Orchestrer la relation entre le temps et la valeur dans l’industrie des Medias, de la Culture et du Divertissement

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Avignon, le 15 novembre 2012 – Dans le cadre du Forum d’Avignon*, EY présente son étude « Maitriser le tempo ».

Maîtriser le tempo : orchestrer la relation entre le temps et la valeur dans l’industrie des Médias et du Divertissement
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Cette étude, portant sur 12 pays, propose une analyse des diverses composantes du secteur, des médias et de la culture et un décryptage de la façon dont les entrepreneurs du secteur des médias, de la culture et du divertissement, mais aussi les décideurs politiques, tentent de maîtriser la perception de rythme accéléré de la création et de la diffusion. Réalisée auprès d’une série de dirigeants du secteur des médias et du divertissement, l’enquête révèle que nombre d’entre eux sont entrés avec un certain optimisme dans l’ère de la maturité digitale.

Dans le secteur des médias et du divertissement, on ne compte plus le nombre d’initiatives numériques innovantes et prometteuses qui sont, soit tombées dans l’oubli, soit aux mains de concurrents plus solides ou plus performants. De ce fait, la capacité d’une entreprise à intégrer ces bouleversements dictés par un tempo toujours plus rapide, est devenue une question de survie. « Aujourd’hui, la moitié des données disponibles sur le web a moins de deux ans. Et la tendance s’accélère. Bientôt, la moitié des données disponibles n’aura que 18 mois. Aucun domaine des médias et des industries culturelles et créatives n’y échappe. A l’heure où la demande pour de nouveaux contenus explose, où le consommateur est mobile et connecté, les acteurs des médias et de la culture sont confrontés aux mêmes phénomènes et cherchent, ensemble ou séparément, les réponses appropriées à ce changement de rythme » explique Bruno Perrin, Associé, Responsable Media & Entertainment Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique pour l’Audit.

Au même moment, ces bouleversements font apparaître une contradiction, que les acteurs du secteur, des créatifs aux dirigeants, doivent tenter de résoudre. Une nouvelle génération de consommateur est née : l’’« homo conexus » revêt de multiples visages et affiche un appétit inassouvi, désirant toujours plus de contenu avec toujours plus de facilité d’accès, de variété, de choix et de contrôle. En effet, comme le montre l’étude, plus des 2/3 des américains qui possèdent un téléphone mobile regardent la télévision en consultant, en même temps, leur ordinateur portable, leur mobile ou leur tablette. Or, cette évolution semble s’opposer à la création d’un contenu pérenne, créateur de valeur sur le long terme.

« Si La distribution est le domaine où le changement de tempo est le plus perceptible, la création semble toutefois pour l’essentiel échapper à cette accélération. Au cours de ces 15 dernières années, le temps qui s’écoule entre deux films d’un même réalisateur n’a pas changé et se situe toujours autour de 3 ans. En revanche, l’omniprésence et le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication changent radicalement les moyens mis en œuvre pour distribuer ces films et accéder aux contenus ainsi créés » précise Marc Lhermitte, Associé EY co-auteur de l’étude. Plus nous avançons dans l’ère du numérique, plus le rythme des innovations s’accélère, et plus les nouvelles technologies permettent d’exploiter les exigences toujours plus grandes des consommateurs. Pour répondre à ces exigences d’un  consommateur « caméléon », capable d’absorber une multitude de contenus et désireux d’interagir avec le créateur, les acteurs de la chaîne des médias doivent ainsi s’adapter.

Ce rythme devrait aller encore en s’accélérant, si l’on en croit les résultats de l’étude :« Alors que dans une précédente étude publiée il y a quatre ans, les dirigeants s’interrogeaient sur les opportunités que le digital pouvait offrir, 55% des dirigeants interrogés prévoient de lancer dans les cinq prochaines années des services qui n’existent pas encore aujourd’hui ; 66% en France, 46% aux Etats-Unis, et 62% en Inde. Il est clair qu’ils ont aujourd’hui clairement adopté, vis-à-vis du digital, une attitude optimiste et opportuniste» précise Marc Lhermitte. Une adaptation nécessaire pour répondre à une consommation de contenus en croissance continue, en volume ainsi qu’en temps passé.Entre 2008 et 2011, le temps passé par les Américains devant leur téléviseur a augmenté de 6 % pour atteindre 287 minutes par jour, Durée qui s’élève à105 minutes en Inde, soit une hausse de 9%.

Ainsi, les parties prenantes doivent s’adapter à la révolution de l’industrie culturelle qui est en train de se jouer, révolution qui tire ses origines tout autant, ou peut-être davantage, de la sphère sociétale que de la sphère technologique. Une industrie de l’entertainment, où convergent les émissions de télévision, les œuvres cinématographiques et musicales, la presse, l’édition et les jeux vidéo, est en train de voir le jour, rebattant à une vitesse accélérée les cartes des forces en présence qui, pour rester maîtres du tempo, doivent refléter ces bouleversements dans leurs modèles économiques et dans leurs offres. Dans ce contexte, l’étude d’EY formule quelques recommandations à l’attention des entreprises et des régulateurs pour que ces bouleversements ne se fassent pas au détriment d’un contenu pérenne afin de préserver et de créer un patrimoine économique et culturel créateur de valeur.  « Plus que d’être mus par l’idéologie ou la logique d’un seul acteur, les décideurs politiques et les législateurs doivent trouver un équilibre entre un rôle de ‘facilitateur’,  en reconnectant l’innovation au rythme industriel, et celui de ‘stimulateur’ en favorisant la diversité et la dissémination culturelle pour réinventer la création et le partage. » conclut Bruno Perrin.

*Forum d’Avignon : Manifestation Internationale, le Forum d’Avignon a pour objectif de décloisonner les mondes de la culture et de l’économie et de proposer des pistes de réflexion au niveau international, européen et local. Il s’appuie sur des réseaux d’experts et des Universités. Créé après la ratification de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle et soutenu dès l'origine par le Ministère de la Culture et de la communication, le Forum est l’occasion de rencontres inédites entre décideurs de la culture, de l’économie, décideurs publics et des industries de la création à l’heure du numérique et de la globalisation.