Introduction - A la recherche des investissements d'avenir
Un monde de plus en plus multipolaire, avec des flux d’investissements étrangers mieux partagés entre les différentes régions du globe... C’est dans ce contexte que nous réévaluons cette année l’attractivité de l’Europe et de la France.
Alors que les pôles d’attraction se multiplient et se spécialisent, l'Union Européenne capte aujourd’hui une part d’investissements étrangers (26% des flux mondiaux) désormais en ligne avec sa part du PIB mondial. L’Europe de l’Ouest, quant à elle, résiste bien cette année : elle est perçue comme la deuxième destination la plus attractive du monde, juste derrière la Chine, et parvient ainsi à tenir son rang en 2011. En termes d’attractivité réelle, le flux d'investissements retrouve son rythme d’avant crise, avec des décisions d'implantations en hausse de 11% par rapport à 2009. Il s'agit là d'une croissance modérée, mais qui peut être durable si l'Europe continue à faire entendre sa différence en valorisant ses atouts historiques.
Avec 562 décisions d’implantations internationales annoncées en 2010, la France reste la 2ème terre d’accueil des investissements étrangers en Europe. La résistance de l'industrie, grâce à la vitalité de ses leaders mondiaux dans l’énergie, les transports ou la grande consommation, accompagne la forte poussée des services, notamment des services aux entreprises, qui trouvent à s'épanouir sur l'ensemble du territoire grâce aux actions entreprises par les métropoles régionales ou aux nouvelles perspectives offertes par le "Grand Paris". Mais cette année, sa position de vice-champion est incontestablement bousculée : forte d’une impressionnante progression de 34%, l’Allemagne est à deux projets près de lui ravir sa place de challenger privilégié du Royaume-Uni.
Dans cette nouvelle géographie de l'économie-monde, quels signaux la France doit-elle envoyer ? Quelles réformes doit-elle mener d'urgence pour valoriser son potentiel et retrouver un rôle mondial de premier plan ? Quels peuvent être ses choix sectoriels et ses investissements, nécessairement plus concentrés ? Comment enfin susciter la confiance des entreprises qui n’ont pas encore fait le choix de l’Hexagone... voire celle des Français eux-mêmes ?
Les 207 investisseurs qui ont accepté de s'exprimer dans ce 10ème Baromètre de l’Attractivité du site France proposent des éléments de réponse et suggèrent de nombreuses pistes. Une contribution précieuse à la réflexion collective car leurs voix s’unissent aujourd’hui pour souffler à la France les moyens de s’affirmer comme la destination des investissements d’avenir.
| Jean-Pierre Letartre Président d'Ernst & Young en France | | Marc Lhermitte Partner Ernst & Young Advisory |