Nombre record d’investissements étrangers en Belgique, mais la création d’emplois par projet est la plus faible jamais enregistrée

  • Share

View this page in Dutch

Bruxelles, le 4 juin 2015 – Avec 198 projets d’investissement, 2014 a été une véritable année record pour les investissements étrangers en Belgique. Voilà ce qui ressort de la douzième édition du ‘Baromètre de l’Attractivité’ annuel publié ce jour par EY. Ce sont surtout les provinces d’Anvers et de Liège qui attirent un nombre important de projets d’investissement. Le nombre de projets doit toutefois être nuancé, car il y a une ombre au tableau. La création d’emplois par projet en Belgique est plus faible que jamais. Il est urgent que la Belgique prenne des mesures pour se rendre à nouveau attractive pour les investissements durables et intensifs en capital, eux-mêmes créateur d’emplois.

Pas moins de 198. Tel est le nombre de projets d’investissement étrangers en Belgique en 2014. Il s’agit du chiffre le plus élevé de ces dix dernières années dans notre pays. Par rapport à 2013, le nombre d’investissements étrangers est passé de 175 à 198, soit une hausse de 13 %. 2014 a également été une année record pour les investissements étrangers directs en Europe : le nombre de projets d’investissement étrangers a atteint un niveau record de 4.341, soit une hausse de 10 % par rapport à 2013.

La Belgique figure ainsi au cinquième rang des pays européens les plus attractifs aux yeux des investisseurs étrangers. Dans le classement des destinations d’investissement, les grandes économies d’Europe de l’Ouest telles que le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Espagne figurent dans le peloton de tête. Le Royaume-Uni a également conservé sa position de leader historique en 2014 en attirant 887 projets, soit près d’un cinquième de tous les projets d’investissement étrangers sur le Vieux Continent. Notons également la hausse sensible de la France (+18 %) et de la Pologne (+23 %). Nos voisins néerlandais enregistrent quant à eux une baisse de 7 %.

Sur ce total de 198 investissements étrangers, environ deux tiers (127) sont totalement nouveaux. « Les projets greenfield, c’est-à-dire les nouveaux projets d’investissement, sont un indicateur important pour l’attractivité d’un pays », déclare Philippe Pire, associé chez EY Belgique. «Suite à la crise économique, la Belgique a connu un net recul du nombre de projets greenfield. Grâce à ce résultat, la Belgique retrouve le niveau qui était le sien avant la crise économique et c'est un signe encourageant. Toutefois, notre pays reste confronté à plusieurs obstacles majeurs ».

La création d’emplois reste le talon d’Achille de notre pays

Ainsi, le nombre moyen d’emplois par projet d’investissement étranger continue à diminuer. Avec 3.481 emplois créés pour 198 projets d’investissement, le nombre moyen d’emplois par projet s’élève à peine à 17,6. En 2004, on comptait encore une moyenne de 42,9 emplois par projet d’investissement.

Avec le nombre peu élevé d’emplois par projet d’investissement étranger (17,6), la Belgique se situe largement au-dessous de la moyenne européenne de 43,5. Bruxelles bat tous les records avec à peine 1,8 emploi créé par projet. La création d’emplois par projet greenfield est également inférieure à la moyenne avec à peine 10,7 emplois par projet. Notre pays sort ainsi du top 15 des pays européens en termes de création d’emplois. La création d’emplois grâce aux investissements étrangers directs en Europe (185.583) a progressé au total de 12 %.

Cette situation s’explique sans conteste par le handicap de notre pays en matière de coûts salariaux et du travail. Une personne interrogée sur 2 estime que le coût du travail est trop élevé en Belgique. Cela se confirme clairement si l’on considère les différents secteurs vers lesquels les investisseurs étrangers s’orientent. Le secteur du marketing et de la vente décroche à lui seul 68 projets, mais la création d’emplois y est négligeable. Les investissements à fort coefficient de travail sont essentiellement réalisés dans la logistique et la distribution. Ceci contraste fortement avec la croissance des investissements dans l’industrie, la fabrication et la chimie, qui sont surtout très importants en termes capitalistiques mais malheureusement pas en emplois.

« Nous constatons que de nombreux nouveaux projets d’investissement sont plutôt de taille réduite et génèrent un faible nombre d’emplois. La faible création d’emplois par projet d’investissement est réellement problématique pour notre pays », souligne encore Philippe Pire. « C’est essentiellement en termes de coûts salariaux et du travail qu’il y a du pain sur la planche. Ce n’est qu’en agissant à ce niveau que notre pays peut redevenir attractif pour des secteurs à forte intensité de capital qui soutiennent la croissance économique et sont créateurs d’emplois. »

Nécessité de réduire la pression fiscale, d’un tax shift et de solutions en matière de mobilité

Les investisseurs l’indiquent eux-mêmes. Pour eux, la pression fiscale élevée doit être vue comme le problème numéro 1 de la Belgique, suivie par l’écart salarial par rapport aux autres pays européens. 62 % des investisseurs interrogés indiquent également qu’ils considéreraient un tax shift permettant de réduire les coûts salariaux et du travail comme un signal positif. 65 % des personnes interrogées estiment que le saut d’index est une bonne mesure pour le climat d’investissement. Un chef d’entreprise interrogé sur 3 indique en outre que les problèmes de mobilité ont un impact négatif sur les décisions d’investissement. Pour les chefs d’entreprise déjà implantés en Belgique et surtout à Bruxelles, le problème de mobilité est considéré comme particulièrement préoccupant (1 sur 2).

Les investisseurs interrogés semblent dès lors peu disposés à procéder à des investissements dans notre pays. À peine 9 % des entreprises déclarent envisager la réalisation d’investissements dans notre pays l’année prochaine. De plus, 17 % des personnes interrogées déjà présentes en Belgique prévoient une délocalisation de leurs activités ou sont très incertaines à cet égard, ce qui est comparable à l’an dernier (15 %).

« Les chiffres démontrent que la Belgique attire de nombreux nouveaux projets, mais il est frappant de constater que nous progressons uniquement dans quelques secteurs », affirme Leo Sleuwaegen, Professeur en International Business Strategy à la KU Leuven, qui plaide pour un meilleur monitoring de la dynamique des entreprises étrangères établies en Belgique. « Ce qui devient vraiment préoccupant, c’est la faible intention d’effectuer des investissements d’expansion et les rares investissements dans de nouveaux headquarters en Belgique, à peine 4 dans notre pays. Les Pays-Bas, par exemple, en ont enregistré 15 et l’Irlande 16, grâce à un faible taux d’imposition nominal de 12,5 %. Les projets en R&D et dans le secteur ICT sont eux aussi très limités ».

Les villes sont des pôles d’attraction pour les investissements étrangers

La Wallonie a connu une forte progression en 2014. Le nombre d’investissements étrangers y est passé de 36 à 55. Cette évolution au sud du pays peut essentiellement être portée au compte de la province de Liège qui enregistre une hausse spectaculaire, passant de 10 à 21 projets d’investissement. La Flandre a également connu une hausse de 110 à 121 projets d’investissement l’année dernière. Traditionnellement, Anvers reste la province affichant les meilleurs résultats dans notre pays. La Métropole a accueilli 55 investissements étrangers en 2014, essentiellement dans le secteur de la chimie.

Bruxelles, par contre, enregistre une baisse du nombre d’investissements. Notre capitale a attiré 22 projets, soit 7 de moins qu’en 2013, son deuxième plus mauvais score depuis 2005. Bruxelles reste malgré tout la deuxième ville belge par ordre d’importance pour les investisseurs étrangers. Selon les personnes interrogées, Bruxelles fait également partie du top 6 des capitales européennes les plus attractives.

« Cela ne fait que 8 mois que le gouvernement Michel est en place. Il est dès lors bien trop prématuré pour voir les effets de sa politique dans les résultats de l’étude. Cependant, les mesures et les intentions de ce gouvernement sont considérées comme positives par deux investisseurs sur trois interrogés », conclut Philippe Pire.


À propos du Baromètre de l’Attractivité belge

Avec le Baromètre de l’Attractivité belge annuel – qui en est à sa douzième édition en 2015 – EY prend le pouls du climat d’investissement en Belgique. L’étude repose sur une double méthodologie originale qui, dans un premier temps, reflète l’attractivité réelle de l’Europe pour les investisseurs étrangers directs sur la base de l’European Investment Monitor (EIM) d’EY et, dans un deuxième temps, reflète l’attractivité ‘perçue’ de l’Europe et de ses concurrents sur la base d’un panel représentatif de 800 décideurs internationaux.


À propos d’EY

EY est un leader mondial des services d’audit, de fiscalité, de services transactionnels et de services de consultance. Partout dans le monde, nos 190.000 professionnels associent nos fortes valeurs communes à un ferme engagement pour la qualité. Nous faisons la différence en aidant nos collaborateurs, nos clients et tous nos interlocuteurs à réaliser leur potentiel.