Agefi Luxembourg, avril 2014

Le Luxembourg, un centre d’excellence opérationnelle pour la trésorerie d’entreprise

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Situé au cœur de l’Europe, entre l’Allemagne, la France et la Belgique, et, à proximité des Pays-Bas, la situation géographique du Luxembourg combinée à la qualité et la densité de son réseau de communications avec les principaux marchés financiers en fait une plaque tournante de la Finance d’Entreprise.

L’expertise qu’affiche le Grand-Duché dans l’administration des fonds et le secteur bancaire ainsi que la multitude de compétences qu’il entretient dans diverses industries constituent des fondations solides de cette renommée internationale qui a d’ores et déjà convaincu  bon nombre d’entreprises de développer leurs centres de trésorerie et de financement dans notre pays.

Avec un PIB par habitant le plus élevé du monde - 115 720 USD en 2014 selon le FMI - la qualité de vie, la stabilité politique, économique et sociale du pays contribuent à l’attractivité de la place pour les entreprises internationales. Ce contexte favorable lui a, entre autres, permis d’accéder au premier rang des pays les plus compétitifs et les plus productifs au monde. Eurostat nous attribue, en effet, un score de 169 en 2011 alors que la moyenne européenne de productivité est placée à 100 et que la zone Euro obtient un total de 110.

L’image sécurisante que renvoie le Luxembourg sur les marchés économiques et financiers se trouve renforcée par son économie ouverte développée, ses revenus élevés, son bilan public solide et sa position de créditeur net vis-à-vis des autres pays. Il demeure, en outre, et, à l’instar des Pays-Bas et du Royaume-Uni, le seul pays de l’Europe des 28 à avoir obtenu la certification AAA.

Son territoire, reconnu en tant que place financière on-shore régulée et sur laquelle évoluent des acteurs majeurs y ayant localisé leurs opérations de trésorerie et de financement, s’affirme également comme un marché de capitaux attractif pour les entreprises multinationales en quête de financements sur mesure. Le Luxembourg est, en effet, le siège de plus de 146 banques internationales, le premier centre de gestion des richesses de la zone Euro et le second centre de fonds d’investissement du monde après les Etats-Unis.

La bourse luxembourgeoise occupe également une place de choix en Europe avec près de 40 300 opérations boursières et 42 % de la totalité des obligations internationales enregistrées sur les marchés européens recensées actuellement.

 

Pourquoi établir ses activités de trésorerie et de financement d’entreprise au Luxembourg ?

Etablir son centre de trésorerie ou de financement au Luxembourg revient à adosser  sa structure à quatre piliers majeurs d’excellence opérationnelle : des environnements fiscaux et légaux stables et régulés, des coûts et des conditions de travail avantageux, des infrastructures adaptées et de multiples possibilités de financement.

Le système fiscal luxembourgeois affiche une certaine stabilité avec un barème d’imposition effective relativement bas, l’absence ou la réduction de retenue à la source des paiements d’intérêts depuis et vers le pays, la possibilité de prétendre à un faible taux de revenus imposables pour les activités de trésorerie et encore  une approche intéressante de personnalisation de la structuration et de nombreuses conventions fiscales bilatérales.

De plus, la main d’œuvre s’avère hautement qualifiée, internationale et polyglotte ce qui permet de consolider l’expertise des différents acteurs du marché, tels que les banques, les fournisseurs de services aux entreprises ou les auditeurs, à un coût limité grâce aux charges sociales compétitives.

Le Luxembourg bénéficie également des infrastructures nécessaires aux opérations de trésorerie et de financement et des services qui leurs sont inhérents comme les services de cash pooling dans les devises principales ou encore l’utilisation de protocoles SWIFT Net et SEPA. Ainsi, de nombreuses entreprises internationales y ont déjà installé leurs sièges sociaux régionaux, européens ou encore internationaux et leurs centres de trésorerie ou de financement suscitant l’éclosion d’un marché pour les banques d’entreprises.

Enfin, d’une part, la Bourse de Luxembourg offre de multiples alternatives concernant les provisions de capitaux et, d’autre part, les banques proposent tous types de produits financiers structurés pour répondre aux besoins des centres de trésorerie et de financement actuels et potentiels.

 

Renforcer ses activités de cash pooling grâce aux services des banques luxembourgeoises

La communauté bancaire luxembourgeoise est dotée d’infrastructures adaptées au large éventail d’opérations de trésorerie et de financement qu’elle propose. Ces activités demeurent, néanmoins, facilement accessibles aux entreprises qui trouvent également au Luxembourg un contexte fiscal favorable au cash pooling grâce aux nombreuses conventions de double imposition. Ces atouts conservent leurs attraits pour les questions de trésorerie, de financement et de centres de services comptables partagés.

Le cash pooling permet aux entreprises de combiner sur un seul et unique compte leur position de débiteur sur certains comptes et de créditeur sur d’autres. Le cash pooling multinational ou multidevises est à l’origine d’une réelle évolution managériale. En effet, il participe à l’accroissement de la visibilité générale sur la position de trésorerie nette d’un groupe et permet de créer une « banque interne » pour optimiser les financements intra-groupe.

Les entreprises qui ont mis en œuvre de telles opérations ont, par la même occasion, diminué leur niveau de dette et, par conséquent, réduit leurs charges financières grâce à une meilleure répartition des liquidités disponibles. Ce mécanisme additionné à des positions centralisées de trésorerie nette ainsi qu’à un meilleur retour sur solde positif de trésorerie, conditionne, à son tour, un meilleur ratio de solvabilité.

Le cash pooling, au même titre que la gestion des risques sur intérêt et sur change, peut, enfin,  permettre une réduction des coûts opérationnels par l’élimination des fonctions de trésorerie locales et régionales.

En résumé, pour beaucoup d’entreprises ou de multinationales, la centralisation devient un enjeu crucial de leur stratégie globale de gestion de trésorerie et ce pour diverses raisons. Dans un premier temps, elle accroit leur visibilité en temps réel sur la position générale de leur trésorerie et leur permet donc d’établir des prévisions plus fiables. Dans un second temps, elle réduit et optimise leur niveau d’endettement grâce à une répartition plus efficace des liquidités disponibles. Dans un troisième temps, elle renforce leur réputation de solvabilité grâce à une trésorerie nette centralisée. Et enfin, dans un dernier temps, elle participe à l’amélioration des conditions de placement en cas de soldes positifs de trésorerie.

 

Optimiser son processus de gestion des commandes en mettant en place une « centrale de paiements »

Pour de nombreuses entreprises, la gestion des commandes s’effectue encore à un niveau local. Bien que plus flexible en termes de structure et pour les opérations quotidiennes, cette approche peut, néanmoins, réduire la visibilité du groupe sur les mouvements de trésorerie, complexifier les processus d’approbation ou encore accroître les risques opérationnels et les coûts de transactions.

La possibilité de réduire ces coûts et ces risques sur la migration des débits et crédits automatiques en euro vers les standards SEPA incite les grands groupes à considérer la mise en place de centrales de paiements afin d’optimiser le contrôle des flux de paiements précédemment décentralisés.

Deux types de centrales de paiements se retrouvent majoritairement sur le marché; des centres de services partagés, qui regroupent physiquement les flux de paiements et l’équipe en charge, et des entités spécifiquement dédiées aux transactions bancaires, qui sont parfois inclues dans les départements trésorerie. Dans tous les cas, cette mise en place induit une réduction significative des connections bancaires, des formats de fichiers utilisés, des types de protocoles de communication et également une centralisation et une automatisation des processus de règlement afin d’accroitre l’efficacité et le contrôle des processus de paiement et de réduire les frais bancaires.

Au Luxembourg, les fournisseurs de services informatiques et bancaires présentent des atouts  majeurs pour la mise en place de centrales de paiements, tels que la reconnaissance des principaux standards d’interfaces -SWIFT Net, ISO 20022 XML, SEPA, etc.- ou la présence de cabinets de conseil en PGI et d’experts en fiscalité et en juridiction pour les considérations d’ordres fiscales directes et indirectes.

 

Utiliser des solutions sur mesure pour ses financements

Afin de répondre aux besoins des centres de trésorerie et de financement, les banques luxembourgeoises offrent toutes sortes de produits financiers structurés, tels que les prêts syndiqués, la titrisation, les dérivés de crédits et d’autres instruments des marchés de capitaux qui présentent tous de nombreux avantages.

Par la subordination de dette, une fonction financière structurée permet, par exemple, d’accéder à des priorités de remboursement plus faibles que pour n’importe quelle autre dette prioritaire. En cas de liquidation pendant une faillite, cette dette est, en effet, remboursable après les autres. Cette pratique optimise également la capacité et la fiabilité de financement. De plus, les prêteurs, ne pouvant pas récupérer leurs investissements et les actifs de l’entreprise grâce au système d’ABS, portent moins d’intérêt aux bilans actuels et aux prêteurs prioritaires et encouragent plutôt une stratégie de remboursement des prêts.

La titrisation des actifs, quant à elle, permet aux cédants d’entrer en contact avec des investisseurs potentiels sur les marchés de capitaux et d’obtenir, ainsi, de nouvelles sources de financement. Elle favorise également la transformation de portefeuilles difficiles à revendre sans décotes en portefeuilles liquides ce qui permet une diversification des ventes vers plusieurs investisseurs. De plus, ces derniers ne fondent pas leurs décisions d’investissements sur la situation financière des entreprises mais sur la qualité des actifs en jeux permettant aux entreprises dont la santé financière laisse à désirer de lever des fonds à des conditions raisonnables si des actifs de qualité sont identifiés dans leur bilan. En outre, le risque de perte est endossé par les investisseurs et non plus uniquement par le cédant. Enfin, la titrisation permet de diminuer les coûts d’emprunt. Les entreprises notées BB mais dont la marge brute d’autofinancement est évaluée AAA, grâce aux actifs sous-jacents et autres rehaussements du crédit peuvent, par exemple, emprunter à un taux d’intérêt AAA.

Cette combinaison de facteurs dont une position géographique centrale, une économie robuste et stable, une expertise professionnelle et un cadre attractifs font du Luxembourg une alternative d’excellence opérationnelle pour les entreprises désireuses d’établir leur centre de trésorerie international.

 

Brice Lecoustey, Associé, responsable des activités de conseil et de trésorerie auprès d’EY Luxembourg