Baromètre de l’attractivité de la France 2013

France : Dernier appel

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Alors que l’Europe n’enregistre, dans un contexte économique et financier pourtant mouvementé, qu’un léger fléchissement des implantations internationales, la France accuse un net recul, non seulement en termes d’implantations (471 projets d’implantation en 2012, en diminution de 13%), mais aussi, et surtout, en termes d’emplois créés (-20%).

Les facteurs susceptibles d’expliquer cette perte de vitesse sont connus : faible compétitivité, inquiétudes des investisseurs quant aux perspectives de croissance ou à l’instabilité fiscale, posture attentiste doublée d'un effet retard de la crise…

Notre baromètre 2013 souligne un certain décalage entre le pessimisme ambiant, nourri par l’entre-soi, le repli, celui d’une France intra-muros et l’économie globalisée - à laquelle participent pourtant grands groupes et PME, entrepreneurs, chercheurs et talents français.

Même si la France conserve sa 3ème place sur le podium des pays européens les plus attractifs, et le premier rang en matière d’implantations industrielles, elle se voit distancée par un duo de tête composé du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qui ont accueilli respectivement 697 et 624 projets en 2012, soit plus du tiers des projets d’implantation internationale sur le continent européen.

Le Baromètre de l’attractivité de la France 2013 donne à voir une désynchronisation de la destination France par rapport à ses deux principaux concurrents européens, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mieux ancrés dans la mondialisation, jugés plus flexibles et plus compétitifs, ces deux pays s’inscrivent dans une compétition mondiale que notre territoire a du mal à suivre. Ce duo a su attirer les pays émergents, les entrepreneurs innovants et tous ceux qui font bouger l’économie quand nous émettons des signaux défensifs voire répulsifs qui préoccupent entrepreneurs et décideurs.

Malgré les difficultés traversées cette année par la France – difficultés qui ont pu renvoyer l’image d’une destination peu business friendly largement relayée par les médias français comme étrangers - il semblerait que la confiance des investisseurs étrangers n’ait pas pour autant été remise en cause comme on aurait pu le redouter : ils sont encore 63% à exprimer leur conviction que le pays surmontera la crise actuelle et 73%, parmi ceux qui sont implantés en France, à se déclarer satisfaits du site France. Certains, plus positifs encore, citent la capacité d’innovation française comme l’un de ses principaux atouts pour s'inscrire dans la mondialisation et reconquérir son attractivité. Et, nouveauté 2013, ils citent même en deuxième atout… notre esprit d’entreprise ! Preuve qu’il existe bien une French touch capable de faire des émules à l’international. Pourtant, nos entrepreneurs ne voient pas leur pays du même œil.

Le baromètre 2013 met en lumière les termes possibles d’un rebond, lorsqu’on analyse en détail les réponses des 212 dirigeants qui nous ont confié leurs opinions et leurs projets. Le maintien, en nombre mais pas en emplois, des implantations industrielles et des investissements américains, dont la France est la 1ère destination en Europe et un dynamisme des grandes agglomérations dont les stratégies de développement économique et de promotion des territoires, témoignent de l’efficacité des solutions locales au service d’une attractivité nationale.

Les résultats du Baromètre de l’attractivité de la France 2013 indiquent clairement que les investisseurs étrangers adressent un dernier appel à la France pour qu’elle devienne un acteur à part entière de l’économie mondiale. Cet appel pour une France « extra-muros » doit être porté, avant tout, par les 20 000 entreprises à capitaux étrangers employant près de 2 millions de salariés sur notre sol.

Principaux résultats du baromètre :

1

Recul des implantations internationales en France
471 projets d’implantation internationale ont été enregistrés en France en 2012, soit un recul de 13% du nombre de projets par rapport à 2011. Les 10 540 emplois associés sont en diminution de 20%. La France passe au 5ème rang en termes d'emplois créés, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne, mais également la Russie et la Pologne.

2

Etats-Unis, Europe, BRIC : résultats contrastés
La France reste la destination européenne la plus attractive aux yeux des investisseurs américains (138 projets). En revanche, elle perd du terrain tant auprès des investisseurs européens, notamment allemands et britanniques, que des investisseurs venus des BRIC (14 implantations en 2012 contre 23 en 2011).

3

Industrie : un moteur sans Puissance
Si la France reste sur la première marche du podium des implantations industrielles étrangères, celles-ci accusent un fort recul (-25,3%). Une faible puissance qui se traduit par un manque de compétitivité dans les projets de R&D, où la France figure en 3ème position (26 projets), derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne (respectivement 54 et 31).

4

Confiance et exigence
63% des investisseurs étrangers restent confiants dans la capacité du site France à surmonter la crise actuelle (70% en 2012). Mais 69% de ceux qui y sont implantés estiment que notre pays ne met pas en œuvre une politique d’attractivité intéressante pour les investisseurs étrangers.  

5

Le doute intra-muros
Seules 9% des entreprises étrangères non implantées sur le sol français estiment que l’intérêt présenté par la France pour l’implantation et le développement de leur entreprise va se détériorer dans les cinq années à venir. Cette proportion atteint 34% parmi les entreprises déjà installées en France.

6

Les investisseurs prudents pour 2013
36% seulement des investisseurs interrogés envisagent d'établir ou de développer des activités en France en 2013, contre 43% l'an dernier. Pour les entreprises déjà implantées, la tendance est au maintien des activités actuelles (70% des personnes interrogées), davantage qu'au renforcement (12% contre 25% l'an dernier). 

7

Entrepreneuriat et innovation : le duo gagnant
30% des investisseurs interrogés pensent que la France doit miser sur l’entrepreneuriat et l’esprit d’entreprise pour renforcer son rôle dans l’économie mondiale. Associer innovation et entrepreneuriat apparaît comme une voie incontournable pour renforcer l’attractivité française.