Alerte générale pour les sociétés minières face à la crise dans l’approvisionnement des terres rares, selon Ernst & Young

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(Montréal, le 11 mai 2011) L’envolée de la demande des métaux terreux rares – utilisés pour produire presque tout, depuis les téléphones intelligents, le matériel informatique jusqu’aux éclairages éconergétiques – est porteuse de nouvelles, mais périlleuses, occasions pour les sociétés minières au Canada et partout dans le monde, indique Ernst & Young.

«Les métaux terreux rares alimentent la production de produits de haute technologie et de produits écologiques. Il est prévu que la demande bondisse de plus de 60 % au cours des cinq prochaines années seulement», déclare Zahid Fazal, associé d’Ernst & Young et leader du secteur des mines pour le Québec. «Le problème, c’est que la part de la Chine couvre pratiquement toute la production de terres rares et que les restrictions imposées par ce pays à l’exportation provoquent la hausse des prix. De plus, la consommation intérieure de matériaux de terres rares en Chine devrait dépasser l’offre entre 2012 et 2015.»

M. Fazal précise que la situation représente une occasion unique pour les entreprises canadiennes et autres de remonter la chaîne d’approvisionnement hors Chine. Alors que cela pourrait contribuer à éviter une pénurie de l’offre et limiter l’augmentation des prix, le risque plus élevé de ces projets pourrait néanmoins poser des défis supplémentaires au sein de la structure.

«Nous constatons déjà l’arrivée sur le marché de projets lancés par des entreprises pour combler le déficit estimé de l’offre», explique M. Fazal. «Mais dans la mesure où ces projets sont risqués, il peut se révéler difficile de mettre en place le financement adéquat et nous pourrions assister à une recherche de liquidités acharnée auprès d’un nombre limité d’investisseurs».

Dans un nouveau rapport, Technology minerals: The rare earths race is on!, Ernst & Young constate que mis à part le financement, la pénétration rapide du marché et le choix des minerais seront essentiels à la réussite d’une entreprise dans cette nouvelle sphère.»

«Cela va être une course jusqu’au fil d’arrivée pour développer les prochains actifs de production. Les entreprises qui accèdent en premier à la production sont plus susceptibles d’accaparer les majorations de prix actuelles, le marché étant susceptible de réagir de très près aux futures augmentations de l’offre », dit M. Fazal. «Bien sûr, de tels efforts à haut risque peuvent se traduire par des gains importants pour celles qui réussissent.»

Des précurseurs comme l’américaine Molycorp et l’australienne Lynas, par exemple, devraient produire bien plus de 20 % de l’offre mondiale estimée pour 2013. Cependant, même si elles mènent dans le secteur des terres rares légères, il reste encore du temps aux acteurs verticalement intégrés de se développer dans le secteur des terres rares lourdes où les premiers arrivés bénéficieront aussi d’un très net avantage.

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