En 2009, dans le cadre de notre programme Opportunités en temps de crise, nous avons mené plus de 45 000 entretiens avec des cadres dirigeants du monde entier pour débattre des nouveaux enjeux du marché. Les informations recueillies au cours de ces réunions nous ont permis d’identifier les Leçons du changement et un nouvel agenda de la performance comprenant huit enjeux clés.
L'agenda de la performance
Ce que les entreprises très
performantes font différemment

Parce que nous voulions aller encore plus loin, nous avons demandé à l’institut Economist Intelligence Unit (EIU) de mener une étude complémentaire auprès de 876 dirigeants du monde entier avec l’idée suivante : pouvons-nous passer de l’observation des pratiques actuelles des entreprises à un guide de recommandations précisant ce que les entreprises devraient faire ?
Ce que les entreprises très performantes font différemment
Les entreprises que nous avons interrogées ont montré des niveaux élevés de mise en œuvre des pratiques liées à chacun des huit enjeux de performance.
En utilisant l’EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) comme mesure de performance, nous avons cherché à identifier les différences de niveau et de types d’actions mises en œuvre entre les sociétés ayant enregistré un taux de croissance de 5 % et plus de leurs EBITDA et celles ayant une croissance plus faible.
Les entreprises les plus performantes présentent des niveaux d’adoption considérablement supérieurs pour la quasi-totalité des pratiques.
Ce que nous apprend le marché
A la lumière de nos travaux, se dessine une perspective commune - quel que soit le pays ou le secteur d’activité concerné - en effet, les entreprises performantes s’efforcent constamment :
- de développer une vision globale et approfondie des opportunités sur de marché, pour aujourd’hui et pour demain ;
- d’être plus novatrices que leurs concurrents en termes de stratégie et de structure, de travailler en collaboration toujours plus étroite avec leurs partenaires ; elles n’hésitent pas à remettre en question leur modèle ;
- d’adopter une approche plus holistique et de long terme de leur gestion du personnel, et de communiquer plus souvent et en toute transparence avec leurs interlocuteurs internes et externes ;
- de développer une meilleure compréhension des risques du marché et de ceux qu’ils ont pris et d’améliorer leurs processus clés d’exécution et de soutien pour réduire ces risques ;
- d’accélérer la vitesse de prise de décision et d’exécution des décisions pour tirer parti des opportunités d’un marché en forte évolution.
Ces entreprises performantes se préparent à la nouvelle économie. Quelles sont les actions que vous devez entreprendre pour faire partie de ces entreprises ?
Se préparer à la reprise
Au cours des douze prochains mois,
quel changement se produira, selon vous,
sur l’importance accordée par
votre organisation aux activités suivantes ?

Il y a un an à peine, les entreprises cherchaient simplement à survivre. Aujourd’hui, nous observons un début de reprise économique, pour des raisons très diverses :
- 1,8 trillion de dollars d’aide débloquée par les gouvernements ;
- la capacité de résistance de certains des plus grands marchés émergents ;
- l’existence continue de grandes quantités de capitaux mobiles.
On estime que la récession mondiale, qui s’est déjà terminée dans de nombreux pays, prendra fin en 2010. La reprise s’opérera progressivement et deviendra de plus en plus visible, même s’il est probable que les marchés ne se renforceront qu’en 2011 et 2012.
L’optimisme gagne du terrain...
Notre étude montre que plus de 50 % des entreprises se concentrent toujours sur la sécurisation de leurs activités actuelles, contre 74 % d’entre elles en janvier 2009. Et le nombre d’entreprises déclarant rechercher de manière agressive de nouvelles opportunités a presque doublé. C’est l’action de ces entreprises qui va permettre la reprise.
... mais la croissance reste un défi
Quand pensez-vous que
la croissance du chiffre d’affaires
de votre entreprise reviendra
aux niveaux connus avant la crise ?

Seuls 32 % des entreprises interrogées prévoient dans les six prochains mois un retour à leur taux de croissance observés avant la crise. 31 % des entreprises ont déclaré qu’il leur faudrait au moins deux ans pour retrouver ce niveau, ce qui laisse à penser que la reprise sera plutôt lente pour la majeure partie de l'année 2010.
Enregistrer de nouveau une croissance de leur chiffre d’affaires : c’est l’objectif ultime des entreprises. En effet, si nous venons de traverser une « crise du crédit », nous connaissons maintenant une « crise de la croissance ». La croissance du chiffre d’affaires est le principal défi auxquels sont confrontés les dirigeants d’aujourd’hui.
L’action comme nécessité
Nous pensons que le facteur déterminant pour les performances d’une entreprise est l’action de ses dirigeants. Il est peu probable que ceux-ci adoptent, en intégralité, les programmes que nous avons identifiés, mais les résultats montrent que les organisations les plus performantes sont celles qui suivent plusieurs programmes d’action en parallèle.
La majorité des entreprises étant toujours absorbée par la consolidation des résultats actuels, les niveaux d’adoption observés reflètent bien ce comportement : les entreprises n’en sont qu’aux premières phases de réaction.
La progression sur l’agenda
de la performance

Ce n’est qu’en matière de capitaux (disponibilité et déploiement) que les entreprises interrogées ont déjà mis en place 50 % des programmes d’action que nous avons identifiés. Compte tenu de la « crise du crédit » initiale qui a débouché sur la crise économique que nous traversons, ce résultat n’est pas surprenant.
Alors que les taux d’adoption globaux se situent actuellement légèrement sous la barre des 40 %, on constate que 36 % des pratiques que nous avons soulignées font l’objet d’une étude attentive de la part des entreprises.
Les niveaux de rentabilité peuvent-ils être maintenus sans croissance ?
Historiquement et dans la plupart des cas, les modèles économiques ont été bâtis sur l’hypothèse d’une croissance continue des revenus. L’une des raisons qui explique la reprise actuelle (malgré la réduction du chiffre d’affaires) se trouve dans le changement de modèle opéré par les entreprises pour accroître leurs bénéfices malgré des ventes anémiques (en réduisant leurs coûts, en révisant leurs processus, en sous-traitant, en partageant les services et en améliorant leur productivité). Dès lors, la véritable question qu’il faut se poser est peut-être : pendant combien de temps les entreprises pourront-elles continuer à accroître leurs bénéfices sans enregistrer pour autant de croissance de leur chiffre d’affaires ?