Les dirigeants mettent le cap sur les marchés émergents, mais les Canadiens demeurent prudents, selon Ernst & Young
(Montréal, le 5 décembre 2011) Près de 40 % des entreprises partout dans le monde planifient déplacer une part de l’investissement étranger des marchés développés vers les marchés émergents d’ici cinq ans, selon le dernier article du Economist Intelligence Unit Le Canada dans une économie mondialisée : une perspective d’investissement, commandité par Ernst & Young.
Cette tendance a des répercussions importantes non seulement sur les sociétés canadiennes dans leur rôle d’investisseurs, mais aussi pour le Canada comme destination de l’investissement.
«Les marchés émergents représentent plus de la moitié de tous les investissements directs mondiaux aujourd’hui, ce qui démontre une tendance toujours à la hausse qui devrait se poursuivre», dit Luc Charbonneau, associé des Services de certification et leader des Services à l’entrepreneuriat d’Ernst & Young pour le Québec, qui souligne l’attrait d’une prévision de croissance de 6 % pour ces marchés en 2012 par rapport à seulement 1,7 % dans les marchés développés. «Les sociétés canadiennes ne pourront que bénéficier de cette tendance comme investisseurs, mais elles ne sont pas prêtes à abandonner la stabilité et le contexte commercial favorable offerts par les marchés nationaux et développés.»
Le sondage, qui a interrogé 195 dirigeants du Canada et d’autres pays, révèle que 40 % de ceux qui investissent déjà dans les marchés en développement prévoient une hausse de 20 % ou plus en bénéfices provenant des investissements étrangers cette année. Parallèlement, il démontre que tout le monde ne se précipite pas pour suivre la tendance; 34 % des entreprises interrogées n’ont aucune intention de déplacer leurs investissements des marchés en développement vers les marchés émergents au cours des cinq prochaines années.
Bien que les dirigeants canadiens soient attirés par des marchés plus grands ou des marchés en croissance pour impartir leur production ou pénétrer de nouveaux marchés, ils demeurent davantage enclins à investir dans les marchés développés, évoquant des préoccupations relatives à l’instabilité politique et économique, des doutes sur les rendements potentiels et les défis posés par la main-d’œuvre des économies émergentes.
M. Charbonneau valorise une approche réfléchie des possibilités des marchés en développement, en rappelant que les sociétés canadiennes qui cherchent à investir à l’étranger ne devraient pas juste suivre la dernière mode ou le marché présentant la plus forte croissance. «Il est peu probable que les sociétés canadiennes gagneront si elles suivent le mouvement ou adoptent une attitude du “moi aussi”. L’expansion vers un marché en développement requiert une stratégie taillée sur mesure et une évaluation attentive de la meilleure association entre les offres et gammes de produits uniques de l’entreprise et les ressources actuelles et futures de chaque marché.»
En ce qui concerne la propre position du Canada comme destination d’investissement privilégiée pour les sociétés non canadiennes en quête d’expansion, M. Charbonneau dit que les Canadiens ne devraient pas s’inquiéter de perdre leur position à l’avantage des marchés en développement. «On pourrait penser que ce virage devrait sonner l’alarme pour les Canadiens qui espèrent attirer des investissements de sociétés non canadiennes, mais en fait, le Canada est destiné à bien s’en sortir grâce à un déplacement accéléré du centre de gravité économique mondial des pays développés vers les pays en développement.»
Pour la plupart des participants au sondage, un contexte d’affaires favorable demeure un critère essentiel pour évaluer les cibles, en donnant aux pays développés l’avantage par rapport aux pays en développement pour attirer les investisseurs. Ceci est particulièrement le cas pour le Canada étant donné son accès facile au marché des États-Unis grâce à l’ALENA, son contexte d’affaires stable, sa longue tradition d’accueil des investisseurs étrangers de même qu’une croissance plus vive que dans tout autre pays du G7.
Pour qu’il demeure concurrentiel, M. Charbonneau avertit cependant que le «Canada doit continuer à promouvoir avec dynamisme son image de destination attrayante pour les investissements, à attirer activement les investissements étrangers, à fournir un environnement réglementaire favorable et à privilégier une culture entrepreneuriale». Un tiers seulement des répondants considèrent que le Canada présente des perspectives de croissance de marché supérieures et très peu d’entre eux, dont des Canadiens, ont le sentiment qu’il offre une solide culture entrepreneuriale.
Dans un contexte macroéconomique instable, la meilleure stratégie du Canada est de continuer à promouvoir son potentiel entrepreneurial pour attirer les investissements et soutenir les stratégies de croissance de ses sociétés, à l’échelle nationale et internationale.
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