Le Jeudi, 22 mai 2014

Professionnels du secteur financier : le meilleur est encore à venir

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Le nombre de Professionnel du secteur financier (PSF) a légèrement reculé l’an dernier. Mais le statut n’est pas à bout de souffle. Au contraire.

« Avec 20 nouvelles entités agréées en cours d’année, contre 24 abandons de statut, le nombre des PSF toutes catégories confondues a reculé en 2013. L’évolution nette en nombre est en effet restée négative pour les entreprises d’investissement (-2 entités) et les PSF de support (-4 entités) tandis que la tendance à la hausse du nombre des PSF spécialisés s’est maintenue avec 2 entités supplémentaires » souligne le Commission de surveillance du secteur financier dans son rapport d’activités 2013, paru début mai. Comme en 2012, les PSF marquent donc le pas.

Pas de quoi s’inquiéter ou y déceler les prémisses à une remise en cause souligne d’emblée Gaël Denis, partner chez Ernst & Young, spécialiste des PSF de support (globalement les sous-traitants de fonctions opérationnelles pour compte de professionnels financiers, notamment tous les entreprise IT) : «la compétition comme la réglementation liée au statut PSF qui induit des investissements  font que les entreprises hésitent parfois à s’engager dans le processus de labellisation et fon t le choix de s’en passer. Il faut savoir que la certification PSF n’est pas une fin en soi. Bon nombre d’entreprises, qui sont majoritairement des PME,  deviennent PSF parce qu’elles ont décroché un contrat avec un client de la Place financière qui nécessite de se mettre en conformité ». Il est vrai aussi que les banques, contrairement à ce qui se pratiquait lors du lancement des PSF, n’obligent plus systématiquement leurs prestataires à être certifiés dès lors que la législation ne l’impose pas.

« Au contraire, le nombre de PSF va encore progresser dans les années à venir et cela alors que leur nombre a déjà explosé en quelques années à peine. Le retour de la croissance, la mise en place par la CSSF de nouvelles licences, le durcissement de la réglementation ou bien encore les garanties que ce statut assurent aux clients sont  autant d’éléments qui vont favoriser leur essor  » enchaine Bernard Lhoest, également partner chez E&Y expert en PSF spécialisés (domiciliataires de société, family offices, dépositaires professionnels d’instruments financiers…) et des entreprises d’investissement (troisième « famille » de PSF). Les spécialistes de souligner également que la pertinence du modèle PSF qui est une « success story » pour reprendre les termes de Gaël Denis, fait qu’il est désormais dupliquer à l’image de la création du PSA  (professionnel du secteur de l’assurance).

PSF de support : en phase d’apprentissage

Chaînon important d’un écosystème qui permet à la place financière luxembourgeoise de se distinguer de ces concurrents à l’échelon international, notamment sur le plan de la transparence et de la gestion du risque, le statut va donc encore élargir son champ d’application en direction du risk management, par exemple. L’efficience passe aussi par un respect plus draconien de la réglementation imposée par la CSSF. Si les PSF spécialisés et les entreprises d’investissement sont rodées en la matière puisqu’elles appliquent depuis plus longtemps déjà des règles proches de celles du monde financier, les PSF de support doivent encore progresser. «La CSSF a dû constater que des améliorations devront être faites pour les prochains exercices sur bon nombre de points » souligne la Commission dans son rapport annuel à propos des rapports d’analyse des risques  et des rapports descriptifs qui lui sont adressés. «C’est la première année de l’entrée en application de la circulaire 12/544, il est donc clair que bon nombre de PSF de support sont encore en phase d’apprentissage. Il leur faudra faire des efforts  pour remettre des rapports plus complets et surtout plus documentés, notamment en ce qui concerne l’identification des risques directs et indirects.  Ce n’est pas simple car répétons-le la grande majorité des PSF de supports sont de petites entreprises mais elles doivent challenger leurs procédures » précise Gaël Denis.

 

Fabrice Barbian

 

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