C’est en augmentant son contrôle sur les investissements en matière d’infrastructures que le gouvernement indien stimulera la reprise économique et jettera les bases d’une croissance à long terme, déclare Siddhartha Das.
Avec des trains et des métros surpeuplés et un réseau routier de 3,3 millions de kilomètres souvent saturé, il est bien rare que l’on puisse dans les grandes villes indiennes se rendre facilement à son travail.
Il ne s’agit pas là de la seule pression sur le système de transports. Les données de la Banque mondiale montrent que parallèlement à un taux de croissance annuel de l’économie de 8 %, la production d’électricité ne suit qu’au rythme de 4 %. En 2007, selon The Economist, les pics de demande dépassaient l’offre de près de 15 %, laissant quelque 600 millions d’Indiens sans aucun accès au réseau électrique.
« La clé de la réussite des récentes opérations dans les routes, l’électricité et les ports a été la décision d’augmenter la participation de l’État au processus d’investissement »
Rien de surprenant à ce qu’en Inde – pays extrêmement pauvre au moment de son indépendance en 1947 – les infrastructures n’aient pas suivi le rythme de croissance économique des dernières années dans un pays qui compte plus d’un milliard d’habitants. L’Inde apparaît aujourd'hui comme un leader mondial dans des secteurs comme l’informatique, l’externalisation de processus d’entreprise et les produits pharmaceutiques.
Et pourtant, les progrès de l’Inde n’ont pas été généraux. À Mumbai, la plus grande ville d’Asie du Sud, la bonne santé de l’économie n’empêche pas la moitié de ses 17 millions d’habitants de vivre dans des taudis. La crise financière mondiale, elle aussi, a un impact ; les données de la Banque mondiale montrent que la croissance a glissé et n’a été que de 5,3 % au dernier trimestre 2008 contre plus de 9 % au cours des quatre années précédentes. Un ralentissement qui aura nécessairement de graves incidences en termes de pauvreté compte tenu des pertes d’emplois attendues dans tous les secteurs.
Pour transformer la crise en opportunité, le gouvernement indien - comme beaucoup de ses homologues dans le monde - a décidé d’investir dans les infrastructures. Parmi les projets envisagés figurent des liaisons ferroviaires à grande vitesse entre les principales villes et l’amélioration de la manutention du fret dans les ports. Le pays planifie la mise en chantier de 500 aéroports opérationnels dans les dix prochaines années.
« Si les récentes opérations pour les routes, l’électricité et les ports ont été un succès, c’est grâce à la décision politique d’augmenter la participation de l’État au processus d’investissement. » . Tandis que les investisseurs multinationaux participent à un processus concurrentiel et transparent d’appels d’offres, le financement par emprunt de tous ces projets a été largement assuré par les banques du secteur public indien, ainsi que par les prêts de l’India Infrastructure Finance Company, l’organisme créé par le gouvernement pour financer des infrastructures publiques..
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Le 11e plan quinquennal (2007-2012) indien vise les objectifs suivants :
Revenus et pauvreté
- Accélérer la croissance du PIB de 8 % à 10 % et la maintenir à 10 % dans le 12ème plan, afin de doubler le revenu par habitant en 2016-2017.
- Augmenter le taux de croissance du PIB agricole à 4 % par an pour mieux en répartir les bénéfices.
- Créer 70 millions d’emplois.
- Réduire le chômage de la population éduquée en dessous de 5 %.
- Augmenter les salaires réels des travailleurs non qualifiés de 20 %.
- Réduire de 10 % le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté.
Infrastructures
- Garantir une connexion au réseau électrique permanente à tous les villages et aux foyers en dessous du seuil de pauvreté d’ici 2009.
- S’assurer qu’une route praticable dans toutes les conditions météorologiques dessert toute agglomération de 1 000 habitants ou plus (500 en zones de collines et tribales) d’ici 2009 et assurer la liaison avec toute agglomération importante d’ici 2015.
- Connecter tous les villages au téléphone d’ici novembre 2007 et fournir une connectivité à large bande à tous les villages d’ici 2012.
- Garantir un toit à tous d’ici 2012 et accélérer le rythme de construction des maisons pour les ruraux de façon à abriter toutes les personne défavorisée en 2016-2017.
À propos de l'auteur
Siddhartha Das dirige la branche Public-Private Partnerships d’Ernst & Young en Inde. Il possède une vaste expérience des opérations d’infrastructures routières, portuaires, de santé et d’éducation.