PRIVATE EQUITY : DE VOUS A MOI…

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AGEFI Luxembourg
March 2012

Contribution du Private Equity à la croissance, un modèle durable

Dans un marché très instable et un contexte économique des plus incertains, les maisons de Private Equity restent à l’affut de nouvelles opportunités et poursuivent leurs efforts de levée de fonds.
Depuis le début de la crise financière en 2008, le business model des fonds de Private Equity a assurément démontré sa robustesse en accompagnant les entités en portefeuilles confrontées à des difficultés parfois extrêmes. Au cours de ces trois dernières années, les maisons de Private Equity ont graduellement adapté leur business model à un environnement continuellement volatil.  Sans avoir l’ambition de dresser un bilan exhaustif, deux tendances majeures émergent : le renforcement de l’attention portée au développement de la performance opérationnelle des entités en portefeuille et la diversification géographique.

La performance opérationnelle
Il est indéniable que l’amélioration de la performance opérationnelle des entités en portefeuille a toujours été au cœur du succès du modèle des fonds Private Equity. Au delà des moyens de financement que les fonds sont en mesure d’apporter, leur contribution se caractérise également par des actions précises destinées à améliorer la performance, le plus souvent mesurée par le résultat brut d’exploitation (« EBITDA »), des entités détenues. La valeur d’une entreprise étant généralement mesurée par un multiple de son EBITDA, le renforcement de cette attention provient essentiellement de la combinaison de deux facteurs : i) le contexte économique général et la faible croissance qui impactent négativement la valeur de l’EBITDA et ii) la baisse générale des multiples, reflet de l’évolution des marchés boursiers. Dans ce contexte, un grand nombre de fonds de Private Equity se sont adjoints des nouveaux partenaires opérationnels ou ont renforcé leurs équipes de support aux entités en portefeuilles. L’utilisation de partenaires opérationnels n’a pas seulement bénéficié aux entités cibles, elle a également permis aux maisons de Private Equity d’accroitre leur expertise du secteur sous-jacent leur permettant ainsi d’identifier plus rapidement les opportunités, de dynamiser les processus d’acquisition et de déployer sans délai des plans stratégiques performants. Parallèlement, en renforçant leurs équipes de support, les fonds de Private Equity ont créé des synergies sur l’ensemble de leurs sociétés en portefeuille, notamment au travers de l’harmonisation des processus et systèmes au sein de ces entités. A titre d’exemple, on peut citer le processus de reporting. Dans la même perspective, on remarque que les maisons de Private Equity capitalisent de plus en plus sur les améliorations de performances réalisées en les répliquant à d’autres entités en portefeuille du même secteur.

La diversification géographique
Alors qu’une partie importante des montants levés avant 2008 est encore disponible (dry powder), un grand nombre de maisons de Private Equity est actuellement en levée de fonds ou projette une levée dans les 12 prochains mois.

La taille des fonds levés ces dernières années s’est réduite sous l’effet de trois facteurs : 1) une tendance des investisseurs à rechercher des fonds de plus petite taille, mais focalisés sur certaines zones géographiques ou mettant en œuvre des stratégies spécifiques, 2) une diminution du volume moyen des transactions et 3) la difficulté générale  à lever des fonds. 

Alors qu’avant la crise de 2008, les critères de sélection des investisseurs s’articulaient essentiellement autour de facteurs tels que la performance historique de la maison de Private Equity, l’expérience de son équipe de gestion ou la qualité des processus de due diligence, un nouveau facteur a vu le jour depuis fin 2008 : la diversification géographique du portefeuille d’investissement. Afin de répondre à cette attente des investisseurs et ainsi favoriser les levées de fonds tout en identifiant de nouvelles opportunités, les maisons qui ont traditionnellement investis dans les pays BRIC(1) prospectent actuellement vers de nouveaux pays tels que l’Indonésie, la Turquie, la Pologne, ou la Colombie. Aujourd’hui, ces marchés offrent des dynamiques comparables à celles des pays émergents mais dans un environnement où la compétitivité autour des opportunités de qualité reste moindre, et les prix moins élevés. 

Ainsi, si certaines stratégies d’investissement alternatives ont été largement fragilisées depuis 2008, le business model du Private Equity s’adapte continuellement à un environnement économique et financier difficile.  Cette capacité de résistance tient non seulement à l’essence fondamentale du modèle, à savoir, la création de valeur, mais aussi à sa flexibilité inhérente et à la remise en question perpétuelle opérée par ses meilleurs utilisateurs.

Olivier Coekelbergs, Partner, Private Equity, EY, Luxembourg

(1) Brésil, Russie, Inde et Chine

Posted on 19 March 2012