Luxemburger Wort, 8 November 2013

"C'est exaltant l'entreprise"

Les six finalistes de l'édition 2013 sont dévoilés ce vendredi.

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EY a relancé cette année le prix de l'entrepreneur de l'année. 19 candidatures ont été retenues et évaluées par un jury présidé par Robert Dennewald, président de la Fedil. Yves Even, partner d'EY qui supervise le prix et Robert Dennewald reviennent sur l'intérêt du prix et sur les enjeux du monde entrepreneurial aujourd'hui.

Cela fait quatre ans depuis le dernier prix de l'entrepreneur. Pourquoi l'avoir relancé en 2013?

Yves Even: Nous vivons actuellement une période difficile, le modèle luxembourgeois tel que nous le connaissons est remis en question. Avec le prix de l'entrepreneur de l'année nous voulons mettre en évidence des hommes et des femmes entrepreneurs, qui prennent des initiatives, qui progressent qui innovent et qui montrent qu'il est toujours possible de créer de la valeur et de dynamiser le marché économique luxembourgeois. C'est pour cela que nous l'avons réorganisé cette année.

Le prix d'entrepreneur de l'année est organisé par EY tous les ans dans le monde. A-t-il vocation à devenir annuel au Luxembourg?

Yves Even: Le réseau d'entrepreneurs est lié à la taille du pays, ce n'est pas adéquate de le réaliser tous les ans au Luxembourg mais plutôt tous les trois ans. Nous pensons cependant qu'il est absolument nécessaire de plus sensibiliser le grand public sur l'importance de l'entreprenariat Nous réfléchissons à organiser un événement ou une étude tous les ans.

Y a-t-il des modifications depuis le dernier prix?

Yves Even: Dans le processus, il n'y a pas de changement. Mais face à la grande qualité des candidatures cette année, le jury décidé de faire un prix spécial du jury. Six finalistes vont être présentés aujourd'hui pour le prix de l'année à quoi s'ajoutera le prix spécial.

Que gagne le candidat?

Yves Even: Il ne gagne pas d'argent mais il aura la grande tâche et le grand plaisir de représenter le Luxembourg au prix de l'entrepreneur mondial qui se tiendra en juin prochain à Monaco, ce qui lui ouvrira des opportunités. Cela apporte aussi une visibilité dans les médias aussi bien national qu'international.

Quel est le profil des candidats?

Robert Dennewald: Ce qui nous a fait plaisir c'est le spectre très large des entreprises: cela allait des services au secteur manufacturier en passant par l'artisanat. Je ne crois pas que nous ayons eu des start up, il faut des sociétés qui ont une certaine assise, une certaine histoire. Nous nous sommes mis d'accord au sein du jury sur plusieurs critères comme par exemple le degré d'internationalisation d'une société et une start up aurait dans ce cas de mauvaises performances. Les lauréats que nous allons présenter sont de belles entreprises, nous n'avons pas à blêmir de les envoyer au prix mondial de Monaco.

Plus généralement, quel est le profil de l'entrepreneur au Luxembourg?

Yves Even: Si on veut dresser le portrait de l'entrepreneur type au Luxembourg on peut dire que, oui, il y a des start up mais nous avons aussi des famille d'entrepreneurs. Des entrepreneurs qui ont eu toute leur vie cette approche entrepreneuriale mais aussi leurs parents voire leur grands-parents l'ont eu. Ces profils se remarquent d'autan plus qu'on a le sentiment qu'il n'y a pas assez d'entrepreneurs au Luxembourg. Il serait bien que les jeunes Luxembourgeois s'intéressent à l'entreprenariat.

Comment inciter les jeunes à s'intéresser à l'entreprise?

Robert Dennewald: C'est trist-ounet de voir peu de candida-tures luxembourgeoises. Il faudrait commencer à un stade précoce, que l'on parle plus de l'entreprise en famille, il faut aussi qu'à l'école on s'intéresse plus à l'entreprise à un plus jeune âge. C'est tellement exha-lant d'être dans une entreprise et de pouvoir contribuer à la richesse du pays. C'est là le vrai challenge. Je crois qu'il serait bon aussi que le Luxembourg réfléchisse à la question comment on pourrait mobiliser des capitaux privés pour finan-cer des entreprises luxembourgeoises. Si le gouvernement va reconduire le haut-comité pour l'industrie, nous allons très certainement soumettre des propositions dans ce sens.

Il faudra aussi se soucier de la reprise d’entreprises. Il y a un risque soit que les entreprises disparaissent ou qu'elles soient reprises par un groupe international. Avec chaque reprise par un groupe international, le centre de décision disparaît du Luxembourg. C'est dommage qu'on ne puisse pas trouver de repreneurs parmi les résidents luxembourgeois.

 Interview : Linda Cortey

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