Baromètre de la confiance des entreprises - Canada - Avril 2013 à Octobre 2013

Perspectives économiques

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Regain de la confiance dans l’économie mondiale

Dans l’ensemble, la confiance dans l’économie s’est nettement améliorée depuis octobre 2012. Globalement, 81 % des répondants canadiens pensent que l’économie mondiale est stable ou qu’elle s’améliore, ce qui marque une progression par rapport à octobre 2012 (36 %) et à avril 2012 (75 %).

L’état d’esprit des cadres supérieurs à l’égard de l’économie mondiale s’est amélioré dans la plupart des pays. Les États‑Unis, qui servent souvent de baromètre économique, ont aussi revu nettement à la hausse les prévisions relatives à la situation économique mondiale.

ALes répondants canadiens continuent de reprendre confiance dans leur économie locale, se montrant même davantage confiants que leurs homologues américains à ce chapitre, ce qui n’est peut-être pas surprenant.

Cependant, les répondants de certains pays à l’économie parvenue à maturité manquent de confiance à l’égard de celle-ci, ce qui a probablement un effet négatif sur les dépenses d’investissement et l’activité transactionnelle.

54% des répondants canadiens pensent que l’économie mondiale s’améliore, comparativement à seulement 22 % en octobre 2012

Regain de la confiance confirmé par les principaux indicateurs économiques

Plusieurs des principaux indicateurs économiques témoignent du regain de la confiance des répondants canadiens. La moitié d’entre eux sont positifs à l’égard de la croissance économique mondiale, ce qui marque un sommet en deux ans. La confiance à l’égard de l’accès au crédit s’est aussi considérablement accrue au cours des six derniers mois, et la confiance à l’égard de la stabilité des marchés à court terme a plus que doublé. Toutefois, bien que les répondants canadiens soient plus positifs qu’il y a six mois à l’égard de la croissance de l’emploi (44 %) et des bénéfices de l’entreprise (42 %), les répondants des États-Unis et d’ailleurs dans le monde le sont davantage.

Veuillez évaluer votre degré de confiance à l’égard des indicateurs suivants à l’échelle mondiale

Veuillez évaluer votre degré de confiance à l’égard des indicateurs suivants à l’échelle mondiale

TCes perspectives de plus en plus positives, jumelées à l’état d’esprit favorable que suscite le cadre réglementaire pour la croissance des entreprises, se traduiraient normalement par une augmentation des dépenses d’investissement et des fusions et acquisitions. Toutefois, ce regain de la confiance ne s’est pas encore matérialisé.

Faible croissance économique attendue

Globalement, 77 % des répondants canadiens s’attendent à une reprise de l’économie mondiale et 86 % prévoient une reprise de l’économie canadienne. La plupart des répondants canadiens reconnaissent toutefois qu’il est peu probable que la croissance atteigne les sommets de 2006 et 2007, car l’incertitude économique qui a suivi cette période avait tellement duré que les comportements cycliques types ont changé.

Persistance des risques économiques mondiaux

Les risques liés aux marchés mondiaux sont bien connus des conseils d’administration des entreprises. Un ralentissement de la croissance sur les marchés émergents représente le plus grand risque de marché pour les entreprises canadiennes, ce risque surpassant en importance les enjeux liés au plafond d’endettement aux États-Unis et à la situation actuelle dans la zone euro. Si de nombreuses entreprises ont ajusté leurs stratégies afin de neutraliser ces risques, d’autres les perçoivent comme une source de possibilités.

Une création d’emplois révélatrice d’une croissance planifiée

Des répondants canadiens, 37 % prévoient recruter des talents ou créer des emplois, soit une proportion supérieure à celle d’octobre 2012, mais encore inférieure à celle des répondants américains. De façon plus encourageante, 13 % des répondants canadiens affirment que leur entreprise prévoit réduire son effectif, ce qui représente une baisse par rapport à 20 % il y a six mois. Ce sentiment est encore une fois plus marqué au Canada qu’aux États-Unis, où seulement 6 % des répondants affirment que leur entreprise prévoit réduire son effectif, soit le plus bas niveau en deux ans.

Point de vue

Le dilemme de la croissance

À quel moment l’aversion pour le risque devient-elle un risque en soi?

Dans plusieurs numéros du Baromètre de la confiance des entreprises, nous avons observé une coupure entre la conjoncture macroéconomique et les mesures mises en place par les entreprises, c.-à-d. que l’amélioration de la confiance et des fondamentaux économiques n’a pas donné lieu à la reprise de l’activité sur le marché des fusions et acquisitions.

On comprend les entreprises d’user de prudence. La crise financière mondiale s’est étirée, laissant parfois entrevoir une reprise qui ne s’est jamais matérialisée. Dans ce contexte de crise qui perdure, les dirigeants d’entreprise de la nouvelle génération ont en grande partie assuré la croissance de leur entreprise au moyen de mesures internes ou d’efforts d’optimisation. Ils ont généralement été récompensés par les conseils d’administration pour leur prudence.

Nous approchons cependant du point où il est risqué de maintenir cette prudence. Les entreprises qui cherchent à dégager une croissance peuvent devoir prendre un risque avisé pour atteindre leurs objectifs stratégiques et devancer leurs concurrents. L’avantage du précurseur est toujours d’actualité, même sur les marchés d’aujourd’hui.

Les entreprises chefs de file préparent le terrain pour passer à l’action lorsque le moment sera venu. Elles doivent donc cibler le programme Enjeu Capital : affiner la structure de leur capital, définir leurs activités essentielles, effectuer des désinvestissements au besoin et mettre en place une gestion des risques et une gouvernance appropriées. Qui plus est, il faut se poser les bonnes questions, comme «Sur quels marchés voulons-nous croître?», et «Que faut-il faire pour réussir?».