation entre les attentes de l’acheteur et celles du vendeur s’élargit, près de 50 % des sociétés canadiennes sondées y voyant une préoccupation croissante et une cause de rupture d’accord.
- L’instabilité politique au Moyen-Orient complique les plans à long terme.
- L’incertitude économique continue en Europe et en Chine rend difficile l’élaboration de stratégies globales par les sociétés.
- Les actifs intéressants sont rares, ce qui donne lieu à une vive concurrence et à des évaluations encore plus élevées.
À long terme, les activités de F & A sont appelées à décroître légèrement. D’après le rapport, 48 % des entreprises canadiennes procéderont probablement à des acquisitions au cours des deux prochaines années, contre 51 % en octobre 2010. À l’échelle mondiale, la baisse est encore plus marquée, les répondants manifestant l’intention de procéder à des acquisitions dans une proportion de 44 % au cours des deux prochaines années, contre 54 % en octobre 2010.
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