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Mettre l'accent sur l'avenir - Ernst & Young - France

Se projeter dans l'avenirExtrait de "Citizen Today"

Les entreprises comme les citoyens latino-américains ont été durement touchés par la crise financière. L’adversité laisse néanmoins la place à des opportunités qui contribueront à la croissance future, selon Tomas Fernandez et Sergio Citeroni.

Ce qui a commencé comme un problème isolé aux États-Unis dans le secteur immobilier à l’été 2007 est finalement s’est transformé en une crise financière internationale. L’Amérique latine n’a pas fait exception.

En février, Rebeca Grynspan, Directrice régionale du Programme de développement des Nations Unies, a prédit que la crise pourrait entraîner la perte de 2,4 millions d’emplois. Peu de secteurs étant à l'abri, tous les habitants de la zone ont été touchés : des usines automobiles du Mexique aux sites de construction du Pérou en passant par les usines d’aviation du Brésil, les pertes d’emplois ont été considérables.

Bien que les fluctuations du prix du pétrole aient également jeté le doute sur les dépenses sociales dans les grands pays exportateurs comme l’Équateur ou le Venezuela, de nombreux gouvernements latino-américains - comme leurs homologues du monde entier - ont tenté de lutter contre les pires effets de la crise financière et lancé diverses politiques publiques. Par exemple, les administrations chilienne et péruvienne se sont engagées à augmenter les dépenses publiques de près de 10 % cette année, en grande partie pour des infrastructures comme les routes et le logement. Des pays comme le Mexique et le Salvador combattent la pauvreté extrême dans les zones rurales au moyen de transferts monétaires.

Pour approfondir sa connaissance de l’impact de la crise financière sur le marché régional, Ernst & Young a interrogé 112 dirigeants d’entreprises de différents secteurs en Amérique centrale, au Panama et en République dominicaine, entre septembre et novembre 2008.

« Les entreprises doivent se concentrer sur l’équilibre entre leurs besoins immédiats de survie et leur croissance à long terme »

Pour les entreprises, les trois conséquences les plus importantes de la crise financière mondiale sont l’augmentation des coûts d’emprunt, l’accès limité au crédit et la hausse des coûts d’exploitation. Ensuite viennent les facilités de crédit pour lesquelles les examens des garanties sont plus stricts, les échéances plus courtes, et d’autres conditions sont prises en compte. Les décideurs ont également exprimé leur préoccupation quant à l’impact des ventes annulées en raison de la baisse de la demande et de la stagnation des recouvrements.

Du fait de la détérioration des conditions de crédit, 47 % des dirigeants ont indiqué avoir senti une pression accrue sur leurs flux de trésorerie. Cependant, 58 % ont dit qu’ils ne répercutaient pas les augmentations de coûts sur leurs clients, partant les entreprises connaîtront une réduction de leurs marges bénéficiaires. L’exception a été le secteur financier, où 75 % des personnes interrogées ont dit qu’elles répercutaient les coûts aux clients, ce qui se traduit par une hausse des taux d’intérêt dans toute la région.

L’augmentation des restrictions sur les sources traditionnelles de financement obligent le marché à être plus agressif dans la recherche et l’utilisation de sources alternatives de crédit, les entreprises agissant beaucoup plus prudemment et analysant de près tous les projets d’investissement.

Face à cette réalité, ils sont 70 % à déclarer étudier d’éventuels instruments de dette de substitution tels les emprunts subordonnés, les financements mezzanine (dette/fonds propres convertibles en actions), les actions privilégiées, etc.

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Les effets de la crise financière sur l'Amérique latine

  • Panama connaît une baisse de l’activité dans la zone franche de Colon, une diminution du tonnage passant par le canal de Panama et un ralentissement du tourisme.
  • Le Panama et la République dominicaine prévoient une tendance de la consommation plutôt stable et des politiques de crédit plus rigoureuses.
  • Le Guatemala s’attend à une baisse de ses exportations et du tourisme, et le Honduras prévoit de nouvelles réductions des exportations, principalement vers les États-Unis et l’Europe.
  • Le Salvador subit une augmentation du taux de défaut de paiement des clients du système bancaire, des restrictions de crédit, et la prévision d’un impact négatif sur la consommation locale en raison de la diminution des fonds disponibles.
  • Le secteur du textile commence à ressentir les conséquences de la situation actuelle au Nicaragua, où les exportations et la consommation baissent.
  • Au Costa Rica, les secteurs de l’immobilier et du tourisme ont été gravement touchés.


À propos des auteurs 
Tomas Fernandez est Associé de la branche Transaction Advisory Services chez Ernst & Young en Amérique centrale, en République dominicaine et au Panama. Sergio Citeroni est Associé de la branche Assurance chez Ernst & Young au Brésil.

Sommaire 

    Brésil, la croissance par l'innovation 
    NEW  Citizen Today

    Magazine Citizen Today L’objectif de cette publication est de contribuer au débat public en vous proposant des témoignages de décideurs publics et d’experts qui partagent avec vous leurs points de vue sur des sujets d’actualité et vous livrent leur vision prospective du service public.
    En donnant la parole aux acteurs publics de nombreux pays, Citizen Today vous fait découvrir des pratiques et cultures différentes, qui, nous l’espérons, vous permettra d’apprendre de ces expériences partagées. 


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