Un intérêt étonnant pour les transactions malgré la turbulence du marché, selon Ernst & Young
(Montréal, le 3 octobre 2011) Malgré la tourmente économique et l’agitation des marchés, 41 % des multinationales prévoient effectuer une acquisition au cours des 12 prochains mois. C’est ce que révèle le récent rapport Global Capital Confidence Barometer (en anglais) d’Ernst & Young, fondé sur un sondage réalisé auprès de plus de 1 000 cadres supérieurs à l’échelle mondiale. Fait surprenant, il s’agit d’une légère augmentation par rapport au semestre précédent, malgré l’intense agitation des marchés au mois d’août, au moment où le sondage a été réalisé. Au Canada, 45 % des entreprises ont l’intention de faire une acquisition au cours de la prochaine année, soit 32 % de plus qu’en avril 2011.
«Le marché canadien bénéficie d’une véritable vague de confiance, de dire François Tellier, associé directeur du groupe Services consultatifs transactionnels d’Ernst & Young pour le Québec. Bien que la conjoncture continue d’être difficile, les F&A coexistent dorénavant avec la volatilité, ce qui devrait donner lieu à des possibilités de transaction très intéressantes.»
La très grande solidité des bilans et la priorité accordée au rendement opérationnel signifient que l’intérêt des sociétés à forte capitalisation pour les F&A ne s’émousse pas. Le consensus accru sur les prix des actifs pousse les entreprises à vendre à examiner les offres d’achat. Près des deux tiers des répondants (57 %) pensent que les évaluations se maintiendront à leur niveau actuel pendant les 12 prochains mois, ce qui entraînera une hausse de 30 % du nombre d'entreprises à vendre en comparaison du semestre précédent, tandis que 26 % des entreprises ont maintenant l’intention de se dessaisir d’actif au cours de l’année qui vient.
Selon le cinquième rapport semestriel Capital confidence barometer, près de la moitié des sociétés qui ont participé au sondage se concentreront sur la croissance au cours des 12 prochains mois, et seulement 7 % d’entre elles seront en mode de survie, le pourcentage le plus faible depuis la publication du premier rapport en 2009.
Pour Pip McCrostie, vice-présidente mondiale, Services consultatifs transactionnels chez Ernst & Young : «Une nouvelle dynamique de coexistence de l’activité de F&A et de la volatilité a fait son apparition. À l’heure actuelle, les sociétés chefs de file font fi des perturbations persistantes du marché et se concentrent sur la croissance et sur les F&A. Pour leurs dirigeants, il ne s’agit pas de la répétition de la crise de 2008. Au cours des trois dernières années, ils se sont efforcés de réduire le risque financier lié au bilan de leur société et de prendre les mesures draconiennes d’amélioration de l’efficience requises pour renforcer leur position et ainsi pouvoir gérer leur entreprise en période de volatilité.»
La grande solidité des bilans favorise les F&A
Trois années de priorisation de la gestion des capitaux sous-tendent la résilience des sociétés qui pourraient vouloir examiner des offres d’achat. Les grandes sociétés sont en bien meilleure posture qu’en 2008. Leur bilan s’est considérablement renforcé. En outre, les entreprises ont amélioré la structure de leur capital en diminuant les frais d’intérêt et en prolongeant les échéances. La dette globale a fondu, et 61 % des sociétés mondiales et 82 % des sociétés canadiennes ont un coefficient d’endettement inférieur à 25 %, tandis que 78 % des sociétés mondiales et 63 % des sociétés canadiennes ont l’intention de réduire davantage leur endettement au cours des 12 prochains mois.
Les perspectives de bénéfices des sociétés sont relativement encourageantes, puisque près de la moitié (47 %) des répondants sont convaincus que les bénéfices se stabiliseront et qu’un autre tiers des participants croient que le potentiel de bénéfices est positif. Qui plus est, les conditions de financement se sont améliorées, et 68 % des répondants affirment que les conditions du marché financier sont à tout le moins stables.
La confiance des entreprises surprend, en dépit de l’incertitude du marché
Bien que le ralentissement de la croissance mondiale soit source de préoccupation, bon nombre des dirigeants des sociétés chefs de file sont étonnamment optimistes à l’égard de l’économie de leur pays et des perspectives mondiales à long terme. Le recul de la croissance aux États-Unis jumelé à l’abaissement de la note du pays et à l’escalade de la crise de la dette souveraine dans la zone euro ont provoqué une intense activité boursière à la date du sondage. Malgré cela, les deux tiers (63 %) des répondants ont l’impression que l’économie mondiale est au moins stable. La confiance est particulièrement élevée dans des secteurs comme l’énergie et les services publics, le pétrole et le gaz et les mines et métaux.
Selon Pip McCrostie, «quantité d’entreprises mondiales, stimulées par la confiance dans leur économie locale, sont actuellement en bonne position pour faire des acquisitions puisqu’elles ont éliminé les risques liés à leur bilan et qu’elles disposent d’importantes réserves de liquidités. D’après le sondage, il semble que le contexte des F&A soit étonnamment favorable, la majorité des répondants ayant exprimé leur optimisme à l’égard du nombre et de la qualité des possibilités de transaction et de la probabilité, pour eux, de conclure des transactions. Le fait que les acquéreurs potentiels et les entreprises à vendre s’entendent sur la stabilité et le caractère raisonnable du prix des actifs est un facteur crucial qui se traduira par une augmentation notable du nombre d’entreprises cherchant à faire l’objet d’une acquisition.»
Les marchés émergents sont la principale cible des investissements
Les marchés les plus attrayants sur le plan des investissements sont, selon le sondage, la Chine, l’Inde, le Brésil, les États-Unis et l’Australie. Mis à part les pays du BRIC, la Malaisie, le Mexique et l’Argentine sont les trois marchés émergents les plus populaires en termes d’investissements. Plus d’un tiers des répondants ont mentionné qu’ils souhaitaient réaliser une F&A afin d’obtenir une part d’un nouveau marché.
«Il est absolument nécessaire que les sociétés chefs de file d’aujourd’hui élaborent une stratégie relative aux marchés émergents, ajoute Mme McCrostie. Toute société qui veut équilibrer son portefeuille d’entreprises doit être présente sur les marchés émergents et effectuer des transactions sur les marchés développés.»
«Les marchés émergents d’Asie sont parmi les plus intéressants, en raison de leur potentiel de forte croissance qui offre une protection contre la volatilité actuelle des marchés développés.»
Des obstacles aux F&A subsistent, mais des transactions stratégiques sont à prévoir
Une grande majorité des répondants (87 %) sont préoccupés par les pressions réglementaires de plus en plus nombreuses qui pourraient nuire à la croissance. Le risque lié à la réglementation, notamment la réforme bancaire et financière, pourrait faire dérailler la croissance, ce qui se répercuterait sur l’ensemble des secteurs et des régions.
«La réglementation est un obstacle potentiel, conclut Pip McCrostie. Mais la question fondamentale demeure l’économie. Bien que les répondants aient adopté une attitude remarquablement saine face aux F&A compte tenu de la conjoncture actuelle, la transformation de la dépression en récession mondiale à double creux signifierait la fin des transactions.»
«Les sociétés canadiennes sont soutenues par la solidité de la structure de leur dette, les faibles taux d’intérêt, un dollar canadien fort et un contexte réglementaire très favorable, ajoute M. Tellier. La combinaison de ces facteurs avec le fait que 66 % des répondants affirment que l’économie est stable ou s’améliore se traduit par un climat propice à la conclusion de transactions », conclut-il.
À propos du sondage
Le rapport Capital confidence barometer d’Ernst & Young est fondé sur un sondage réalisé auprès de plus de 1 000 cadres supérieurs de grandes sociétés partout dans le monde et à l’échelle des secteurs. L’objectif du sondage est de jauger la confiance des entreprises dans les perspectives économiques, de comprendre les priorités des conseils d’administration pour les 12 prochains mois et de recenser les nouvelles pratiques en matière de gestion capitaux au fil de l’évolution de l’économie. Ce rapport semestriel est le cinquième d’une série de rapports qui a vu le jour en novembre 2009.
À propos d’Ernst & Young
Ernst & Young est un chef de file mondial des services de certification et fiscalité, services transactionnels et services consultatifs. À l’échelle mondiale, les 141 000 membres de notre personnel sont unis par nos valeurs partagées et un engagement indéfectible envers la qualité. Nous nous distinguons en aidant nos gens, nos clients et nos collectivités à réaliser leur potentiel.
