La percée de la facturation électronique se fait attendre

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Bien que le CFO souhaite faire de la facturation électronique l’un de ses fers de lance, les progrès enregistrés par nos entreprises dans le secteur de la numérisation des factures sont lents.

C’est ce qu’il ressort du Baromètre CFO, une enquête menée auprès des directeurs financiers belges par la revue professionnelle CFO Magazine, en coopération avec la firme de consultance EY. « La montagne annoncée par la Commission européenne en 2013 a accouché d’une souris », affirment Matthias Penninck et Lander Bouten de chez EY.

Une note positive néanmoins : deux ans après la précédente enquête menée par CFO Magazine sur la facturation électronique et trois années après la directive de la Commission européenne, les CFO (Chief Financial Officers) semblent de plus en plus nombreux à dire adieu aux factures papier.Un nombre croissant d’entreprises (70 % contre 53,3 % en 2014 et 56,4 % en 2012) n’émettent en effet plus de factures papier mais uniquement au format numérique.

« Si une réponse positive de 70 % est inférieure à nos attentes, nous constatons néanmoins que les quatre-cinquièmes des 30 % qui n’ont pas recours à la facturation numérique, affirment soit être en train de franchir le pas (33,3%), soit envisager la mise en œuvre des systèmes nécessaires dans les deux années à venir (48,1 %) », affirme l’expert Matthias Penninck de chez EY.

L’avenir de la facture

Qu’attend le CFO de l’avenir de la facture ? Une minorité significative (31,5 %) continue de croire au développement d’une norme de facturation électronique. Il en va de même pour le nombre de répondants estimant que l’utilisation du format pdf augmentera (56,5 %).

C’est en effet la méthode la plus simple pour envoyer des factures numériques. Mais ce support entraînera-t-il le plus grand gain d’efficience ?

« Non », affirme Penninck, « absolument pas. Il s’agit d’une solution rapide, temporaire, qui est encore loin de la facturation électronique durable (e-invoicing). C’est une facture papier déguisée, encore très éloignée du scénario de l’e-procurement qui permet de supprimer de nombreuses manipulations manuelles chronophages. »

Près de sept répondants sur dix (67,4 %) croient en une utilisation croissante des fichiers EDI et xml, un progrès au regard des années précédentes (46,9 % en 2014 et 40 % en 2012).

« Pourquoi est-ce si important ? Parce que ce type de méthodes générera les plus grands gains en termes d’efficacité », affirme Penninck. Lorsqu’on les interroge sur les différents motifs qu’ont les CFO de passer à la facturation électronique, 83,6 % citent l’efficience dans la gestion et 67,1 % l’économie de coûts comme principal motif.

Inutile

Pour 40 % des répondants qui ne pratiquent pas encore la facturation électronique, l’une des principales raisons citées pour ne pas franchir le pas est l’absence de nécessité des clients et / ou des fournisseurs à l'utiliser.

« Si personne ne demande de participer à la facturation électronique, il est peu probable que les entreprises se prêtent à l’exercice de réflexion. C’est pourquoi dans les entretiens avec les dirigeants d’entreprises nous demandons la réalisation d’un business case », affirme l’expert Lander Bouten de chez EY.

Les autorités ont un rôle à jouer

20 % des entreprises affirment une fois encore que le principal obstacle est le choix d’un format parmi tous ceux qui permettent l’émission de factures électroniques. La très grande majorité (84,8 %) estime qu’il est une bonne chose que les autorités n’imposent pas de technologie.

L’enquête révèle que plus de la moitié des CFO (52,2 %) n’attendent d'ailleurs pas grand-chose des pouvoirs publics pour stimuler l’utilisation de la facturation électronique au sein des entreprises. Penninck estime néanmoins que les autorités ont un rôle à jouer.

« Le système actuel est extrêmement libéral. Les pouvoirs publics tiennent en réalité le discours suivant : « faites comme vous voulez », ce qui peut faire naître un sentiment d’insécurité juridique (52,1 % des CFO). Une plate-forme qui crée une plus grande ouverture et offre une sécurité juridique par le partage de données avec les autorités, par exemple, sera bien accueillie par de nombreux CFO qui souhaitent avant tout être conformes. »