Les désinvestissements, le moyen efficace d’optimiser le portefeuille

(Article paru dans Premières en Affaires, août 2013)

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Par Mylène Levac-Wolf, associée Services consultatifs transactionnels, EY

Un environnement de faible croissance et de volatilité exige des sociétés qu’elles adoptent une pproche structurée et stratégique de la gestion du portefeuille. Pour répondre aux attentes des actionnaires et réaliser la valeur maximale de leurs actifs, les sociétés doivent examiner soigneusement le rendement de chaque composante de leur portefeuille et évaluer s’il cadre bien avec les grands objectifs stratégiques.

Les désinvestissements et les morcellements devraient former une partie primordiale de ce processus, en aidant les sociétés à se concentrer sur les actifs qui sont le mieux en mesure de créer de la valeur pour les actionnaires et à se départir de ceux qui peuvent être mieux gérés par d’autres.

Même si de nombreuses sociétés ont établi une gestion rigoureuse des fusions et acquisitions, certains dirigeants, dans le cas de désinvestissements et de morcellements, se sont tout simplement empressés de « se débarrasser de ces actifs », se précipitant pour vendre une entreprise ou des actifs sans négocier la transaction avec fermeté — laissant éventuellement de l’argent sur la table ou faisant abstraction d’occasions stratégiques.

Les acquéreurs et les vendeurs font face à une grande incertitude dans le contexte économique actuel. L’accent devrait donc être mis sur une préparation rigoureuse, le contrôle préalable et la nécessité de rassurer les parties prenantes externes sur les motifs du désinvestissement ou du morcellement. Car même si le travail du vendeur, à quelques exceptions près, est pratiquement terminé lorsque la transaction est conclue, le périple de l’acquéreur, toutefois, commence à peine.

En passant en revue la transaction à la fois du point de vue de l’acquéreur et du vendeur, les dirigeants peuvent éviter les surprises, mieux apprécier de quelle façon la valeur peut être créée ou détruite et, en faisant le suivi, améliorer davantage une transaction profitable.

Parmi les meilleures pratiques qui aident les vendeurs à garantir la réussite des désinvestissements et des morcellements, notons: - l’exercice d’une gestion du portefeuille structurée et régulière pour atteindre les objectifs stratégiques; - l’examen de l’ensemble des acquéreurs éventuels, y compris les acquéreurs stratégiques et financiers, nationaux et étrangers;

  • la compréhension des motivations de l’acquéreur
  • la préparation rigoureuse et proactive du processus de désinvestissement
  • l’évaluation de l’incidence du morcellement sur la continuité de l’exploitation, sur les flux de trésorerie liés aux activités poursuivies et sur la structure fiscale.

Du point de vue de l’acquéreur, les meilleures pratiques consistent en ce qui suit:

  • une compréhension la plus exacte possible des limitations de la cible très tôt dans le processus d’acquisition pour recenser et valider les occasions de synergies et les défis éventuels
  • l’évaluation des coûts initiaux et permanents dans le but de juger de façon indépendante de la valeur économique réelle
  • la priorisation des préparatifs visant à maintenir la valeur et à en prévenir la perte
  • dans le cadre d’une convention de services de transition, la concentration sur les détails pour garantir une intégration efficace

Les désinvestissements et les morcellements sont souvent complexes et peuvent poser de nombreux défis, tant pour les vendeurs que pour les acquéreurs. Bien que le vendeur cherche à maximiser la valeur réelle et que l’acquéreur tente d’obtenir le prix le plus bas, n’oublions pas que tous deux partagent de nombreux objectifs, soit la préservation de la valeur, la réduction de l’incertitude, la création d’une structure fiscale efficace, la minimisation des distractions, le maintien de la crédibilité, l’amélioration de la réputation, une séparation sans heurts et une atténuation des différends postclôture.


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