Communiqués de presse

Les BRIC font face à la concurrence de nouveaux marchés émergents issus de la mondialisation

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Paris, 21 janvier 2013 – Malgré un ralentissement mondial en 2012 et des perspectives économiques incertaines pour de nombreux marchés en 2013, la tendance est à une mondialisation croissante de la majorité des 60 premières économies de la planète, selon le rapport annuel d'EY sur la mondialisation, intitulé « Looking beyond the obvious: globalization and new opportunities for growth ».


  • La progression de la mondialisation est tirée par les technologies et la circulation des idées à travers les frontières
  • 2013 pourrait voir un repli protectionniste de la part des marchés matures et des BRIC
  • Les marchés à forte croissance hors BRIC s’ouvrent à la mondialisation et renforcent leur attractivité
  • Certains marchés matures suscitent à nouveau l’intérêt des investisseurs

Looking beyond the obvious: globalization and new opportunities for growth

Le rapport s'appuie sur deux sources : le Globalization Index d’EY, qui mesure le degré d’intégration dans la mondialisation des 60 plus grandes économies mondiales rapporté à leur PIB, et une enquête menée fin 2012 auprès de 730 cadres dirigeants à travers le monde, ces derniers ayant été interrogés sur leur perception de la mondialisation.

Alors que la plupart des prévisionnistes s’attendent à une croissance du PIB mondial entre 3 % et 3,5 % en 2013, avec une augmentation au cours des années suivantes, le Globalization Index suggère que la mondialisation va continuer à progresser, tirée principalement par les technologies et la circulation transfrontalière des idées. Il souligne également qu’au cours des 12 derniers mois, des marchés de taille moyenne à forte croissance comme le Vietnam, la Malaisie, la Thaïlande et les Philippines ont vu leur degré de mondialisation augmenter.

Pour Alexis Karklins-Marchay, responsable du département Marchés émergents d’EY : « La mondialisation continue de façonner notre paysage économique, avec des niveaux croissants d’échanges transfrontaliers de biens, de capitaux et de main-d’oeuvre. Malgré le contexte économique très instable, la tendance à une plus grande intégration et une coopération plus étroite l'emporte encore sur la tentation du protectionnisme dans la plupart des marchés du monde. »

Cependant, les participants à l'enquête font part d’une réelle inquiétude : qu’une faiblesse persistante de la croissance, combinée à une concurrence mondiale accrue, soit susceptible de favoriser le protectionnisme dans l’année qui vient. Les répondants soulignent également qu’il est de plus en plus difficile de conduire des affaires dans certaines économies des BRIC, et que la croissance s’est ralentie sur certains de ces marchés. En conséquence, près de la moitié des dirigeants interrogés s'attendent à un protectionnisme accru de la part des BRIC, une tendance qui pourrait également être suivie sur certains marchés développés. En revanche, les répondants estiment qu’un recul du protectionnisme est plus probable dans les autres marchés à forte croissance de plus petite taille.

L’émergence des seconds rôles ?

Le rapport souligne que les marchés à forte croissance hors BRIC émergent comme les nouveaux points névralgiques des affaires mondiales, étant perçus comme plus intégrés au niveau mondial en matière de commerce, d'investissement, de culture et de technologies que les BRIC. Ces marchés maintiennent aussi des taux de croissance élevés proches de ceux des BRIC de premier plan. La Turquie, le Mexique et l'Indonésie sont juste derrière la Chine et l'Inde en termes de croissance du PIB sur une période allant de 2000 à 2015. Le Pérou, la Colombie, le Venezuela, la Malaisie et le Vietnam, ainsi que plusieurs pays et régions d'Afrique, sont tous en voie de s’inscrire parmi les régions les plus dynamiques du monde pour l'investissement.
45 % des participants à l’enquête désignent les marchés à forte croissance autres que les BRIC comme une source importante de nouveaux revenus. L'Afrique du Sud, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie sont considérés comme les destinations les plus compétitives. Les dirigeants de toutes les régions du monde prévoient d’augmenter les investissements vers ces marchés dans les trois prochaines années – ils sont 82 % à le planifier, et 4 sur 10 prévoient de les augmenter de plus de 10 %.
Alexis Karklins-Marchay explique : « Les grandes entreprises adoptent une approche multi-marchés. Alors que les BRIC demeurent essentiels à leur stratégie, les dirigeants examinent également de près les opportunités sur les marchés émergents hors BRIC, où ils voient s’améliorer la facilité à conduire des affaires, les infrastructures, les politiques publiques et la productivité du travail. Ils découvrent aussi qu’une stratégie standard pour un groupe de marchés – par exemple, une stratégie globale « marchés émergents » – ne fonctionne plus. Au lieu de cela, il leur faudra adopter des stratégies nuancées et sur mesure selon les différents marchés, régions, secteurs ou pays. »

Les marchés matures restent incontournables

Si les décideurs sont prêts à faire le pari des économies à forte croissance hors BRIC, le plus souvent un pari à long terme, le rapport confirme que ces marchés ne sont qu’une pièce du puzzle. Pour créer un portefeuille équilibré, les investisseurs devront diversifier leurs projets afin d'inclure plusieurs marchés matures, qui font un retour en force dans certains domaines et secteurs.

Les cadres interrogés confirment que l'Amérique du Nord et l’Europe occidentale restent indispensables pour sécuriser les bénéfices. Bien que les nouveaux investissements dans ces régions restent très inégaux, les coûts élevés de l'énergie, la baisse du différentiel de coût du travail entre les marchés développés et émergents et les cycles de vie des produits plus courts conduisent les organisations mondiales à poursuivre une externalisation de proximité. 22 % des répondants souhaitent aujourd'hui externaliser davantage de fonctions opérationnelles à des prestataires sur des marchés matures et 14 % prévoient d’y relocaliser des activités préalablement externalisées.

Le rapport met également en évidence la façon dont l'innovation et l'échange de technologies et d'idées peuvent avantager les marchés développés par rapport aux marchés à croissance rapide. La diffusion du haut débit, des technologies sociales, numériques et mobiles, beaucoup plus développée dans ces marchés, leur permet de conserver une part importante de l'exportation de biens et de services.

Alexis Karklins-Marchay explique comment un marché en particulier pourrait bénéficier de cette situation : « Les États-Unis pourraient être une destination d'investissement étonnamment attractive pour la prochaine décennie, avec la forte reprise de sa production intérieure, l’exploitation de nouvelles réserves de gaz de schiste permettant de baisser les coûts énergétiques pour les producteurs américains, une croissance de plus en plus alimentée par les hautes technologies et l'exportation, et une réduction des écarts de coûts de main-d'oeuvre. »

Perspectives futures

Alors que le commerce des biens et services revient à des niveaux antérieurs à la crise financière, et que les flux de capitaux sont en augmentation régulière, les technologies et la circulation transfrontalière des idées continueront de façonner la croissance et l’aspect de la mondialisation. L’intégration commerciale se stabilisant, on s’attend à un renversement entre pays d'importation et d'exportation, avec les marchés à forte croissance émergeant comme des marchés de consommation et les marchés développés reprenant des forces comme producteurs et exportateurs de biens et services.

Alexis Karklins-Marchay conclut : « La nature de la mondialisation poursuit sa mutation. Les technologies continuent d'activer et d'améliorer la circulation des capitaux, des idées et de l'innovation, avec une telle ampleur que les tendances sont de plus en plus difficiles à anticiper. Le défi pour les entreprises est de savoir comment surveiller, évaluer et répondre, aussi rapidement et efficacement que possible, à un environnement dynamique qui ne pourra pas être traité avec des solutions ‘clé en main’. »

- Fin-

À propos du Globalization Index EY
Le Globalization Index développé pour la réalisation de cette étude mesure la performance des 60 plus grandes économies mondiales en matière d’intégration dans la mondialisation, selon 20 indicateurs distincts. Les indicateurs se répartissent en cinq grandes catégories : les mouvements de biens et services ; les mouvements de capitaux ; les échanges de technologies et d'idées ; les mouvements de main-d'oeuvre ; l'intégration culturelle. L'indice mesure la mondialisation « relative » plutôt qu’« absolue ». Cela signifie que le degré de mondialisation du commerce, de l'investissement, de la technologie, de la main-d’oeuvre et de la culture d'un pays* est mesuré par rapport à son PIB plutôt que par la valeur absolue de ces éléments. L'indice reflète donc dans quelle mesure l'intégration mondiale d'un pays est observable ou vécue de l'intérieur de ce pays.

* Pays ou, le cas échéant, territoire

À propos de l’enquête
L'enquête a été réalisée par l’Economist Intelligence Unit auprès de 730 dirigeants d'entreprises en novembre 2012.

A propos d’EY
EY est un des leaders mondiaux de l’audit et du conseil, de la fiscalité et du droit, des transactions. Partout dans le monde, nos 167 000 salariés associent nos fortes valeurs communes à un ferme engagement pour la qualité. Nous faisons la différence en aidant nos collaborateurs, nos clients et tous nos interlocuteurs à réaliser leur potentiel.

EY désigne les membres d'Ernst &Young Global Limited, dont chacun est une entité juridique distincte. Ernst & Young Global Limited, société britannique à responsabilité limitée par garantie, ne fournit pas de prestations aux clients. Retrouvez plus d'informations sur notre organisation : www.ey.com

Les communiqués de presse EY sont disponibles sur le site http://www.ey.com/FR/fr/Newsroom/News-releases