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Défis dans un nouveau monde : comment les investisseurs en capital créent-ils de la valeur ? - Ernst & Young - France

Les entreprises européennes détenues par les fonds de capital investissement maintiennent leur croissance malgré les conditions difficiles

Le nombre de sorties en 2008 est en recul de 66 % par rapport à l’année précédente, les portefeuilles des fonds posent de nouveaux défis

Défis dans un nouveau monde : comment les investisseurs en capital créent-ils de la valeur ?
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PARIS, 14 septembre 2009 – Ernst & Young publie la quatrième étude sur les sorties du capital réalisées par les fonds d’investissement en Europe. Les résultats 2008 montrent que les plus grandes entreprises européennes, dont le capital ait fait objet d’une sortie d’investisseurs cette année, ont réalisé une croissance impressionnante dans la période où elles faisaient encore partie du portefeuille des fonds. Ces taux de croissance sont, malgré la crise, en ligne avec ceux des trois années précédentes.

« Défis dans un nouveau monde : comment les investisseurs en capital créent-ils de la valeur ? ». L’analyse de près de 300 des plus grandes entreprises européennes, détenues puis cédées par des fonds de capital investissement au cours des quatre dernières années, montre une croissance annuelle moyenne qui s’établit à 15 % pour les profits, 5 % pour les effectifs et 9 % pour la productivité entre l’acquisition et la sortie. L’étude montre que la performance des entreprises détenues par le capital investissement est meilleure que celle des sociétés cotées, même après prise en compte de l’endettement.

Michel Gauthier, responsable du département Transaction Advisory Services(TAS) d’Ernst & Young France et Luxembourg, commente : « En appliquant de façon avisée son modèle spécifique de gestion et par ses initiatives ciblées d’amélioration opérationnelle, le capital investissement a été capable d’obtenir des rendements supérieurs à ceux du marché. En fait, les meilleures sociétés des portefeuilles ont largement distancé leurs homologues du même secteur

Les résultats de l’étude révèlent également que le capital investissement est resté engagé auprès de ses entreprises moins performantes. La durée moyenne d’investissement pour les participations difficiles est de sept ans, soit le double des autres investissements, 43 % de ces entreprises ayant connu un changement au niveau de la direction et 36 % ayant reçu de nouvelles injections de capital.

Michel Gauthier poursuit : « Si certaines entreprises n’ont pas été à la hauteur des attentes en termes de retour sur investissement, aucun comportement court termiste à l’égard des participations difficiles n’a été constaté par l’étude. En effet, les investisseurs en capital et la direction se sont efforcés de modifier les stratégies et de mettre en œuvre de nouvelles actions afin d’améliorer le cash flow et les profits dans ces sociétés. »

Baisse des sorties
L’étude montre qu’en 2008, le nombre de sorties significatives du capital investissement a chuté de 66 % par rapport à 2007, passant de 89 à 30 sorties. Le total des valeurs d’entreprise à l’entrée a baissé de 54 milliards € à environ 12 milliards € (- 77 %).

Laurent Majubert, associé Ernst& Young TAS déclare: «  La chute du nombre et de la valeur des sorties est la conséquence logique des difficultés de l’environnement macro-économique. La raison de la baisse de ces valeurs peut être en partie imputée à l'accès difficile aux financements, ainsi qu’à l’absence d'introductions en bourse en 2008. Ces introductions en bourse ont représenté en moyenne 10 à 15 % des sorties sur les quatre dernières années et sont une voie de sortie pour les plus grandes entreprises détenues par des fonds de capital investissement. Par conséquent, un plus grand nombre de sociétés de plus d’un milliard € reste détenu dans les portefeuilles des fonds et représente un réel enjeu pour les années à venir. »

En raison de l’absence d’introduction en bourse en 2008 et d’une proportion d’entreprises limitée à 26% des acheteurs , les investisseurs en capital ont été la principale voie de sortie, représentant 74 % des acheteurs malgré les restrictions de crédit, soit 50 % de plus qu’en 2005.

« Il est intéressant de noter cependant que les opérations de LBO secondaire ont été tout aussi performantes que celles de LBO primaire et ont présenté une croissance et des possibilités d’efficacité opérationnelle équivalentes », poursuit Laurent Majubert.

Dans l’attente du bon moment
Le nombre réduit de sorties en 2008 associé au rendement moyen élevé de ces opérations renforce l’idée que les investisseurs en capital ont cédé des entreprises solides. S’ils n’étaient pas sûrs d’un bon rendement, ils auraient gardé les actifs. Dans la mesure où ils ont conservé les actifs difficiles, il y aura certainement, dans les années à venir, une pression grandissante pour réduire les portefeuilles afin de rembourser les investisseurs ou faire de nouveaux investissements.

« La pression économique croissante en 2009 devrait se traduire par une baisse des taux de marge et d’augmentation des effectifs. On peut imaginer que les fonds de capital investissement préféreront se retirer de certains de ces investissements difficiles, en particulier les fonds qui ont des rendements importants, mais pas encore garantis », estime Laurent Majubert. « Dans notre étude, aucun cas de sortie par faillite n’apparaît au titre de 2008. Mais la poursuite du ralentissement économique a déjà changé cet état de fait en 2009 et cela pourrait s’amplifier au cours de l’année. »

Financer l’avenir
Laurent Majubert conclut : « Nous pouvons déjà constater les premiers signes d’amélioration des financements et des marchés dans certains secteurs et une série d’introductions potentielles en bourse assurées par les fonds de capital investissement. Toutefois, il est très peu probable que les niveaux de dette disponible atteignent ceux des années précédentes. En réalité, si le secteur du capital investissement ne sort pas de ses investissements actuels ou ne génère pas d’importants flux de cash pour réduire les niveaux d’endettement, il aura des difficultés pour refinancer suffisamment les dettes senior contractées pour acquérir ces entreprises. Nombre de ces emprunts arriveront à échéance en 2011 ou 2012.

Le nombre important d’actifs d’une valeur supérieure à un milliard d’euros détenus encore par les fonds laisse supposer que les fonds de capital investissement chercheront plus que jamais à comprendre les leviers d’amélioration de la performance les plus pertinents pour les sociétés en portefeuille. Ces approches seront vraisemblablement les facteurs clés du succès au moment où les fonds préparent ces entreprises à tirer parti du réveil du marché des introductions en bourse et se focalisent sur le degré de préparation à la sortie (« exit readiness ») de ces entreprises. »

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