Avec la chute des investissements étrangers qu’entraîne la récession, l’Europe est également menacée à long terme par les autres centres de l’économie mondiale, estime Marc Lhermitte.
Cinq années de croissance soutenue des investissements étrangers en Europe ont pris fin en 2008. La septième enquête Ernst & Young sur l’attractivité européenne — qui a examiné à la fois les investissements directs étrangers et l’attitude des investisseurs mondiaux – a révélé que, 3 718 investissements en Europe ont été annoncés en 2008, soit seulement six projets de plus qu'en 2007.
Le nombre de projets est resté stable, mais l’impact de la récession imminente sur la création d’emplois a été clair. Les créations d’emplois ont chuté de 16 % à 148 333, accentuant une tendance à la baisse amorcée dès 2004. Du fait de la chute des recettes et de l’augmentation des coûts d’exploitation, les projets ont été réduits et certains arrêtés. De nombreuses entreprises ont suspendu leur expansion vers de nouveaux marchés ou géographique ainsi que leurs acquisitions. Jusqu’à présent, certains secteurs ont mieux géré la récession que d’autres. Celui des machines et équipements a affiché une hausse de 19 % de l’investissement direct étranger (IDE) en raison d’une forte augmentation des projets à faible intensité carbonique, tels que la fourniture d’éoliennes, de composants pour l’énergie solaire et de piles à combustible.
« Les entreprises clairvoyantes vont se positionner pour gagner des parts de marché et accéder au secteur des industries renouvelables »
Les industries renouvelables font partie des principaux gagnants en raison des nouvelles opportunités du marché vert, avec près de 6 000 nouveaux emplois IED en 2008. Les entreprises clairvoyantes vont se positionner pour gagner des parts de marché et avoir accès à ce secteur.
L’infogérance et les services financiers et d’affaires ont été les premières victimes de la récession alors que leurs clients étaient à la peine, en particulier au Royaume-Uni, en France et en Espagne. On enregistre une baisse de 33 % de créations d’emplois dans ces secteurs pour ces pays-là en 2008. Les anciennes destinations favorites des IDE, République tchèque, Slovaquie et Turquie ont vu les chiffres chuter de façon spectaculaire, en particulier dans l’automobile et l’électronique.
Le climat d’incertitude a entraîné un déplacement temporaire des investisseurs vers des marchés plus familiers. Dans l’immédiat, les entreprises voient l’Europe comme un havre sûr pour leurs investissements.
Selon l’enquête, qui a interrogé 809 investisseurs mondiaux en février 2009, l’Europe occidentale (40 %) et l’Europe centrale et orientale (39 %) étaient au coude à coude en tant que régions les « plus sûres » - l’endroit le plus attrayant pour s’établir ou étendre ses opérations.
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À propos de l'auteur
Marc Lhermitte est Associé chez Ernst & Young France. Il conseille les entreprises sur les stratégies de localisation internationale et les clients du secteur public sur le développement économique, l’immobilier et les questions de compétitivité.