La crise financière : accélératrice de changement pour l’industrie pharmaceutique
L’enquête semestrielle "Progressions, Executing for success: powering new business models", conduite auprès de 40 dirigeants de 15 grands laboratoires pharmaceutiques dans le monde, identifie les risques et opportunités auxquelles l’industrie pharmaceutique fait face.
Paris, le 21 novembre 2008 - Les patrons des plus grands laboratoires reconnaissent le besoin de transformation de leurs entreprises et devront agir rapidement pour assurer le maintien de la croissance du secteur. Les conditions actuelles des marchés financiers dans le monde et la menace d’une grave récession ont accéléré le calendrier de la mise en œuvre du changement, au moment où la profession est confrontée à la baisse du cours des actions et à des payeurs de plus en plus sensibles au prix.
Le rapport Progressions met à jour les principales préoccupations de ces patrons et relève leur niveau d’avancement dans la transformation des entreprises qu’ils dirigent.
La crise intervient alors même que le secteur doit faire face à de nombreux défis dont notamment les expirations de brevets, la pression réglementaire et celles sur les prix, la faiblesse du pipeline de produits en phase finale de développement, les évolutions de la population, les problèmes d’efficacité et de mondialisation. Alors que la majorité des sociétés ont déjà pris des orientations majeures en vue de transformer leur entreprise et leur modèle économique, la plupart doivent encore imaginer les grandes orientations structurantes à lancer et définir les changements organisationnels et fonctionnels nécessaires pour mettre en place ces nouveaux modèles.
« Les 15 plus importants laboratoires pharmaceutiques ont connu des changements de dirigeants au cours de ces deux dernières années, drainant ainsi de nouveaux talents à la tête de ces organisations. Ces profils sont majoritairement issus de secteurs ayant résolu avec succès les problèmes auxquels est aujourd’hui confrontée l’industrie pharmaceutique », souligne Virginie Lefebvre Dutilleul, Associée Avocate Ernst & Young Société d’Avocats et responsable du secteur Pharma pour la France.
« Ces changements devraient aider les entreprises pharmaceutiques à transformer leur fonction financière, la structure de leur organisation et les modèles économiques d’une façon qui leur permettra de pérenniser leur objectif de croissance dans une période plus exigeante. »
L’enquête met également en lumière les enseignements suivants:
- L’amélioration du flux de nouveaux produits est « la » priorité des dirigeants de laboratoires pharmaceutiques. 72% des dirigeants interrogés indiquent que la faiblesse de leur pipeline est un problème majeur. Les autres points préoccupants sont la production et le maintien de produits de valeur sur des marchés aujourd’hui exigeants (47 %), les pressions exercées par les autorités réglementaires mondiales (44%) ainsi que la redéfinition du client face à l’augmentation du poids des payeurs (36%).
- La réduction des coûts oui mais dans le cadre d’une approche stratégique durable. Les dirigeants des laboratoires ont pour objectif des réductions de coûts pérennes. Ils cherchent à s’affranchir des projets de réduction déconnectés des plans de croissance à long terme ou qui fragilisent la stratégie de l’entreprise. Seuls 40 % du panel placent l’optimisation des coûts au premier rang de leurs actions, contre 92% en 2007.
- L’innovation et la valeur des produits au cœur de la transformation du modèle économique. 66% des participants ont placé la redynamisation de la recherche et du développement comme l’action stratégique en cours la plus importante dans leur entreprise et 40% l’ouverture à de nouveaux marchés et la priorité donnée au client comme principaux domaines d’attention.
Selon les résultats de l’enquête Progressions, bien que ces changements stratégiques doivent renforcer l’efficacité de leur entreprise, la plupart des dirigeants de l’industrie pharmaceutique n’avance pas réellement d’évolutions radicales du modèle économique. Par exemple, il n’y a que peu d’intérêt pour le développement d’autres activités complémentaires dans le domaine des soins pour entrer en concurrence avec des secteurs différents (comme l’alimentaire, les produits financiers ou les produits de grande consommation) qui visent la clientèle de l’industrie pharmaceutique. La plupart des sociétés continuent de poursuivre un modèle économique fondé exclusivement sur le produit au lieu de développer une offre basée sur le service, qui pourrait étendre les relations avec le client.
En outre, l’enquête révèle que certaines actions sont insuffisamment explorées dans leur transformation : les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas entamé de restructuration offensive du cycle de vie de leur capital humain, qui mérite toutefois d'être découvert, développé et managé. Pourtant, compte-tenu des év olutions démographiques et du potentiel de talents qu’elles génèrent, ces pistes ne devraient pas être sous-estimées.
Selon ce rapport, la transformation de la fonction financière est un premier pas décisif pour préparer la mise en œuvre des grands changements organisationnels et économiques désormais indispensables. Dans l’environnement actuel, le rôle de la finance dépasse ses missions traditionnelles pour devenir un acteur central chargé d’identifier les stratégies adaptées aux besoins des parties prenantes du secteur et leur proposer un cadre de décision qui créera de la valeur.
« Actuellement, il est plus important que jamais que les sociétés s’intéressent à de nouvelles problématiques qui jusqu’à présent n’avaient pas été totalement intégrées, depuis la fragmentation du risque jusqu’au besoin d’adopter une culture de croissance faible ou de meilleure allocation du capital », commente Didier Désert, Associé Advisory et en charge du secteur Pharma pour Ernst & Young en France. « Alors que l’industrie pharmaceutique est en train de passer de la réalisation de croissance exceptionnelle du chiffre d’affaires à une gestion axée sur la rentabilité, le besoin de transformer la fonction finance est devenu particulièrement urgent. »
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A propos de l’enquête
Ernst & Young a confié à Broderick & Company, cabinet indépendant de conseil en stratégie, la mission de réaliser une enquête mondiale auprès de 40 dirigeants de 15 grands laboratoires pharmaceutiques dans le monde. Les personnes interrogées représentaient différentes fonctions de direction dans chaque société : directeur financier et autres fonctions financières comme directeur financier de division, vice-président finance, contrôleur de gestion, directeur financier régional et trésorier ; directeur informatique ou directeur des nouvelles technologies ; directeur des principaux domaines d’activité ; ainsi que des membres du conseil d’administration.
A propos du Global Pharmaceutical center :
Composées de professionnels qui ont fait leurs preuves en audit, droit, fiscalité, transaction et conseil, les équipes d’Ernst & Young dédiées au secteur Pharma réunissent leurs talents à travers le monde, pour aider les entreprises de ce secteur à concrétiser leurs projets. Elles bénéficient des compétences de notre Global Pharmaceutical Center pour aider à anticiper les tendances du marché, à comprendre les implications et à concevoir des solutions innovantes.
A propos d’Ernst & Young
Ernst & Young est un des leaders mondiaux dans les services de conseil, transaction, fiscalité et assurance. Nos 135 000 professionnels dans le monde sont unis par des valeurs partagées et un même engagement infaillible dans la qualité. Nous mettons notre différence à aider nos collaborateurs, nos clients et les collectivités où nous vivons à réaliser leurs potentiels.