Communiqués de presse

Le secteur des biotechnologies doit communiquer mieux sur la valeur des produits en cours de développement

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Selon le rapport annuel d'Ernst & Young sur le secteur des biotechnologies, si les acteurs majeurs enregistrent d'excellents résultats, les autres sont confrontés à un environnement complexe et doivent défendre l’intérêt de leurs produits.

PARIS, 23 avril 2013 – En 2012, le secteur mondial des biotechnologies continue sur la voie de la reprise : les sociétés cotées en bourse de ce secteur ont enregistré une progression de leur chiffre d'affaires et de leur résultat net pour la troisième année consécutive, même si les dépenses en R&D ont continué à subir une forte pression dans de nombreuses sociétés. Cependant, le rapport « Beyond borders: matters of evidence », révèle un « déficit de mise en œuvre » dans la plupart des petites et moyennes entreprises en ce qui concerne la collecte d'éléments de preuve destinés à démontrer la valeur des produits en cours de développement. Les répercussions sont importantes sur la capacité de ces entreprises à lever des capitaux, à conclure des contrats avantageux et à obtenir le remboursement adéquat de leurs médicaments ayant obtenu l'autorisation de mise sur le marché.

« Le système de santé actuel, toujours plus axé sur les résultats et les éléments de preuve, impose aux entreprises de biotechnologies non seulement de démontrer l’efficacité de leurs médicaments mais aussi le fait qu’il sont reconnus et remboursés par les organismes payeurs », explique Philippe Grand, associé, responsable du secteur Biotechnologies EY France. « Si vous attendez que le lancement d'un produit approche pour aborder la question de sa valeur, vous le faites à vos risques et périls car les partenaires réunis dans des alliances pharmaceutiques (lesquelles constituent toujours les options de sortie les plus viables pour la plupart des entreprises de biotechnologies) considèrent désormais ce type de données comme un facteur clé dans l'évaluation de leurs produits et de leur entreprise. »

Les principaux enseignements financiers du rapport sont les suivants :

  • Légère hausse du chiffre d'affaires :les entreprises de biotechnologies (États-Unis, Europe, Canada et Australie) ont enregistré un chiffre d'affaires total de 89,8 milliards de dollars en 2012, soit une augmentation de 8 % par rapport à l'année 2011.
  • La croissance des dépenses en R&D ralentit:les dépenses en R&D des sociétés cotées en bourse ont augmenté de 5 %, bien en-deçà du taux de croissance de 9 % atteint en 2011. Alors que ces dépenses sont restées élevées chez les leaders du marché, les entités au stade pré-commercial ont considérablement réduit leurs dépenses en matière de R&D.  
  • Le résultat net atteint un nouveau record : les réductions des dépenses en R&D, ajoutées à une croissance solide des revenus, ont permis d'atteindre un résultat net à un niveau record de 5,2 milliards de dollars, soit une augmentation de 1,4 milliard de dollars par rapport à l'année précédente.
  • Poursuite de la « nouvelle norme » en matière de financement : les entreprises de biotechnologies d'Amérique du Nord et d'Europe ont levé 28,2 milliards de dollars en 2012, un chiffre en baisse par rapport aux 33,3 milliards de dollars recueillis en 2011. Cette baisse est due à une diminution du financement par emprunt, qui a chuté de près d'un tiers. Le marché des introductions en Bourse a eu des performances mitigées, avec un montant des capitaux levés de 805 millions de dollars seulement au niveau mondial, en diminution par rapport aux 857 millions de dollars de 2011. Le « capital innovation », c'est-à-dire le volume de capital levé par les entreprises disposant de revenus inférieurs à 500 millions de dollars, n'a pratiquement pas évolué entre 2011 et 2012, passant de 15,2 à 15,3 milliards de dollars.
  • Le capital-risque résiste bien au niveau mondial :le financement du capital-risque a baissé de 5 % en Amérique du Nord et en Europe pour atteindre 5,4 milliards de dollars en 2012. Cette baisse est beaucoup plus lente que ce qui était prévu compte tenu des difficultés de collecte de fonds rencontrées par de nombreuses sociétés de capital-risque ces dernières années.  
  • Reprise des fusions-acquisitions : les fusions et acquisitions impliquant des entreprises de biotechnologies européennes ou américaines ont atteint un montant total de 27,4 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 9 % par rapport à 2011 (si l'on ne tient pas compte des deux méga-fusions de 2011 d'une valeur supérieure à 10 milliards de dollars) et représente le montant hors méga-transactions le plus élevé depuis 2008.

Éléments de preuve : un déficit de mise en œuvre
Pour étudier la façon dont les entreprises s'adaptent à un nouveau système de santé axé désormais sur les éléments de preuve, Ernst & Young a interrogé des responsables américains et européens du secteur des biotechnologies de 62 entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 500 millions de dollars. Les résultats montrent que ces entreprises se concentrent beaucoup plus souvent sur des initiatives d'efficacité que sur des mesures de collecte d'éléments de preuve destinés à démontrer la valeur de leurs produits.

Principaux résultats :

  • Consensus presque total sur l'importance stratégique des éléments de preuve et d’efficacité : au moins 94 % des personnes interrogées ont convenu qu'il était « important » ou « très important » pour les entreprises de biotechnologies d’avoir un focus stratégique sur les questions d'efficacité et d'éléments de preuve.
  • Déficit de mise en œuvre pour les questions d'éléments de preuve : cependant, parmi les personnes interrogées qui considéraient les mesures concernant les éléments de preuve comme « importantes » ou « très importantes », la plupart des entreprises ont indiqué qu'elles

ne prendront probablement pas d'initiatives spécifiques pour démontrer l’efficacité de leurs produits. Seulement 11 % des personnes interrogées ont ajouté des compétences de leur équipe dirigeante en matière de gestion des relations avec les organismes payeurs et de remboursements, 13 % seulement dans leurs équipes de développement clinique et à peine 4 % dans leurs conseils d'administration.

  • Besoin d’une nouvelle approche de la R&D : les entreprises doivent revoir leur approche de la R&D et s’adapter à l'évolution des normes de soins. Le modèle du « value pathways » décrit par EY, permet d’identifier les besoins non satisfaits et les échecs les plus importants relevés par les organismes payeurs. Les entreprises doivent aligner leurs offres afin de combler ces manquements et concevoir des essais cliniques pour mettre au point des éléments de preuve convaincants pour les organismes payeurs.

« Il est temps pour les entreprises de biotechnologies de se défaire de tous les mythes qui peuvent les freiner », conclut Philippe Grand. « L'évolution vers une plus grande efficacité à démontrer la valeur des produits est en train de s’opérer et concerne les entreprises indépendamment de leur taille, de leur maturité ou du type de maladie qu'elles traitent. De nombreuses initiatives axées sur les éléments de preuve (impliquer les parties prenantes plus tôt sur les questions de valeur et de remboursement, repenser la conception des essais ou explorer des collaborations au stade pré-concurrentiel en matière de données) ne coûtent pas cher et pourraient même éviter les dépenses liées à des études supplémentaires. La question n'est pas de savoir si vous pouvez vous permettre de faire cela, mais si vous pouvez vous permettre de ne pas le faire. »

- fin -

Principaux résultats par région :
États-Unis d'Amérique

  • Le chiffre d'affaires des entreprises de biotechnologies cotées en bourse a atteint 63,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 8 %, ce qui est inférieur au taux de croissance de 12 % enregistré en 2011.
  • Les dépenses de R&D ont augmenté de 7 % en 2012, ce qui est légèrement inférieur au taux de croissance de 9 % de l'année 2011.
  • Le résultat net a progressé de 34 %, passant de 3,3 milliards de dollars en 2011 à 4,5 milliards de dollars en 2012.
  • Les fusions-acquisitions impliquant des entreprises de biotechnologies basées aux États-Unis ont augmenté de 5 % en 2012 pour atteindre 23,8 milliards de dollars (après ajustement suite aux deux méga-transactions de 2011).
  • Le financement américain mondial a atteint 23,3 milliards de dollars en 2012. C'est le deuxième montant le plus élevé de la dernière décennie après l'année 2011, au cours de laquelle le secteur avait levé 29,7 milliards de dollars. Si l'on exclut le financement par emprunt, le capital levé a progressé de 16 % d'une année à l'autre.

Europe

  • Le chiffre d'affaires des entreprises de biotechnologies européennes cotées en bourse a augmenté de 8 % en 2012 pour atteindre 20,4 milliards de dollars.
  • Les dépenses de R&D ont diminué de 1 % en 2012, ce qui indique que de nombreuses entreprises européennes sont encore dans une phase de réduction des coûts.
  • En 2012, le secteur des biotechnologies européen a été rentable dans l’ensemble pour la première fois de son histoire. C'est un jalon surtout symbolique puisque cette rentabilité est due en partie à de vastes réductions des coûts.
  • Le capital levé a augmenté de 44 % pour atteindre 4,2 milliards de dollars, le montant le plus élevé depuis le début de la crise financière internationale. Toutefois, cet accroissement a été entièrement généré par le financement par emprunt, qui a fait un bond de 392 % alors que toutes les autres catégories étaient à la baisse.
  • Le montant des fusions-acquisitions a chuté de 28 %, pour atteindre 2,9 milliards de dollars, alors que le nombre de transactions dont les modalités étaient publiées se limitait à 13, soit le niveau le plus bas enregistré depuis au moins l'année 2005.

À propos du Global Life Sciences Center d'Ernst & Young
Le Global Life Sciences Center d'Ernst & Young réunit une équipe mondiale de professionnels qui aident les entreprises spécialisées dans les sciences de la vie à relever les défis liés à chaque étape de leur développement. Des entreprises de biotechnologies émergentes aux sociétés spécialisées dans les techniques médicales, en passant par les entreprises pharmaceutiques d'envergure internationale, toutes peuvent bénéficier de la vaste expérience de notre équipe en matière d'audit, de conseil, de fiscalité et de transactions. Le Centre a pour mission d'anticiper les tendances du marché, d'identifier leurs implications et d’apporter une expertise sur les problématiques pertinentes du secteur. Qu'il s'agisse de former des alliances innovantes, d'améliorer les opérations, de s'adapter aux nouvelles réglementations ou d'explorer de nouveaux marchés, notre éclairage peut vous aider à créer de la valeur ajoutée dans un environnement de plus en plus complexe et concurrentiel, désormais soumis à un nombre croissant de risques. C'est ainsi qu'Ernst & Young fait la différence. Pour plus d'informations, veuillez consulter le site www.ey.com/lifesciences ou envoyer un e-mail à l'adresse global.lifesciences@ey.com.