Solvabilité II : 43 % des assureurs européens ne répondront pas aux exigences d’ici 2014, mais 90 % pensent être conformes au 1er janvier 2015

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  1. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont les mieux préparés, l’Allemagne et l’Italie suivant de près
  2. Le Pilier 3 reste le plus grand défi : 80 % des assureurs n'ont fait que de modestes progrès sur ce point
  3. 69 % des assureurs interrogés respectent au moins partiellement les exigences relatives à la gestion de la qualité des données
  4. 70 % commencent à mettre en œuvre des actions concernant l’optimisation du capital

 

PARIS (30 novembre 2012) - Tandis que 57 % des assureurs européens pensent être en bonne voie pour répondre aux exigences de Solvabilité II d’ici janvier 2014, le niveau de préparation varie sensiblement suivant les pays, d’après l’enquête menée par EY auprès de 160 compagnies d’assurances majeures en Europe.

 

Entre 70 % et 90 % des assureurs britanniques, néerlandais, grecs, polonais et espagnols devraient être prêts (selon leurs propres évaluations) avant le 1er janvier 2014, alors que 60 % à 70 % des assureurs belges, français, allemands et italiens estiment qu’ils ne le seront pas. Et si près de 90 % des participants à l’enquête se disent en bonne voie pour respecter la date limite du 1er janvier 2015, proposée récemment par la Commission européenne, encore 34 % des assureurs allemands, 17 % des assureurs italiens et 13 % des assureurs espagnols pensent qu’ils ne seront pas prêts à cette date.

Le Pilier 3 représente le principal défi à relever.
Le niveau de préparation pour le Pilier 1 est relativement homogène au niveau européen, la quasi-totalité des assureurs assurant pouvoir répondre à la majorité des exigences de ce pilier. Concernant le Pilier 2, le niveau de préparation est plus hétérogène entre les différents pays : les assureurs anglais, allemands et néerlandais sont confiants sur leur niveau de conformité à la majorité des exigences réglementaires, mais les assureurs des autres pays ne répondent à ce stade que partiellement aux exigences.

Le niveau de préparation pour le Pilier 3 est quant à lui encore faible : 80 % des participants à l’enquête reconnaissent en effet n'avoir que peu avancé sur ce sujet. En Grande-Bretagne, en France et aux Pays-Bas, les assureurs sont relativement bien préparés par rapport aux autres pays. Néanmoins, y compris dans ces trois pays leaders, 60 % à 70 % des assureurs doivent encore se mettre en conformité avec la majorité des exigences du Pilier 3.

Selon Martin Bradley, associé EY au sein du département financier et coordinateur Solvabilité II au niveau mondial : « Nous savons, par les entreprises ayant commencé leurs projets relatifs au Pilier 3, que la gestion de la qualité des données et les améliorations nécessaires des processus, contrôles et systèmes d’information restent une cible ambitieuse à atteindre compte tenu du calendrier actuel. »

Le niveau de préparation des entreprises pour le Pilier 2 est peut-être surestimé par les acteurs eux-mêmes.
Seulement 17 % des compagnies d’assurance ont formellement évalué leurs systèmes de gestion des risques et déterminé leur efficacité au regard des résultats attendus.
M. Bradley précise : « Il existe un risque que les participants aient surestimé leur niveau de préparation au Pilier 2, sans doute parce qu’ils ont davantage mis l’accent sur l’existence et la nature de chacun de ses composants que sur l’efficacité réelle de leurs systèmes de gestion des risques. »

Le niveau de préparation concernant les données et les systèmes d’information est un sujet de forte préoccupation.
Près de 69 % des assureurs disent ne répondre que partiellement aux exigences de Solvabilité II concernant la gestion des données. 81 % d’entre eux rencontrent notamment des difficultés avec les normes d’intégration des données, leur application au niveau du groupe et leurs partenaires externes.

Selon Jan Leiding, associé EY au sein du département financier : « Faire en sorte que l’environnement des données fonctionne représente un défi colossal et exige des entreprises qu’elles intègrent des systèmes d’informations multiples et complexes. L’enquête montre que l’état d’avancement dans la mise en place d’une gouvernance et de contrôles adéquats est particulièrement faible. Le report de l’entrée en vigueur de la directive conduite par l’EIOPA (Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles) donne une marge de manœuvre supplémentaire, mais ces points seront considérés comme des défaillances majeures et exigent dès à présent la plus grande attention. »

70 % des participants commencent à mettre en place des actions relatives à l’optimisation du capital.
70 % des assureurs projettent d'investir dans tout un éventail de stratégies d’optimisation du capital pendant l’année 2013 et au-delà. Près de 50 % des participants travaillent déjà sur des stratégies de gestion actif / passif et de couverture, ainsi que sur la gestion du risque de contrepartie.

Martin Bradley précise : « L’optimisation du capital est un sujet trop important pour que les assureurs attendent d’avoir une certitude absolue sur les règles ou une gamme complète d’indicateurs pour explorer les opportunités d'amélioration. Au contraire, ils s’engagent dans des activités pour lesquelles l’impact est relativement prévisible ou qui représentent une opportunité de réduire les impacts négatifs attendus de Solvabilité II. »

Les grands assureurs de la place sont partisans du modèle interne et cherchent à réduire leur SCR (Solvency Capital Requirement)
Notre enquête montre que la moitié des participants développe actuellement des modèles internes complets ou partiels. A ce stade, les assureurs estiment à 16 % en moyenne la baisse du SCR suite à l’utilisation d’un modèle interne et plusieurs d’entre eux s’attendent à une économie bien plus substantielle : 26 % des assureurs anticipent une baisse de leur SCR comprise entre 20 % et 30 %, et 14 % une baisse de plus de 30 %.