
L'évolution technologique a entraîné beaucoup de changements dans l'entreprise au cours de la décennie passée et surtout ces dernières années. Comment se manifestent-ils?
Jo Sanders: 'Le rôle de l'entrepreneur change fondamentalement à chaque phase de croissance de l'entreprise. Dans une première phase, l'entrepreneur est sur le front. A la seconde phase, il se fait aider par différents bras droits, ce qui apporte davantage de structure dans l'entreprise. Dans la troisième phase, l'entrepreneur devient davantage un manager, qui s'entoure d'autres managers, complémentaires. L'entreprise en pleine croissance d'aujourd'hui se concentre beaucoup plus sur sa tâche principale et consacre bien moins d'attention aux activités secondaires. L'entrepreneur peut se faire aider par les applications adéquates dans chacune de ces trois phases.'
Yves Tiberghien: 'Dans une première phase, ou phase de création de l'entreprise, nous recommandons à l'entrepreneur de ne pas perdre son énergie à organiser et gérer lui-même sa comptabilité, mais de la sous-traiter complètement par le biais de l'eAccounting.'
'Au fur et à mesure que l'entreprise se développe, l'entrepreneur se rend compte de la nécessité de déléguer de plus en plus. Les rapports et le suivi sont essentiels à ce stade. Et c'est là qu'intervient l'eFinancials.'
'Dans la troisième phase, le chef d'entreprise est tellement bien entouré qu'il n'a plus besoin que d'une sorte de tableau de bord, qui lui permet d'évaluer en un clin d'œil la performance de son entreprise. Grâce à l'ePerformance, il peut se concentrer entièrement à son activité.'
Dans le contexte actuel, les changements se succèdent de plus en plus rapidement. L'entrepreneur parvient-il encore à suivre?
Lena Plas: 'L'époque a changé, mais les outils aussi. Le chef d'entreprise d'aujourd'hui doit traiter énormément d'informations, mais il dispose des moyens pour le faire de manière synoptique, grâce à l'eAccounting, l'eFinancials et l'ePerformance, des applications qui ne requièrent pas de connaissances comptables ou informatiques spécialisées. En fait, dans l'eAccounting, l'eFinancials et l'eReporting, ce n'est pas le 'e' qui occupe la place centrale, mais bien l'accounting, la finance et la performance. En d'autres termes: l'internet est devenu adulte et joue son rôle de soutien à l'arrière-plan.'
Les informations de management deviennent de plus en plus indispensables. Pour quelle raison ?
Jo Sanders : 'Traditionnellement, seules les données financières étaient mesurées, et c'est toujours ainsi. le cas. Mais aujourd'hui, le chef d'entreprise veut aussi mesurer la qualité des relations avec ses clients, les prestations opérationnelles et le degré d'innovation de son entreprise. Ces mesures sont converties en tableaux ou scorecards qui permettent de visualiser immédiatement les liens entre tous ces éléments. On voit ainsi que l'aspect financier est souvent le résultat des autres éléments. Grâce à la mesure des indicateurs non-financiers, l'entrepreneur bénéficie d'une vue bien plus complète de la situation dans son entreprise et il peut développer sa stratégie et l'adapter si nécessaire. Il s'agit donc d'un système de gestion proactive.
La croissance du marché est exponentielle. Comment le chef d'entreprise peut-il évoluer avec ce marché ?
Yves Tiberghien: 'Il y a dix ans, le manager s'occupait aussi, souvent par nécessité, de la comptabilité et de l'administration de son entreprise, alors que l'entrepreneur actuel se consacre à son activité principale et travaille avec un partenaire financier, qui participe activement à l'élaboration de la stratégie financière et doit pouvoir à cet effet accéder aux informations ou analyser les mesures.'
Vous donnez des outils à l'entreprise, mais vous l'encadrez également avec des services.
Lena Plas : 'Avec l'eAccounting, nous pouvons décharger le manager de tout le travail comptable. Lorsque l'entreprise passe à l'eFinancials et l'ePerformance, nous aidons le manager à interpréter les informations collectées, à mettre les bons accents là où il le faut et nous évaluons ses besoins en matière de rapport.'
Quand l'entreprise sous-traite sa comptabilité, ne perd-elle pas le contrôle sur des informations très importantes ? N'est-ce pas risqué ?
Lena Plas : 'Cette crainte est injustifiée mais réelle. Ainsi, de nombreux chefs d'entreprise tiennent à la présence physique de leurs données sur leur propre serveur. Alors que dans la réalité, ces données sont stockées quelque part dans un local, non gérées. La crainte de passer à l'e-business est injustifiée, car les informations de l'entreprise sont justement stockées dans un environnement sécurisé.'
Quel est le degré d'intégration de ce système, qui est en réalité un système de management anglosaxon ?
Yves Tiberghien : 'Il est en progression en Belgique, mais il a encore du chemin à parcourir. Il nécessite un changement de mentalité. Mais le progrès technique le rend de plus en plus attrayant.
Il y cinq ans, nous n'aurions pas pu proposer ce système aux entreprises en développement. Entre-temps, les outils sont devenus beaucoup plus intuitifs et flexibles. De nombreuses entreprises déposent toujours leurs rapports conformément à la loi comptable belge. Les comptables sont par nature des personnes conservatrices. Ils génèrent des chiffres après les faits, alors qu'il faudrait appliquer une approche beaucoup plus proactivement. C'est là que se situe en partie la peur de franchir le cap. On n'a pas encore assez évolué d'un 'IT-Orientend Business' vers une 'Business oriented IT'. Un avenir radieux attend les informaticiens.
David Hendrickx
17:02 - 29/11/2007
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