Luxemburger Wort, 15 février 2014

La formation, un plus pour l’entreprise ?

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Pour toutes les entreprises de renom  international, et notamment celles actives dans le domaine du service professionnel, leur réputation dépend essentiellement de leurs employés : un actif à réelle valeur ajoutée.  Les talents qu’elles attirent doivent présenter, mais également une fois embauchés, se maintenir à un niveau très élevé de qualification et de compétence.  La formation doit dès lors faire partie intégrante de la politique de développement professionnel et personnel de la firme.  Lorsque de nouveaux collaborateurs sont recrutés dans l’entreprise, les premiers jours dédiés à leur intégration sont primordiaux afin de donner le ton sur la culture et les valeurs propres à l’entreprise.  La formation joue donc un rôle crucial dès leurs premiers pas dans ce nouveau monde du travail.  Ainsi, un programme d’accueil s’articulant autour de l’organisation et les valeurs de la firme permet aux nouveaux collaborateurs de démontrer leur adhésion à ces valeurs et à un code de conduite spécifique. 

Une responsabilité partagée 

Selon un sondage réalisé auprès d’étudiants afin d’établir le classement 2013 des employeurs les plus attractifs à l’échelle mondiale*, EY s’est vu attribuer le titre de société de services professionnels la plus attractive au monde. Dans les raisons invoquées par les personnes interrogées, le volet formation est un élément déterminant.  Autre critères de choix : le succès commercial de l’entreprise, le développement professionnel et la sécurité de l’emploi.  

Concrètement, à chaque étape de l’évolution d’une carrière, il est primordial que les collaborateurs se voient proposer un agenda de formation bien défini et adapté aux responsabilités propres à leur nouveau rôle.  Aussi, plus ils évoluent dans la hiérarchie, plus les formations orientées vers leurs compétences interrelationnelles doivent prendre le pas sur les formations d’ordre purement « technique métier ».  Chez EY, par exemple, en fonction de leur ligne de métier, les employés ont l’opportunité de compléter leur cursus universitaire par une qualification professionnelle. Dans un département d’audit de Big 4 plus particulièrement, les professionnels sont invités à suivre le cursus de réviseur d’entreprises établi par la CSSF, leur autorité de tutelle. Dans ce contexte, il est indispensable que le salarié soit proactif dans son apprentissage. C’est un choix qui sert à la fois ses intérêts et ceux de son entreprise.  

L’impact de la formation et son retour sur investissement sont optimisés quand l’employé y voit un intérêt immédiat dans ses fonctions.  A nouveau, l’employeur et l’employé sont conjointement responsables ; et ce, grâce au système de gestion des carrières et à la mise en pratique au travers de l’expérience sur le terrain. 

Le bon mélange 

La formation représente un investissement immatériel important.  Il s’agit de trouver le bon équilibre entre des sessions de formation délivrées par des experts internes et des experts externes, en fonction des sujets abordés et des objectifs recherchés.  Les collaborateurs internes, agissant comme formateurs, sont en général d’excellents vecteurs des valeurs et de la culture d’entreprise.  Dans leur rôle de coach, ils sont aussi les mieux placés pour tenir des conversations constructives avec les salariés formés, afin de les encourager à mettre en application l’apprentissage théorique dans la pratique. 

La formation favorise la fidélisation de l’équipe en augmentant son sentiment d’appartenance à l’organisation, sa satisfaction et en définitive, sa motivation et son niveau d’engagement.

Les grands défis pour le futur 

L’évolution de plus en plus rapide des métiers dans un contexte international impose à l’entreprise de proposer une formation en temps réel à ses employés.  L’interactivité, ainsi que l’utilisation des technologies innovantes devient indispensable afin d’assurer un niveau suffisant de qualité et de pertinence à la formation.  Les jeunes, tout autant que les professionnels expérimentés, sont de plus en plus demandeurs d’un nouveau style d’apprentissage « responsabilisant ».  Celui-ci doit être basé sur des mises en situations réelles dans un environnement sécurisé, sans enjeu, afin qu’ils puissent juger par eux-mêmes des progrès réalisés et se motiver pour aller au bout de l’apprentissage. 

La prise en charge de ces programmes de formation par l’employeur représente un investissement important.  Cependant, le retour sur investissement, bien que difficilement mesurable, restera toujours positif.  Un indicateur parmi d’autres est, par exemple, le niveau élevé d’exigence et de rigueur que l’employé s’imposera à lui-même à force d’être sollicité à évoluer et ultimement la satisfaction des clients reste le meilleur indicateur de la qualité de formation des collaborateurs. 

La contrainte budgétaire, dans un contexte économique étriqué comme aujourd’hui, peut amener l’employeur à se poser une question légitime : « Que faisons-nous si nos employés bien formés décident de nous quitter ? » Retournons la question et demandons-nous ce qu’il adviendrait de l’entreprise si elle retenait des collaborateurs non formés ?

 

Alexandra Goosse, Associate Director auprès d’EY Luxembourg

 

* classement établi par Universum et intitulé «World’s most attractive employers »