Le système de santé italien a récemment subi changements considérables. Le docteur Pasquale Cannatelli, directeur général de l’un des plus grands hôpitaux publics d’Italie, explique à Federico Maffezzini et Guido Grignaffini l’importance des soins intégrés.
Au cours des 70 dernières années, pour leurs soins de santé, les habitants de la région de Lombardie se dirigent sur le Niguarda Hospital, l’un des hôpitaux publics les plus importants d’Italie, situé près de Milan et qui compte 1 305 lits. Le docteur Pasquale Cannatelli en est., le directeur général, « La mission de Niguarda repose sur trois piliers : traitement, sécurité (des patients et du personnel) et accueil des patients. Notre activité quotidienne repose sur ces trois piliers, même si c’est de manière très simple. »
Le docteur Cannatelli a le souci que lui et ses 4 000 employés n’oublient jamais oublier qu’ils s’occupent avant tout de personnes et, ensuite de patients. « Chaque mois, je rencontre personnellement les nouveaux recrutés pour transmettre ce message. Je m’assure que nous travaillerons tous ensemble pour des objectifs communs : aller à la rencontre de cet Autre qui a besoin de soins, apporter du réconfort à celui qui vient en quête d’une attention médicale, lui réserver l’accueil approprié et lui donner de l’espoir. C’est valable pour les médecins mais aussi pour les employés des guichets et le personnel d’entretien ».
« Il est nécessaire pour le médecin de construire une relation avec le patient fondée sur la connaissance et la transparence ».
Le docteur Cannatelli met également l’accent sur le rôle capital du personnel non soignant. « Chaque membre de l’équipe doit se donner corps et âme à son travail car chaque geste contribue à créer de la valeur. Même les activités considérées comme strictement « bureaucratiques » sont importantes. Par exemple, un dossier de patient bien organisé et bien documenté permet de suivre facilement le raisonnement justifiant le diagnostic d’un médecin. Le consentement éclairé fait partie d’un processus beaucoup plus vaste et peut créer des occasions de communiquer avec le patient ».
Le docteur Cannatelli est convaincu que la communication prend une importance grandissante. Il a noté au cours de sa carrière que les patients avaient une meilleure connaissance des traitements disponibles. Partant, les médecins doivent être prêts à informer et expliquer le raisonnement qui conduit à la décision. Avant de prendre la direction du Niguarda, en 2003, il était directeur général dans d’autres établissements de santé. Il a également travaillé comme médecin d’entreprise pour plusieurs groupes industriels privés.
« Grâce à l’introduction de négociations budgétaires, les dirigeants du secteur de la santé commencent à raisonner en termes d’objectifs et de besoins régionaux »
« Compte tenu de l’innovation permanente, à la fois technologique, clinique et organisationnelle, et de la réserve inépuisable d’informations provenant des journaux, de la télévision et d’Internet, le médecin doit construire avec le patient une relation fondée sur la connaissance et la transparence » dit-il. « Toutefois, le médecin doit aussi avoir le courage d’être en désaccord avec le patient, si nécessaire. Le patient a également accès à des informations erronées ou qu’il comprend mal et réclamer un examen inadéquat. Pour pallier ces dangers, Niguarda a investi massivement dans un site Web pour le grand public, lequel fournit aux citoyens des informations relatives aux services offerts, au type et au nombre de cas traités et à la localisation des centres d’excellence.
Télécharger la suite de l'article au format PDF (pdf, 78kb)
La santé en Italie
- Le service de santé national italien, Servizio Sanitario Nazionale (SSN), a été créé en 1978 dans le but de créer un système efficace et uniforme de santé pour tous. Le système a été reconnu au niveau international et classé par l’Organisation mondiale de la santé au deuxième rang pour la qualité des services de santé.
- Le SSN fournit gratuitement ou à faible coût des soins de santé pour tous les résidents et leurs familles, les étudiants et les retraités.
- Le principe de base du système de santé italien est que la santé est un droit fondamental de chacun. En outre, la santé est considérée comme une question d’intérêt public.
- Les médecins de famille sont responsables des soins primaires et dirigent le cas échéant le patient vers le spécialiste.
- Pour consulter un spécialiste, il faut généralement payer une redevance dont le montant est fixé par les différentes régions. Les spécialistes exercent soit dans les hôpitaux publics, soit à titre libéral
À propos de l'auteur
Federico Maffezzini est Associé chez Ernst & Young en Italie et Guido Grignaffini est responsable au sein de la branche Santé du cabinet italien Ernst & Young.