Baromètre de la confiance des entreprises - Canada - Octobre 2013 à Avril 2014

Fusions et acquisitions

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Stabilité de l’appétit pour la conclusion de transactions

Le «paradoxe sur le plan de la confiance», soit l’écart entre les perspectives sur le marché transactionnel et la volonté des entreprises de s ’engager dans des transactions (selon les résultats présentés dans le Baromètre en avril 2013), se confirme au Canada.

Pour la première fois depuis deux ans, plus de 40 % des cadres supérieurs américains affirment que leur entreprise a l’intention de faire une acquisition, et ont ainsi davantage confiance que les cadres supérieurs canadiens, dont 33 % sont du même avis. Ce résultat pour les répondants canadiens est inchangé par rapport au numéro précédent du Baromètre. Les cadres supérieurs américains partagent les attentes de leurs homologues canadiens quant à l’augmentation des volumes transactionnels sur leur marché local, mais les entreprises américaines n’ont pas l’intention d’attendre que le marché transactionnel renoue avec la croissance avant de passer elles-mêmes à l’action sur ce plan.

Tous les facteurs fondamentaux du marché transactionnel, de l’accès au crédit jusqu’à la confiance dans l’économie, se sont améliorés au cours de la dernière année. Les entreprises ont optimisé leur structure de capital, comme en témoigne leur stratégie de croissance. Cependant, les cadres supérieurs canadiens affirment toujours que leur entreprise a l’intention de continuer à faire preuve de prudence au cours des 12 prochains mois, contrairement aux cadres supérieurs américains.

Contexte transactionnel inchangé au Canada

  • Maintien prévu des volumes de transactions au niveau actuel
    Tandis que 52 % des cadres supérieurs américains prévoient une augmentation des volumes de transactions au cours des 12 prochains mois, les cadres supérieurs canadiens qui ne prévoient pas d’augmentation à l’échelle mondiale sont plus nombreux que ceux qui s’attendent à une augmentation modeste, ce qui marque une différence par rapport à il y a six mois. Les attentes sont les mêmes quant aux transactions prévues sur le marché national, bien que 48 % des cadres supérieurs canadiens prévoient une augmentation des volumes transactionnels au Canada, ce qui constitue un recul, comparativement aux 66 % qui se sont dits de cet avis en avril 2013. Leur opinion diverge de celle exprimée par leurs homologues américains, malgré leur confiance accrue à l’égard des principaux facteurs fondamentaux : confiance dans l’économie, accès au crédit et création d’emploi.
  • Pas de changement quant aux attentes en matière de F&A — Pour la première fois depuis deux ans, les entreprises canadiennes moins nombreuses que les entreprises américaines à prévoir faire une acquisition
    Nous avons observé une hausse marquée du pourcentage d’entreprises américaines prévoyant faire une acquisition : 41 % s’attendent à s’engager dans une transaction au cours des 12 prochains mois, comparativement à 23 % il y a un an. Au cours de la même période, la tendance opposée a été observée au Canada, où le pourcentage des cadres supérieurs affirmant que leur entreprise prévoyait faire une acquisition est passé de 44 % il y a un an à 33 % en avril 2013. Ce résultat n’a pas changé depuis. Toutefois, à l’instar de leurs homologues américains, les cadres supérieurs canadiens considèrent que le nombre et la qualité des possibilités d’acquisition ont augmenté, de même que la probabilité de clore des transactions.

EY - Vous attendez-vous à ce que votre entreprise procède à des acquisitions et quel est votre degré de confiance dans les éléments suivants à l’échelle locale?

Attentes en hausse à l’égard des évaluations et de l’envergure des transactions

  • Meilleures dispositions à l’égard des transactions importantes
    Nous avons constaté une amélioration dans les deux plus grandes catégories de transactions : 32 % des cadres supérieurs canadiens disent envisager des transactions supérieures à 501 millions $ US, comparativement à 13 % il y a six mois. L’augmentation la plus marquée touche les transactions de plus de 1 milliard $ US – les transactions transformationnelles qui ont tendance à donner le ton dans l’environnement des transactions. Ces attentes à l’égard de transactions de plus grande envergure sont plus optimistes qu’aux États-Unis, où 20 % des cadres supérieurs prévoient que les transactions dépasseront la fourchette de 501 millions $ US. Le nombre de répondants américains qui s’attendent à des transactions dépassant 1 milliard $ US a en réalité diminué de 2 % au cours des six derniers mois. Ces changements indiquent peut-être un raffermissement en vue du contexte de conclusion des transactions.
  • Augmentation prévue des écarts d’évaluation
    À mesure que les volumes des transactions augmentent, une divergence naturelle s’installe entre les attentes des acquéreurs et des vendeurs à l’égard du prix. Les cadres supérieurs canadiens et américains s’attendent de plus en plus à un élargissement des écarts d’évaluation au cours des 12 prochains mois. Comme les acquéreurs et les vendeurs rajustent leurs attentes à des fréquences différentes, cet élargissement est un résultat naturel. La récente remontée des marchés boursiers américains indique elle aussi une augmentation des écarts d’évaluation.

EY - Quelle sera l’envergure des transactions prévues?

L’augmentation du volume des transactions à l’échelle mondiale sera probablement le fait des marchés établis

  • Les capitaux réservés pour des acquisitions seront surtout répartis entre les marchés établis
    Les économies développées devraient attirer la majorité des capitaux canadiens réservés pour des acquisitions au cours des 12 prochains mois, ce qui correspond au sentiment des Américains. Cette tendance est en grande partie attribuable à une reprise des économies établies, de même qu’à une perception de la sécurité et de la qualité des possibilités sous-jacentes.
  • Intérêt grandissant pour les marchés émergents
    Dans leur recherche de nouvelles possibilités stratégiques et d’une diversification de leurs portefeuilles, les cadres supérieurs canadiens demeurent d’un optimisme prudent à l’égard de leur concentration sur les marchés émergents. Chez les cadres supérieurs canadiens, 44 % se disent davantage intéressés par les marchés émergents qu’il y a un an, proportion légèrement plus faible que chez les répondants américains, à 50 %.
  • Le ralentissement de la croissance sur les marchés émergents exigera plus de rigueur dans les transactions
    Bien que certains marchés émergents aient connu une croissance plus lente, les cadres supérieurs restent en grande partie optimistes quant aux possibilités qu’ils offrent, pourvu qu’une plus grande rigueur soit appliquée dans la conclusion des transactions. Les répondants américains se montrent plus optimistes à l’égard de ces marchés que les répondants canadiens, et une plus grande proportion de ces derniers ont également interrompu pour l’instant leurs stratégies relatives aux marchés émergents.

EY - Dans quelle mesure votre attitude quant à la perspective d’investir sur les marchés émergents a-t-elle évolué par rapport à il y a un an?

Les désinvestissements sont essentiels à la création d’une valeur stratégique

  • Réalisation des objectifs des entreprises, grâce aux désinvestissements
    Reconnus pour leur valeur stratégique, les désinvestissements sont un outil efficace permettant aux entreprises de réaliser divers objectifs. Les sociétés canadiennes signalent qu’elles continuent de se concentrer sur les actifs essentiels et d’améliorer la valeur pour les actionnaires, tandis que les répondants américains cherchent davantage à se défaire de leurs divisions non performantes à mesure qu’ils optimisent leurs structures de capital et se concentrent sur leurs activités principales. Dans un contexte où le crédit est maintenant plus facilement accessible au Canada comme aux États-Unis, moins d’entreprises prévoient recourir à des désinvestissements comme moyen de mobiliser des capitaux.
  • La participation à des coentreprises, un type de désinvestissement privilégié par les entreprises canadiennes
    Dans une proportion de 37 %, la participation d’une division à une coentreprise est ressortie comme la principale forme de désinvestissement au Canada. Alors que les cadres supérieurs américains indiquent une préférence pour la vente pure et simple de divisions (57 %), seulement 25 % des répondants canadiens préfèrent cette approche. Au Canada et aux États-Unis, on s’intéresse moins à la création d’un désinvestissement sous la forme d’une scission partielle ou d’un PAPE.