Paperjam, February 2013

Faut-il préférer la gestion active par rapport à la gestion passive, comme par exemple un investissement dans les indices sous forme de ETF ?

Le passé ne garantit pas l’avenir

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Eternel débat jamais résolu, on peut conclure que rien n’est tout blanc ni tout noir.

Différentes études ont été menées et ont souvent conclu qu’en moyenne la gestion passive est plus performante en rendements que la gestion active.  Par exemple, moins de 50 % des fonds d’action américaines ont battu l’indice S&P 500 depuis 2000, et ce nombre serait bien inférieur si on y incluait tous les fonds ayant fusionné avec d’autres ou ceux qui ont carrément fermé boutique. Mais une moyenne, ça ne veut pas dire grand-chose.

On peut toujours croire à la valeur ajoutée d’une gestion active, qui permet notamment de réduire la volatilité des rendements durant les différents cycles économiques. Si une aversion au risque augmente ou que le marché semble trop cher, on réduira les positions en vendant ses parts dans une gestion passive qui en l’essence réplique le marché. La gestion active permet d’être plus prudent que le marché tout en gardant des investissements, par exemple en investissant dans des secteurs moins cycliques. Le gros problème dans la valeur ajoutée qu’une gestion active peut apporter, c’est que les meilleurs gestionnaires d’aujourd’hui ne seront pas nécessairement les meilleurs gestionnaires de demain. Le passé ne garantit pas l’avenir.

L’environnement mondial change vite et les analyses des gestionnaires actifs ne sont pas toujours adéquates au fil du temps. Si c’est le cas, il faut alors changer de gestionnaire actif. Par contre, pour un petit investisseur, la gestion indicielle est souvent la plus appropriée. Un individu a rarement l’expertise ou le temps pour choisir des entreprises et en faire l’analyse comptable et économique. Souvent un fonds commun, lorsqu’il coûte de 2,5 à 3 % par an en frais de toutes sortes, efface la plus-value d’une gestion active.

 

Bernard Lhoest, Banking and Capital Markets Leader, EY Luxembourg