Comment optimiser ses opérations de trésorerie pour créer de la valeur ?

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Echo des Entreprises
February 2012

Conséquence directe de la crise financière, l’environnement économique actuel pose de nouveaux défis pour les entreprises qui doivent répondre à de nouvelles attentes des investisseurs tels que le niveau de liquidités disponibles, le suivi du risque de crédit et la gestion de trésorerie. Les défauts croissants des états sur la dette souveraine, les conditions restreintes de crédit et la forte volatilité du marché de change rendent la tâche compliquée aux entreprises qui tentent de prouver au marché qu’elles peuvent résister à la tempête. La saturation du marché et la pression accrue sur les prix sont autant de raisons qui poussent les entreprises à optimiser leur besoin en fonds de roulement et la gestion de la fonction finance et notamment les opérations de trésorerie.

Une gestion efficace des risques se fait en deux étapes. La première consiste à s’assurer de la ségrégation des tâches au sein du département Trésorerie. Les entreprises les plus performantes en la matière ont un département d’activités de marché organisé en trois fonctions indépendantes – Front Office, Middle Office et Back Office, ainsi qu’un employé supplémentaire en charge du reporting. L’indépendance de ce dernier est essentielle pour garantir l’objectivité de l’analyse de la profitabilité et du monitoring des risques financiers. Les rôles et responsabilités doivent être formalisés par un organigramme détaillé, revu et validé par le directeur financier et communiqué à l’ensemble du personnel concerné. La deuxième étape correspond à la revue des paramètres utilisés pour évaluer l’exposition au risque et les rapports quotidiens de contrôle des soldes bancaires.

La sécurité des transactions est primordiale et nécessite que l’accent soit mis sur quatre aspects – l’utilisation d’autorisations spéciales pour les transactions significatives et pour avoir accès aux données sensibles, l’existence d’une liste de contreparties autorisées avec les limites de transaction correspondantes, l’approbation par un responsable de l’accréditation et de la délégation des procédures de gestion de comptes bancaires ainsi que la ségrégation de toutes les tâches mentionnées. Cette ségrégation des tâches est notamment assurée par la distribution en interne et aux tiers concernés de la liste des personnes autorisées par transaction et la vérification de la stricte application de cette liste par l’audit interne.

Nulle formule magique pour les entreprises les plus performantes en la matière, celles-ci disposent néanmoins d’une fonction finance optimisée avec des opérations de trésorerie bien gérées, permettant de réduire leurs coûts et leur exposition au risque. Le respect des meilleures pratiques mentionnées conduit à une réduction des besoins et coûts de financement, du besoin en fonds de roulement et à une agilité accrue en termes de gestion quotidienne des opérations financières.

Par Brice Lecoustey, Senior Manager, Advisory Services, EY, Luxembourg