Attractivité pour les investissements directs étrangers 2010
La France, un acteur d’envergure mondiale ou européenne ?
Paris, le 2 juin 2010 – La France, « valeur refuge » pendant la crise, soulève les interrogations des investisseurs internationaux quant à sa capacité à générer de la croissance au moment de la reprise, selon le Baromètre attractivité du site France 2010 (pdf, 2,7Mo).
Baromètre Attractivité du site France 2010 - Présentation de l'étude par Marc Lhermitte
Réalité des implantations internationales en 2009 :
la France tient sa place de « valeur refuge »
L’Europe sécurise 3 303 projets d’implantations internationales en 2009 Dans son ensemble, la zone enregistre une baisse de 11% des implantations internationales. Les conséquences sur les créations d’emplois sont lourdes : -16% par rapport à l’année précédente.
Malgré la baisse des projets d’investissements, le Royaume Uni, la France et l’Allemagne considérés comme des valeurs « refuge », continuent à bénéficier de la confiance des investisseurs et restent en 2009 les 3 destinations européennes préférées des décideurs internationaux.
« Il est à signaler, cependant, la montée continue de l’Allemagne qui, depuis 2005, a vu le nombre de projets d’implantations internationales sur son territoire plus que doubler et qui risque à court terme de détrôner la France de sa 2ème place européenne » précise Marc Lhermitte, associé Ernst & Young et auteur de l’étude.
La France enregistre une performance mitigée
Avec 529 projets accueillis en 2009, la France reste sur la 2ème marche du podium européen, derrière le leader incontesté, le Royaume-Uni mais devant l’Allemagne qui se rapproche. « Valeur refuge » pour les investisseurs, la France a pu stabiliser le nombre de ses nouvelles implantations (+1%) au sein d’une Europe occidentale moins solide (-7%). Elle sauve même la mise en termes de nouveaux emplois (+2%) dans un contexte de morosité.
« Ces chiffres rassurants » signale Marc Lhermitte « masquent pourtant le désintérêt des économies nouvelles (notamment les investisseurs issus de la Chine et de l’Inde), qui préfèrent le Royaume-Uni et l’Allemagne à la France ». Le Baromètre 2010 montre que l’Allemagne accueille 41% des projets chinois en Europe et le Royaume-Uni 54% des investissements indiens, alors que la France n’en reçoit respectivement que 9% et 11%.
Autre enseignement marquant du Baromètre est la chute importante des créations d’emplois tertiaires (-25%) observée en 2010, notamment dans les services aux entreprises, l’industrie des logiciels et les centres de décisions. Ce retrait est compensé en partie par l’augmentation inattendue du nombre de nouvelles implantations industrielles (+24%).
Image auprès des investisseurs :
France, en division européenne pour la compétition mondiale
La France tire son épingle du jeu grâce à ses atouts traditionnels mais fait douter quant à sa capacité de rebond
Les investisseurs interrogés sont formels : 45% estiment que, face à la crise, la France tire son épingle du jeu par rapport aux autres économies occidentales. Pour autant, à trois ou cinq ans, les investisseurs affichent une plus forte confiance dans l’amélioration de l’attractivité de l’Allemagne (54%) et du Royaume-Uni (56%) que de celle de la France (45%).
A signaler cependant, que les investisseurs qui ne sont pas présents sur le territoire se montrent nettement plus sceptiques sur l’intérêt du modèle français (43% de satisfaits seulement) que les « clients » actuels du site France (80%).
Cependant, tous s’accordent pour reconnaître à la France trois atouts principaux : sa qualité de vie « multidimensionnelle » (31%), ses spécificités sectorielles (27%) et sa capacité d’innovation (25%).
La France ne semble pas jouer dans une cour mondiale
Les investisseurs internationaux transmettent l’image d’une France plus influente dans son enceinte économique historique — l’Europe — que sur le champ mondial de l’attractivité. Ainsi, interrogés sur le principal concurrent de l’Hexagone, 39% des 208 investisseurs de l’échantillon citent l’Allemagne, suivie par le Royaume-Uni.
Or, à la même question concernant l’Allemagne, les investisseurs désignent des puissances mondiales : les États-Unis (29%) en tête, puis le Royaume-Uni (13%) et la Chine (10%). De même, au sujet du Royaume-Uni, ils placent la France loin derrière les deux leaders mondiaux :les États-Unis (39%) et l’Allemagne (20%).
Un avenir vert et branché pour la France?
Interrogés sur les secteurs moteurs pour l’attractivité future de la France, les investisseurs internationaux sont formels, ils citent les technologies vertes, l’énergie et les technologies de pointe-des TIC aux biotechnologies.
Les attentes qu’ils expriment par rapport à la France sont également fortes : plus de flexibilité (41%), plus de marges de manoeuvre financières (baisse des charges sociales 36%, accès au crédit 11%), et plus de créativité — ceci passant selon eux par une réforme du système éducatif (20%) et le développement de projets de recherche collaboratifs (16%).
« En 2010, pour la première fois depuis sa création, le Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France, indique clairement que les cartes ont été redistribuées entre les grands champions européens », résume Marc Lhermitte. « Si en 2009, les implantations internationales en France ont résisté, les investisseurs considérant la France comme une « valeur refuge », le temps est venu pour que le pays porte auprès des décideurs internationaux les attributs d'une « valeur de croissance » en transformant ses forces nationales en atouts mondiaux.
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Méthodologie :
Le Baromètre 2010 de l’Attractivité du Site France s’articule autour d’une double analyse :
- d’une part, l’analyse des grandes évolutions des flux d’investissements étrangers en Europe et en France. La base de données « Ernst & Young European Investment Monitor 2010 » recense le nombre d’implantations sur site. Pour les besoins de l’analyse, des sources complémentaires reconnues sont également utilisées : UNCTAD, Xerfi...
- d’autre part, l’analyse de la perception et des attentes des grands décideurs internationaux à travers une enquête conduite par l’institut CSA qui interroge par téléphone les décideurs internationaux selon le système CATI — Computer Assisted Telephonic interviews. Du 2 au 15 février 2010, ce sont 208 dirigeants d’entreprises qui ont été interrogés dans 23 pays différents (5 langues)
A propos d’Ernst & Young :
Ernst & Young, cabinet d’audit, fiscalité & droit, transactions, conseil, se mobilise pour concrétiser les potentiels. C’est ainsi que nous faisons la différence – pour nos équipes, nos clients et tous nos interlocuteurs.
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L’ensemble des communiqués de presse d’Ernst & Young sont accessibles sur le site :www.ey.com/fr